III-UO
ARMES
Le commandant Marcille a construit des ponts métalliques, démontables, permettant de rétablir très rapidement la circulation sur les voies ferrées, dans le cas où l'ennemi aurait détruit les ponts primitifs. Il faut quarante-six heures pour édifier un pont de 30 mètres de longueur, quatre-vingt-six heures pour un pont de iîi mètres.
Il existait, en France, deux régiments de pontonniers, l'un à Angers, l'autre à Avignon, ayant pour mission de jeter rapidement des ponts de bateaux sur les cours d'eau pour le passage des troupes. Ces régiments possédaient des ateliers de construction pour le matériel des ponts en bois. En vertu d'une loi récemment votée (juillet 1894) par le Parlement, le service des ponts a été confié au génie militaire.
Les ballons captifs sont utilisés pour la guerre comme postes d'observation ou comme signaux. Coutelle, en 1794, créa l'aérostation militaire en France, avec l'aide de Guyton de Morveau et de Jacques Conté. Les ballons captifs firent leur première apparition à la bataille de Fleurus. Aux États-Unis, pendant la guerre de Sécession, on utilisa aussi les ballons captifs et les aéronautes furent mis en communication avec l'état-major au moyen d'un appareil télégraphique. On se rappelle encore les services rendus par les ballons pendant le dernier siège de Paris. L'aérostation a fait l'objet de nombreuses recherches dans ces derniers temps. Le commandant Renard, directeur du parc aérostatique de Meudon, a considérablement perfectionné les ballons au point de vue de leur usage dans l'armée. Il a créé un matériel fort ingénieux, se composant d'une voiture pour transporter le ballon et ses agrès, le filet et la nacelle, d'un treuil à vapeur pour ramener le ballon à terre et d'un générateur d'hydrogène.
Le ballon, de forme sphérique, a un diamètre de 10 mètres et un volume de 540 mètres cubes. L'enveloppe, en tissu de soie, est rendue complètement imperméable à l'hydrogène au moyen de plusieurs couches de vernis. Afin d'éviter toute éraflure, on ne le manie qu'avec les mains gantées et les pieds chaussés de chaussons de lisière.
NAVIRES DE GUERRE. III-lll
Le filet est en coton, La nacelle en osier. La nacelle, pouvant enlever deux hommes, contient une ancre, dans le cas de rupture du câble, du lest, des drapeaux pour signaux et un téléphone. Le câble d'attache ne se fixe pas directement à la nacelle, ce qui aurait l'inconvénient de la faire pencher, mais à un cadre rectangulaire, lui-même relié à la nacelle.
Le capitaine Renard a encore perfectionné la soupape de sortie du gaz, d'une étanchéité complète, pouvant s'ouvrir ou se fermer graduellement.
L'hydrogène se prépare dans des réservoirs où l'on fait agir un mélange d'eau et d'acide sulfurique sur de la tournure de fer. Cet appareil peut donner 300 mètres cubes de gaz à l'heure. Quant au transport de l'hydrogène, il s'effectue dans des tubes d'acier, comprimé à la pression de 150 atmosphères. Les Anglais ont imaginé ce procédé commode de transport.
Pour faire les signaux, un se sert d'une lampe électrique à arc, placée dans la nacelle, ou encore de lampes à incandescence, enfermées dans le ballon qui s'illumine. L'électricité est fournie par une machine dynamo située à terre et les iils conducteurs sont logés dans le câble qui maintient l'aérostat.