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H6 CHANDELLES, BOUGIES ET SAVONS

sans un autre perfectionnement dû à de Milly qui, en 1836, eut l'idée de tremper les mèches dans une dissolution de borate, de phosphate et de sulfate d'ammoniaque. Par la combustion, il se forme un verre très fusible par combinaison des cendres de la mèche et des sels ammoniacaux.

Le coulage de l'acide stéarique offrit aussi de grandes difficultés au début, car il cristallise par refroidissement : les bougies étaient cassantes. De Milly évita cet inconvénient par deux procédés : 1° en ajoutant trois à cinq centièmes de cire d'abeille à l'acide stéarique, ce qui élève son point de fusion ; 2° en refroidissant l'acide avant coulage jusqu'à une température très voisine du point de fusion. Il faut en outre brasser très vivement le liquide au moment du coulage et élever la température des moules à celle du point de fusion de l'acide stéarique.

Le moulage terminé, on polit les bougies en les faisant rouler sur elles-mêmes, sur une table inclinée, au moyen d'une petite machine spéciale et on les coupe à la longueur voulue à l'aide d'une scie circulaire. On les blanchit par exposition à la lumière. Une bonne bougie doit être dure, sonore, légèrement diaphane et ne dégager aucune odeur.

3° Succédanés des bougies. — On fabrique encore des bougies avec d'autres substances que l'acide stéarique, mais cette fabrication est de peu d'importance.

Les bougies de cire d'abeille sont connues depuis une antiquité très reculée; les Chinois, les Japonais, les Indiens brûlaient déjà des cierges dans leurs temples à des époques remontant à plusieurs milliers d'années avant l'ère chrétienne.

L'Angleterre et l'Allemagne fabriquent de grandes quantités de bougies de luxe avec un mélange de cire et de paraffine, transparent comme de l'albâtre. On les colore souvent avec des couleurs broyées dans l'huile : cinabre, minium, carmin, sangdragon, rouge d'aniline pour les teintes roses ; chromate de plomb, orpiment, gomme-gutte, rhubarbe, rocou pour le jaune; bleu de Prusse pour le bleu; acétate de cuivre, vert-degris, vert de Schweinfurt, stéarate de cuivre pour le vert. Il

BOUGIES

faut se défier des couleurs minérales vénéneuses. Les bougies colorées brûlent d'ailleurs mal, sont nuisibles à la santé et ne doivent servir que pour l'ornementation. En France, depuis 185G surtout, on ajoute parfois un peu de paraffine à l'acide stéarique pour augmenter la transparence des bougies, mais au détriment du point de fusion qui s'abaisse.

On fabrique enfin des bougies avec le spermacéti ou blanc de baleine, avec Pozokéritc ou paraffine minérale et avec l'acide sébacique retiré de l'huile de ricin. Pour préparer l'acide sébacique, on distille un mélange d'huile de ricin et de potasse caustique solide ; il se forme dans la cornue un résidu solide de sébaçate de potasse qu'on traite par l'acide sulfurique pour mettre l'acide sébacique en liberté. Cet acide, dont le point de fusion est élevé, 127°, est mélangé avec de la paraffine et donne des bougies excellentes, très dures et d'un aspect brillant.

4° Statistique. — La France, l'Angleterre, la Belgique, la Russie, l'Autriche, la Suède furent les premiers pays où l'on fabriqua des bougies. Il n'existe plus actuellement une seule contrée où cette fabrication ne soit pratiquée, car l'usage des bougies est rapidement devenu universel.

La France possède 150 fabriques environ, occupant 3000 ouvriers, produisant par an 30 millions de kilos de bougies, d'une valeur de 60 millions de francs. En 1884, chacun de nos départements possédait une ou plusieurs fabriques de bougies ; en général, les usines sont considérables et peu nombreuses. C'est ainsi que le département des Bouches-du-RhÔne n'a qu'un seul établissement, mais il produit pour 12 millions de francs par an.

Le département de la Seine vient en tête, avec 14 usines et un produit de 14 millions de francs. Viennent ensuite les Bouches-du-Rhône et le Rhône (12 millions chacun), la Somme (Graillions), le Pas-de-Calais (o millions), l'Hérault (4 millions), puis le Nord, la Côte-d'Or, le Finistère, Indre-et-Loire, là Seine-Inférieure, le Gard, avec chacun plus d'un million de francs.

3° Résidus de la fabrication des bougies. — L'emploi des

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