IIM40 TRAVAIL ARTISTIQUE DES PIERRES ET DES MÉTAUX
surfaces destinées à recevoir la couche de cuivre ; on soude ensuite les divers fragments, de manière à constituer un moule creux, représentant exactement le modèle. On introduit dans ce moule des fils de platine ou de plomb, destinés à conduire le courant électrique dans un grand nombre de points de la surface plombaginée : on obtient de la sorte un dépôt plus homogène de métal. Le moule est également percé de quelques ouvertures, en haut et en bas, de manière à permettre la circulation de la dissolution de sulfate de cuivre dans son intérieur. ^ Il existe aussi un procédé simple pour diminuer la durée de l'opération et restreindre la quantité de cuivre déposé. Quand la couche de cuivre a atteint une épaisseur convenable, de quelques dixièmes de millimètre, on retire le moule du bain, on détache l'enveloppe de cuivre et on renforce son épaisseur en coulant un alliage de plomb et d'étain.
Voici, pour citer un exemple, comment on opère pour reproduire en cuivre un dessin gravé sur bois. On moule le dessin en comprimant fortement au moyen d'une presse une feuille de gutta-percha chauffée ; on peut encore comprimer le dessin sur un mélange de cire d'abeille (900 parties), de térébentine de Venise (133 parties) et de grapbite pulvérisé (22 parties). La durée de la mise au bain est de dix à douze heures pour les bons clichés, de quatre heures seulement pour les clichés médiocres et qu'il faut obtenir rapidement pour le tirage des journaux quotidiens. Il ne reste plus qu'à .enlever le moule par fusion, nettoyer la surface du cuivre avec du chlorhydrate de zinc (acide chlorhydrique saturé de zinc), étamer en frottant avec un chiffon de l'alliage à stéréotyper fondu, couler enfin un alliage de plomb (91 parties), d'étain (4 parties), d'antimoine (5 parties), dans le but de renforcer la couche de cuivre. Dans le cas de la reproduction galvanoplastique d'une planche gravée sur cuivre ou sur acier, le moule est la planche ellemême qu'on a eu soin d'exposer aux vapeurs d'iode pour empêcher l'adhérence du cuivre. La planche, reproduite ainsi en négatif, sert à son tour pour obtenir une nouvelle planche positive, identique au modèle primitif.
ÉLECTROMÉTA.LLURGIE D'ART. M"* 41
2° Cuivrage des fontes. -Le même bain peut servir à recouvrir les objets d'art en toute d'une couche épaisse de cuivre. La fonte, bien nettoyée à sec, est recouverte de trois couches de minium. On métallisé la surface du minium avec de la plombagine, puis on plonge l'objet dans le bain et l'on opère comme dans la galvanoplastie. La fonte se recouvre d'une couche très résistante de cuivre.
La maison Oudry, d'Auteuil, a appliqué ce procédé à de grandes œuvres d'art en fonte : candélabres à gaz de la ville de Paris, fontaines de Vénus et de Diane aux Champs-Elysées, fontaines de la place de la Concorde, fontaine de Visconti au square Louvois, groupe de Millet couronnant l'Opéra, etc.
3» Électrochimie. - En 1840, deux ans après la découverte de la galvanoplastie, Elkington, de Birmingham et de Ruoltz, en France, inventaient la dorure et l'argenture galvaniques.
Dorure. — La dorure sur cuivre ou sur bronze se faisait primitivement en recouvrant le métal d'un amalgame d'or, frottant avec du nitrate de mercure, puis évaporant le mercure au feu . Ce procédé, très malsain pour les ouvriers à cause de l'intoxication par les vapeurs mercurielles, donnait des résultais
excellents. . .
On eut ensuite recours à un autre procédé : on faisait des hachures sur le métal, on appliquait des feuilles d'or, on chauffait et on lissait avec le brunissoir. On évitait ainsi l'intoxication mer curielle, mais on n'obtenait qu'une dorure médiocre. La dorure galvanique a heureusement résolu le problème : résultats excellents et innocuité complète pour les ouvriers.
L'objet à dorer, parfaitement décapé, est plongé dans un bam formé d'une dissolution de cyanure d'or dans du cyanure de potassium ; on le fait communiquer avec le pôle négatn d'une source électrique. Une lame d'or, reliée au pôle positif plonge dans ce bain qu'on chauffe à 60». Sous l'action du courant l'objet se recouvre d'une couche d'or, aussi épaisse
qu'on le désire.
On peut donner à l'or les tons les plus variés, depuis le rouge jusqu'au vert, en ajoutant au bain des cyanures d'argent et de