VERRES D'OPTIQUE
été niée par Newton, fut découverte par Enter, en 1 747, et réalisée pratiquement en 1759 par Dollond, célèbre opticien de Londres. Aiscongt, opticien de Leucastle, avait l'ait antérieure ment la même découverte en 1754, mais l'avait tenue secrète.
Le verre soufflé ou coulé est très imparfait : rempli de bulles, de stries, et séparé par le refroidissement en couches de densités différentes. Le hasard faisait qu'on trouvait jadis, au milieu d'une masse de verre, une petite portion à peu près sans défauts. De grands savants, Faraday, Herschell, etc., avaient tenté inutilement d'obtenir du verre bien homogène. Un simple ouvrier suisse, du nom de Guinard, parvint à résoudre ce problème à la fin du xvm° siècle. Guinard quitta Neuchàtel en 1805 et se rendit auprès de Frauenhofer, célèbre fabricant d'instruments d'optique à Benedictbeurn, en Bavière, où ils travaillèrent en secret à la fabrication des verres. A la mort de Guinard, son fils, à qui son père avait légué tous ses procédés de fabrication, vint fonder une usine à Choisy-le-lioi, près de Paris. Guinard lils révéla son secret en 1830. M. Feil, successeur de Guinard fils, a bien perfectionné la fabrication des verres d'optique. On obtient actuellement d'énormes masses de verre sans le moindre défaut : c'est ainsi que la lentille de crown de l'observatoire de Spence, en Californie, a l' n ,05 de diamètre et pèse 131 kilos; l'objectif de la grande lunette du Mont-IIamilton, aux Etats-Unis, porto une lentille en crown de 750 kilos et une lentille en flint de 900 kilos.
Le procédé de Guinard consiste simplement à agiter sans cesse la matière en fusion dans le creuset, puis à laisser refroidir très lentement le verre sans cesser d'agiter jusqu'à commencement de solidification. La fusion dure de cinq à six heures et le refroidissement une vingtaine de jours. Niepce et Daguerre innovèrent le procédé consistant à agiter le verre avec un cylindre d'argile réfractaire, lequel n'altère pas la composition du verre.
Les lentilles s'obtiennent en taillant grossièrement la masse de verre, de façon à lui donner la forme du moule. On polit avec de la potée d'étain (stannate de plomb obtenu eu chauffant dans un four trois parties de plomb avec une partie d'étain),
VERRE
mélangée avec de l'acide métastannique (obtenu par l'action de l'acide azotique sur l'étain). On frotte le verre contre une roue en liège imprégnée de ce mélange.
Les miroirs sont fabriqués par usure à la meule, suivant un procédé imaginé par Foucault.
Les principales fabriques de verres d'optique sont celles de MM. Chance, à Birmingham, en Angleterre ; de madame veuve Guinard, en Suisse ; de M. Feil, arrière-petit-fils de Guinard, à Paris, et l'usine de Saint-Gobain, qui livre des anneaux, des lentilles, des prismes pour phares de tous systèmes, ayant une constance absolue de pouvoir réfringent.