VERRES DE MONTRE
La fabrication des verres de montre représente une industrie fort importante : la seule usine de Trois-Fontaines, annexée à l'Allemagne après 1870, en fabrique 30 millions par an.
Les premiers verres de montre s'obtenaient en détachant deux portions d'une petite boule de verre, procédé donnant des verres trop bombés au centre et trop abaissés sur les bords. Au xviii e siècle, on imagina de creuser un verre plat et épais au
VERRE
moyen de la meule ; ces verres, dits chevés, atteignaient des prix trop élevés.
Royer (de Paris) perfectionna en 1791 la méthode de fabrication au moyen de la boule de verre. On souffle une très grosse boule, d'un diamètre d'un mètre au moins, épaisse d'un millimètre, puis on en détache des disques. Pour détacher ces disques, on appliquait autrefois un moule en cuivre sur la boule puis on promenait sur les bords un tuyau de pipe rougi à blanc. Le verre se dilatait et le disque se détachait quand on mettait un peu d'eau sur les bords. On préfère se servir aujourd'hui d'un compas, dont l'une des branches porte une pointe de diamant.
Ceci fait, on pose chaque disque dans un moule en terre saupoudré d'un peu de chaux pour empêcher l'adhérence dû verre, puis on porte au four. Le verre se ramollit et on presse pour l'obliger à prendre la forme du moule. Il ne reste plus qu'à polir les bords à la meule et à biseauter un peu pour que le verre s'ajuste exactement dans la rainure du couvercle de la montre.