VERRES SPÉCIAUX
position. On ressoude tous les morceaux entre eux en portant le moule au four.
Verre incrusté. — On enveloppe, entre deux couches de cristal jaune, des objets moulés en relief avec de l'argile blanche ou de la stéatite. Ces objets prennent un bel aspect d'or mat.
Verre d'albâtre. — On projette des parcelles de cristal mouillé dans du cristal fondu, puis on agite. On obtient des effets remarquables.
Pierres précieuses artificielles. — Le strass, qui sert à imiter les pierres précieuses, a été inventé au commencement du xix° siècle par Joseph Strasser. Il se fabrique spécialement en Bohême, à Venise et à Paris. On confond facilement la pierre vraie et la pierre fausse, tant on a atteint de perfection pour produire cette dernière.
Le strass incolore, cristal très plombifère, s'obtient par fusion d'un mélange de cristal de roche pulvérisé, de minium, de potasse caustique très pure, de borax calciné etd'acide arsénieux.
Le strass coloré se prépare en ajoutant à la composition précédente des oxydes métalliques :
Améthyste hioxyde de manganèse, oxyde de cobalt et pourpre de cobalt •
Saphir oxyde de cobalt;
Rubii bioxyde de manganèse ;
Topaze antimoine et pourpre de Cassius ; *
Émeraude oxyde de cuivre et sesquioxyde de chrome ;
Aiguë marine. . . verre (oxyde sulfuré fondu) d'antimoine et oxyde de cobalt.
Le jais artificiel pour passementerie de dames se colore en noir avec les oxydes de cuivre, de cobalt et de fer.
On peut obtenir des effets charmants par des combinaisons et des tours de main exigeant une grande habileté. Pelouze a trouvé une aveniurine de chrome, aux reflets chatoyants, analogue à l'aventurine de cuivre, si remarquable des Vénitiens. L'aventurine de Venise, dont on a perdu le secret, était constituée par des paillettes de cuivre en suspension dans le verre. Lobmayr, verrier de la Bohême, découvrit par hasard l'irisation artificielle du verre. Un jour de fête, après tirage d'un feu d'artifice dans son usine, il trouva le verre de ses creusets altérés et irisés. Attribuant avec raison ce phénomène aux fumées des m. h
VERRE
pièces d'artifice, il eut l'idée de volatiliser dans le four à fusion du verre des sels de cobalt, d'urane, d'arsenic ; il devint ainsi le créateur d'une industrie nouvelle. En 17S2, on trouve déjà, dans un Traité de la fabrication du verre, un procédé pour iriser artificiellement le verre, par calcination dans un creuset fermé, d'un mélanger de cristal, d'antimoine, d'orpiment et de chlorhydrate d'ammoniaque, ce qui, au dire de l'auteur, colore le cristal en or, rubis, etc. M. Camille Portai irise le verre par un mélange de chlorure d'étain, de carbonate de baryte et de carbonate de strontiane.
Émaux. — L'émail, verre coloré opaque, tend à prendre chaque jour une part plus importante dans les arts du bijoutier, de l'orfèvre, du fabricant de bronze, etc. On a éprouvé au début de grandes difficultés et beaucoup de déceptions, car l'émaillerie exige des connaissances approfondies en chimie. L'émail s'applique à l'état de poudre délayée sur le corps à émailler, puis se vitrifie par cuisson. Le verre doit adhérer à l'objet. Le principal obstacle consiste à trouver des émaux capables de supporter un même degré de chaleur. On se sert encore des émaux pour la fabrication des mosaïques, des couvertures des poteries et d'autres objets divers.
L'émail blanc s'obtient en ajoutant au verre de l'oxyde d'étain, de l'acide arsénieux, du chlorure d'argent, du phosphate de chaux, de la poudre d'os calcinés, de la cryolithe, de l'aluminate de soude, du sulfate de baryte, du spath fluor. Ce dernier donnerait les meilleurs résultats, d'après M. Paris (de Bercy). Le verre opalisé, pour abat-jour et échelles thermométriques, se prépare avec les os calcinés. M. Galle (de Nancy) obtient des émaux, merveilles de finesse et de coloris, au moyen du soufre, des oxydes de cuivre, d'or, d'iridium, et en développant des bules gazeuses microscopiques dans la masse de verre. La fabrication des émaux, jadis monopolisée par Venise, a pris une grande importance à Paris depuis les travaux de M. Paris (de Bercy), de MM. Appert et Guilbert Martin.
Verre filigrane, millefiori, perles fausses. — Le verre filigrane, conuu en Orient avant l'ère chrétienne, devint un art