III
Le moyen âge se signale par une grande pénurie de bijoux ; ceux-ci reparaissent à la Renaissance avec toute leur beauté antique. L'Italie, puis la France, furent les pays où la bijouterie réapparut avec le plus d'éclat. Le xvni siècle fut un siècle de décadence. On inventa la bijouterie fausse : apparurent alors le plaqué, le doublé, les alliages imitant l'or, le strass et les perles artificielles.
Les bijoux d'or et d'argent se composent, comme les monnaies, d'alliages de ces métaux précieux avec du cuivre, afin d'obtenir plus de dureté. Les bijoux d'or s'altérant à la surface à cause de la présence du cuivre, on leur redonne de l'éclat en les lavant avec de l'eau de savon. Afin d'empêcher les bijoux d'argent de se ternir, on les chauffe au rouge et on les plonge dans de l'acide sulfurique étendu d'eau : le cuivre se dissout à la surface et il reste une couche d'argent pur qu'on polit.
On imite l'or avec du cuivre allié au zinc et à l'étain (similor, chrijsocale), avec le bronze d'aluminiun (aluminium et cuivre). On imite l'argent avec le cuivre blanc ou packfond chinois (cuivre, nickel, zinc et fer), avec le maillechort qu'on fabrique en grand à Berlin, à Vienne, à Elberfeld. Le maillechort, imitation du packfond, possède moins de blancheur que ce dernier.
La bijouterie fausse fait un grand usage du plaqué ou doublé, c'est-a-dire de cuivre recouvert d'une mince couche d'or ou d'argent, parfaitement adhérente. Le plaqué, déjà connu des anciens, prit un grand développement à partir de 1742, année où Thomas Bolsover, de Sheffiehl, l'appliqua à la confection des manches de couteau. Birmingham en fit aussitôt usage pour la fabrication delà vaisselle d'or et d'argent. Le plaqué apparut en France sous Louis XVI, vers 1783; il devint l'une des branches principales de l'industrie parisienne à partir de 1827. La bijouterie fausse, mal accueillie au début par l'administration qui perdit plusieurs procès, se développa librement moyennant un poinçonnage particulier. On a atteint une perfection telle qu'il devient impossible de distinguer un bijou en doublé d'un véritable bijou en or. Le cuivre doré par la galvanoplastie fait une grande concurrence au doublé.