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IIH38 TRAVAIL ARTISTIQUE DES PIERRES ET DES MÉTAUX

ment modiques. Elle a résolu ce problème en apparence insoluble : multiplier sans limite le chef-d'œuvre d'un artiste, possédé jadis par un seul, et le mettre à la disposition de tous. La galvanoplastie joue donc vis-à-vis de l'art le même rôle que l'imprimerie par rapport aux productions de la pensée.

On savait déjà depuis longtemps déposer du cuivre sur un moule métallique à l'aide du courant électrique, mais ce cuivre était pulvérulent et sans résistance. Jacobi parvint à obtenir un métal tenace et dur à la suite d'une observation due au hasard. Ce savant faisait sur la Neva des expériences avec un bateau à moteur électrique. Les piles de Daniell, dont Jacobi se servait pour actionner son moteur, avaient été livrées par un fabricant de Berlin, et il était spécifié dans le contrat de vente que les pôles en cuivre des piles devaient consister en métal de première qualité. Or, les expériences ayant échoué, Jacobi attribua son insuccès à la faiblesse des piles, examina les cuivres et les reconnut en effet altérés. Il se plaignit au fabricant de Berlin, lequel affirma que le métal vendu était d'excellente qualité. Bref, les cuivres ayant été examinés de très près, on reconnut que l'altération apparente provenait d'un dépôt de cuivre très adhérent et massif. Ce fut un trait de lumière pour Jacobi, qui eut aussitôt l'idée de suspendre le moule métallique à recouvrir de cuivre dans la solution de sulfate de la pile Daniell, de façon à en faire le pôle positif: il devait se déposer sur le moule un dépôt massif et adhérent de cuivre.

Les moules, au début de la galvanoplastie, devaient être métalliques ; on ignorait encore le moyen de déposer le cuivre sur une substance mauvaise conductrice de l'électricité. Ce fut Jacobi qui, grâce à une nouvelle observation due au hasard, parvint à résoudre le premier cette difficulté.

Jacobi continuait toujours ses expériences sur la Neva. Il avait marqué d'un G au crayon les vases poreux de ses piles qui fonctionnaient régulièrement. Or, les expériences terminées, il trouva tous les G recouverts de cuivre. Comme conclusion, on pouvait donc recouvrir de cuivre une substance quelconque, conduisant mal l'électricité, à la condition de l'enduire

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d'une légère couche de la matière servant à fabriquer les crayons, c'est-à-dire de plombagine.

Les deux exemples que nous venons de citer montrent que le hasard sert parfois le savant, observateur capable de déduire d'un fait, simple en apparence, les conséquences les plus pratiques. Le vulgaire assiste également aux leçons de la nature, mais il ne sait ni les comprendre ni en tirer profit.

L'objet à reproduire ayant été moulé avec de la gutta-percha, de la cire ou de la gélatine, on recouvre ce moule de plombagine, ce qui rend sa surface conductrice de l'électricité, puis on le plonge dans une cuve contenant une solution de sulfate de cuivre et de l'acide sulfurique. On le met en communication avec le pôle négatif d'une source électrique constante; une lame de cuivre, en communication avec le pôle positif, trempe dans le même bain. Sous l'influence du courant, le moule se recouvre de cuivre et reproduit l'objet dans ses moindres détails.

On obtient un cuivre très dur, très pur, non poreux et très malléable, en ajoutant au bain de sulfate de cuivre un peu de nitrate de cuivre, des sels ammoniacaux et de la gélatine. Il est essentiel d'employer un courant très constant (pile de Daniell, pile thermoélectrique, machine dynamo à courant continu), et de ne pas sortir l'objet du bain, sinon le cuivre déposé se déforme, se boursoufle et ne résiste pas à l'action de la chaleur.

Le plombaginage du moule exige des précautions spéciales : on humecte le moule avec un peu d'eau, on le recouvre de plombagine pure et très finement pulvérisée, puis on frotte légèrement pendant un quart d'heure environ au moyen d'un pinceau ou d'une brosse très souple. Il est essentiel de ne pas altérer les fins détails du moule et do recouvrir exactement celui-ci de plombagine dans toutes ses parties.

Quand le moule est métallique, on le frotte également avec de la plombagine, mais seulement dans le but d'empêcher l'adhérence de la couche de cuivre déposée.

La reproduction des statuettes, en gémirai des objets en ronde bosse, présente des difficultés particulières. Il faut commencer par mouler les différentes parties de l'objet et plombaginer les

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