APPAREILS DE CHAUFFAGE ET D'ÉCLAIRAGE
éclairage égal, elle ne brûle que 40 à 50 litres de gaz à l'heure, tandis que le papillon simple en dépense 127 litres.
3° Bude, en 1851, augmenta considérablement le pouvoir éclairant du gaz d'éclairage en brûlant un mélange de gaz et d'oxygène, mais ce système était trop cher et dangereux. Drummond, en cette même année, obtint une lumière éblouissante en portant avec cette flamme un petit bloc de chaux à l'incandescence; Tessié du Mottay remplaça la chaux par de la magnésie. Clamond, Siemens, Elster, Bray sont arrivés à un résultat plus pratique et plus économique en plaçant une corbeille de magnésie et d'autres oxydes métalliques dans la flamme d'un mélange de gaz et d'air. Auër von Welsbach y a substitué une toile conique, imprégnée de zircone et autres oxydes.
4° Sous le nom à'albo-carbone. on désigne un gaz d'éclairage enrichi en passant sur de la naphtaline chauffée par le bec luimême.
Les lanternes et les candélabres sont devenus plus gracieux, moins élevés ; on les a pourvus de vitres pour éviter les courants d'air. La lanterne, jadis carrée et d'aspect désagréable, a pris une forme .ronde qui plaît davantage à l'œil. La maison Oudry a cuivré les candélabres en fonte, souvent établis à branches multiples.
La ventilation a également fait de grands progrès, soit par l'emploi des plafonds lumineux, principalement dans les théâtres, soit par le système Wenham, où l'air vicié des lampes est expulsé par un tube débouchant au dehors de l'appartement.
Éclairage électrique. — Lumière àarc. — Dès 1813, le physicien anglais Davy faisait jaillir, pour la première fois, l'arc électrique entre deux pointes de charbon de bois. En 1842, Deleuil et Archereau tentèrent, mais sans succès, d'appliquer l'arc électrique à l'éclairage public. Foucault obtint un arc plus éblouissant en substituant au charbon de bois celui des cornues, bien meilleur conducteur de l'électricité. Nuremberg, en Allemagne, possède les plus anciennes et les plus importantes fabriques de crayons pour éclairage électrique. Ces crayons, taillés primitivement dans le bloc de charbon extrait de la cornue, se prépa-
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rent actuellement au moyen d'une pâte laminée, formée de charbon concassé.
Staite, en 1846, inventa le premier régulateur pour maintenir de façon constante l'écartement des pointes de charbon. Cet appareil a été successivement perfectionné par Foucault, Jahlochkotr et un grand nombre d'autres inventeurs.
La source électrique resta longtemps la pile de Bunsen, peu pratique et insuffisante. En 1850, la machine magnéto-électrique Nollet, dite de Y Alliance, rendit enfin l'éclairage électrique réellement pratique, en fournissant l'électricité en abondance et à bon marché. Lacassagne et Thiprs, en 1856, firent des essais à Lyon, qui démontrèrent la possibilité d'appliquer l'arc voltaïque à l'éclairage public. Il fallut cependant attendre le perfectionnement des machines dynamo-électriques par Gramme, Siemens, Edison et autres inventeurs, pour arriver à un résultat certain. Enfin, en J876, Jablochkoff rendit le procédé complètement pratique par l'invention de son régulateur, dit bougie Jablochkoff, et de la division du courant pour actionner plusieurs lampes avec la même machine.
Lumière à incandescence. — La lumière à arc, d'une teinte violacée, fatigue la vue et ne petit s'appliquer qu'à l'éclairage de vastes espaces. La lumière à incandescence, au contraire, fournit une lumière jaune, analogue à celle d'un bec de gaz. Elle est produite par l'incandescence d'un filament de charbon, enfermé dans un globe privé d'air. La lampe Edison, inventée en 1880, aux États-Unis, a été légèrement modifiée par Swan, Maxim, etc.
La lumière électrique a pris un développement immense dans ces dernières années, surtout aux États-Unis, en Angleterre, en France. En 1890, Paris possédait déjà 6500 lampes à arc et plus de 100 000 lampes à incandescence, desservies par des usines électriques. Ces usines, productrices du courant électrique, envoient le courant dans des appareils spéciaux, dits transformateurs, inventés par Jablochkoff et Gaulard, d'où il est expédié jusqu'aux lampes. Un grand nombre do petites villes, tant en France qu'en Suisse, en Allemagne, etc.,