IX. — VITRAUX PEINTS
La fabrication des vitraux peints exige une éducation et un goût tout particuliers. Cette peinture ne ressemble en rien à la peinture ordinaire sur toile : elle consiste en une mosaïque ou en émaux cloisonnés. On ne voit plus d'ombres, comme dans la peinture sur toile ; les ligures et les ciels sont coupés par les lignes sombres des supports en plomb ou en terre céramique. Le vitrail ne doit pas laisser apercevoir les objets extérieurs, tout en laissant passer assez de lumière pour éclairer l'intérieur
VERRE
des édifices. La lumière demande à être tamisée et atténuée dans les ombres. Il convient encore d'assembler les fragments de verre de manière à donner de la solidité à l'ensemble, à multiplier les nuances et à harmoniser l'ensemble. La fabrication d'un vitrail comporte donc des difficultés considérables.
Les basiliques de l'Orient possédaient déjà des vitraux peints, assemblés avec des bandes de plomb, mais faits avec des verres d'une seule teinte. Aux vm c et IX e siècles seulement, les vitraux peints firent leur première apparition dans les églises de l'Europe occidentale, notamment à Saint-Remy de Reims et à l'abbaye de Togernsee, en Ravière. Les contours et les ombres, obtenues avec des hachures en émail noir, produisent de jolis effets. Au xn° siècle, les vitraux cessent d'être unicolores et l'on fait usage de verres de plusieurs couleurs, avec bleu dominant et rouge rare. Les fragments de verre sont de très petites dimensions. On ne peut rien imaginer de plus simple, déplus harmonieux comme assemblage et comme éclat tempéré. Un siècle plus tard, les figures deviennent plus grandes, le rouge domine; les châteaux possèdent des vitraux comme les églises.
La décadence commence aux xiv° et xv° siècles : c'est plus parfait comme exécution, mais l'effet s'amoindrit, car les blancs abondent trop. On ne se contente plus d'employer des verres colorés dans toute leur épaisseur, on commence à appliquer de l'émail. On fait également usage de verres colorés' seulement sur l'une des surfaces : en usant cette couche colorée à la meule, on dessine les figures, ce qui multiplie les blancs. Le xvi e siècle répare en partie les erreurs du siècle précédent et l'on revient à une peinture plus saine ; on diminue la largeur des plombs et les émaux s'étendent sur une plus grande surface. C'est l'époque des grands artistes verriers, des Pinaigrier, des Jean Cousin, des Rernardde Palissy. Plusieurs tavernes, en Suisse, possèdent des vitraux d'un charme gracieux, représentant des légendes sentimentales ou patriotiques.
Au xvn c siècle, la décadence devienteomplôte et irrémédiable ; l'art de la peinture sur verre meurt et tombe dans un oubli complet. Il faut attendre le xix° siècle pour le voir renaître, don-
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