III-136 TRAVAIL ARTISTIQUE DES PIERRES ET DES MÉTAUX
d'Angleterre, d'Allemagne, de Belgique, d'Italie, sont également remarquables. La Russie fait de grands progrès.
La Turquie, le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, la Perse, travaillent le cuivre au repoussé avec une habileté et une délicatesse extrêmes.
La Chine et le Japon sont en décadence, après avoir produit des bronzes d'art d'une perfection sans égale dans les siècles précédents. Le Japon a imaginé des procédés particuliers pour donner au bronze des colorations merveilleuses, encore inimitables en Europe, sauf pour le noir et le rose qui s'obtiennent par sulfuration et oxydation du cuivre. L'alliage, composé de cuivre, de plomb et d'étain, se coule en plaques minces. Chaque plaque, vernie, puis gravée au burin, se plonge dans un bain argentifère : l'argent se dépose sur chaque trait. On porte la plaque au four : le bronze se colore par les procédés inconnus dont il a été question plus haut, tandis que l'argent se détache brillant et forme les dessins. Cette fabrication a été particulièrement étudiée par M. Henri Morin.
Fonte d'art. — L'application de la fonte de fer à la reproduction des œuvres d'art et à la décoration monumentale, remonte à une date récente, au commencement du xix e siècle. La fonte de fer, grâce à son bon marché, a contribué plus qu'aucune autre matière à la vulgarisation de l'art monumental. Il faut couler le métal d'un seul jet, car la soudure et la ciselure ne sont plus possibles comme avec le bronze. Le moulage doit par conséquent se faire aussi parfait que possible et la fonte se choisir d'excellente qualité. La fabrication des petits objets ne peut avoir lieu dans de telles conditions ; il faut se borner à celle des pièces décoratives de grandes dimensions.
La fonte, essentiellement oxydable, doit se recouvrir d'une couche de cuivre par les procédés de la galvanoplastie. On n'est pas encore parvenu à donner à cette couche assez de résistance et d'adhérence.
Les pays produisant le plus de fonte d'art sont : la France (Val d'Osne, Brousseval, Bussy, Vassy, Sommevoire dans la Haute-Marne ; Givors dans le Rhône ; Marquise dans le Pas-de-
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Calais; Sermaize dans la Marne, etc.), l'Angleterre (Sheffield) et la Prusse dont les produits sont supérieurs pour les pièces fines, minces et délicates.
Zinc d'art. — L'apparition du zinc dans le domaine des beauxarts est un fait contemporain. La Prusse a imaginé, vers 1826. de fondre des ornements et des statuettes en zinc. Ce métal, cassant et oxydable, possède une couleur peu agréable. Il a fallu remédier à ces inconvénients. On l'a d'abord recouvert d'une peinture le protégeant contre l'oxydation et donnant la couleur du bronze. Puis, quand on eut inventé la galvanoplastie, on cuivra le zinc et Ton obtint des imitations de bronze d un extrême bon marché. Le zinc d'art a l'immense avantage de propager l'art dans les demeures les plus pauvres.
Le coulage du zinc présente aussi des difficultés. On fondait au début les pièces en un bloc massif, procédé consommant trop de métal. En 1843, on parvint à laisser l'intérieur vide par un moyen aussi simple que singulier : le zinc étant coulé dans le moule, on laisse refroidir ; la surface se lige et on laisse écouler le métal encore fondu qui se trouve à l'intérieur.
En 1867, les fabricants français substituèrent des moules en bronze aux anciens moules en sable. Les moules en bronze coûtent cher, mais ils ont l'avantage de pouvoir servir indéfini-
ment. .
La France, l'Allemagne et la Belgique sont à peu près les seuls pays où se fabrique le zinc d'art, principalement sous la forme de pendules. On dore avec une composition particulière, inventée par M. Mourey.