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CHANDELLES, BOUGIES ET SAVONS

<;ire et de la soude, employé par les fabricants de papiers de tenture pour fixer les couleurs à la détrempe.

3° Savons mous. — Tous les savons dont il vient d'être question sont à base de soude et durs. Avec la potasse caustique on obtient, au contraire, des savons mous. Leur fabrication est beaucoup plus simple que celle des savons durs : on se contente de chauffer un mélange d'huile de chènevis, de colza, de lin, de cameline ou de poisson avec une dissolution de potasse caustique, ou encore de potasse et de soude caustiques. La glycérine mise en liberté n'est pas séparée et reste mélangée avec le savon et l'excès d'alcali. Il en résulte que les savons mous sont toujours très alcalins et ils doivent à cette particularité la qualité qui les fait souvent préférer aux savons durs.

On trouve dans le commerce des savons mous, verts ou noirs. Les savons verts sont fabriqués avec de l'huile de colza, jaune naturellement; on obtient la coloration verte en ajoutant de l'indigo.

Les savons noirs sont obtenus avec de l'huile de chènevis et colorés avec de l'encre, par adjonction d'une faible quantité de sulfate de fer ou de cuivre et d'une décoction de bois de campèche ou de noix de galle.

Le savon mou se fabrique principalement dans le nord de la France, en Belgique, en Hollande, là où les industries textiles ont pris un grand développement, car il sert au foulage et au dégraissage des draps et autres tissus de laine. Il est devenu l'agent de blanchiment des beaux linges de table de la Flandre et de tous les textiles en général qui gardent, grâce à lui, une très grande souplesse.

On fabrique en Allemagne un savon mou particulier avec du suif commun et du suif d'os. On opère comme dans la méthode marseillaise, mais en substituant de la potasse caustique à la soude. Le sel marin ajouté pendant le relargage fait que le savon obtenu est à moitié dur et à moitié mou. On dissimule l'odeur du suif au moyen d'essences de bas prix.

4° Savons de toilette. — Les savons étudiés jusqu'ici sont des savons communs, ne servant qu'aux besoins de l'industrie

SAVONS

ou au lessivage du linge. Pour la toilette, il est nécessaire de préparer du savon de meilleure qualité. Le savonnier livre son produit au parfumeur ou refondeur qui fait subir au savon brut certaines transformations, le colore, le parfume et lui donne l'apparence voulue.

Le savonnier prépare le savon de toilette par les méthodes ordinaires, mais il emploie des matières premières de choix et soigne davantage les diverses opérations de sa fabrication. Gomme corps gras, on se sert de préférence d'axonge ou graisse de porc, de suif de bœuf ou de mouton, d'huile de palme et de coco de qualité supérieure, et surtout d'alcalis bien purifiés. De plus, le savon ne doit pas présenter un excès d'alcali, car il attaquerait la peau et la rendrait rugueuse ; il ne doit pas contenir un excès de matière grasse, car il poisserait les mains. Il ne doit pas enfin renfermer un excès d'eau, car il deviendrait ■impossible de le parfumer.

Le refondeur transforme le produit du savonnier en savon de toilette. Il commence par le débiter en copeaux minces au moyen d'une raboteuse rotative, puis il le dessèche dans une étuve afin de n'y laisser que la quantité d'eau strictement nécessaire. Il le pétrit ensuite avec de la poudre de colophane, qui le rend mousseux et neutralise l'excès d'alcali qu'il peut encore contenir.

Ceci fait, il le réduit en poudre et y incorpore la couleur et le parfum. Il ne reste plus qu'à comprimer fortement pour souder le tout en une masse compacte, au moyen d'une machine spéciale de laquelle le savon sort avec l'aspect du macaroni, puis à opérer le moulage.

On emploie pour parfumer les savons les essences les plus diverses : par exemple, les savons d'amandes sont aromatisés avec l'essence d'amandes amères ou de mirbane, l'essence de girofle et de rose. Pour le savon de Windsor, on fait usage d'un mélange d'essence de carvi, de girofle, de thym, de romarin, de cassie, de petit-grain et de lavande.

Quant aux couleurs employées, c'est généralement du vermillon, de l'outremer, de l'ocre jaune, de la terre de Sienne,

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du caramel, du curcuma, de la gomme-gutte, etc. Les veines ou marbrures s'obtiennent en pétrissant les couleurs avec de l'huile d'olive ou du savon; on prend alors un peu de couleur à l'extrémité d'une lame de canif, on la promène dans la masse de savon fondu, selon le caprice de l'opérateur. Le plus souvent on colore uniformément toute la masse.

Deux procédés sont employés pour rendre le savon transparent. Le premier, de beaucoup le plus cher, mais qui donne d'excellents résultats, consiste à dissoudre le savon dans l'alcool; après dissolution, on filtre et on laisse évaporer l'alcool. Le second procédé, le plus employé et le moins dispendieux, consiste à mélanger le savon avec de la glycérine pure ou à l'état de glycérolé d'amidon.

Les parfumeurs fabriquent aussi de la poudre de savon pour la barbe : le savon est réduit en copeaux, desséché et pulvérisé. On mélange souvent cette poudre avec de la farine de blé.

o° Succédanés du savon. — Dans l'état actuel de la chimie, on ne peut guère prévoir de progrès dans la fabrication du savon par la vieille méthode marseillaise. Cependant la savonnerie est loin d'être une industrie stagnante ; elle fait tout son possible pour obtenir de mauvais produits et les falsifier ; les progrès sont malheureusement considérables dans cette voie. Non content d'y ajouter de l'eau, on mélange maintenant le savon avec de l'argile, du talc, du sulfate de baryte, de la gélatine, des os ramollis par une lessive de potasse.

On est parvenu dans ces derniers temps à fabriquer des savons qui ne contiennent plus du tout de matière grasse : ce sont le savon de résine et le savon de verre.

Le savon de résine s'obtient en chauffant de la résine avec de la soude caustique ; il mousse beaucoup et n'est pas précipité par le sel marin, aussi est-il très employé par les marins. On ne peut guère employer le savon de résine seul ; le plus généralement on le mélange avec le savon ordinaire. Le procédé de fabrication le plus simple consiste alors à chauffer dans un autoclave, à 150°, un mélange de suif, d'huile de palme, de

SAVONS

résine et de soude caustique. La proportion ,1e résine est de 30 p. 100 du poids du savon.

Le savon de verre s'obtient par la calcination du sable avec du carbonate de soude ; on le mélange aussi avec du savon ordinaire. Ce savon de verre a été préparé d'abord en grand à Liverpool. 11 possède des propriétés très énergiques pour 1,. nettoyage, mais il détériore rapidement le linge et cause de désagréables démangeaisons.

6° Savons particuliers. - Le savon ponce s'obtient en ajoutant 83 p. 100 de sable fin ou de pierre ponce pulvérisée à du savon ordinaire. Il est rugueux et sert à nettoyer les parquets, certains tissus, les doigts tachés d'encre, etc.

Le savon contenant du fiel de bœuf sert à détacher.

Les pharmaciens ajoutent au savon certaines substances actives pour en faire des savons médicinaux, employés dans quelques maladies.

En chauffant de l'axonge et de l'huile d'olive avec de la htharge, on obtient un savon à base de plomb employé à la confection des emplâtres.

En saponifiant les huiles avec de l'aluminato de soude ou de potasse, on fabrique un savon qui sert à encoller le papier et à imperméabiliser le bois et les tissus.

7° Statistique. — La France produit par an 250 millions de kilos de savon, d'une valeur de 120 millions de francs. Cette fabrication est répartie entre une trentaine de départements Marseille, à lui seul, fabrique 100 millions de kilos d'une valeur de 46 millions de francs. Ces 100 millions de kilos se partagent en deux parts à peu près égales de savon marbré et de savon blanc. Marseille consomme par an plus de S0 millions de kilos de soude. Le département de la Seine vient ensuite, avec une production de 50 à 60 millions de kilos ; le reste est surtout fourni par le Nord, la Loire-Inférieure, le Rhône, le Pas-de- Calais, la Somme, la Seine-Inférieure, le Var et l'Hérault.

Les départements du nord de la France fabriquent plus spécialement des savons mous, à base de potasse.

Quant aux savons de toilette, ils se préparent presque exclu-

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