I. — FER
Le fer ne se trouve jamais à l'état natif, mais combiné surtout avec de l'oxygène et du soufre. Malgré sa métallurgie si difficile, il fut connu des hommes depuis une très haute antiquité, d'où cette conséquence forcée que la civilisation date d'une époque extrêmement reculée. Les Egyptiens et les Phéniciens faisaient déjà usage du fer, vingt-cinq siècles avant l'ère chrétienne. L'or, l'argent, le cuivre et le bronze précédèrent le fer. L'Amérique, avant la découverte des Espagnols, ne connaissait encore que ces quatre métaux et ignorait l'usage du fer. On en a conclu que toutes relations entre l'Amérique et l'ancien continent avaient été rompues avant l'âge du fer. La similitude des arts à l'époque druidique démontre d'ailleurs que les deux parties du monde communiquaient dans les premiers âges de la ci vi lisation. La découverte de l'acier et de sa trempe est également très ancienne et ne doit pas différer beaucoup de l'époque de la découverte du fer.
Le fer, le plus tenace de tous les métaux usuels, constitue le métal par excellence. Ductile et malléable quand on le chauffe, cette propriété permet de l'étirer en iils et de le réduire en plaques. Les chocs répétés ont l'inconvénient très grave de modifier sa structure, de le rendre fibreux, très cassant sous ce
MÉTAUX COMMUNS
nouvel état : de là les ruptures fréquentes des essieux des voitures et des câbles.
Le fer, comme l'or et le platine, se ramollit et se soude à luimême quand il est chauffé au rouge, d'où la possibilité de le forger. Il ne fond qu'aux températures les plus élevées des forges, vers 1500 degrés.
Le fer pur, appelé doux par les métallurgistes, peut être aimanté, mais son aimantation cesse en même temps que la cause qui la produit. Au contraire, il conserve son aimantation quand il est combiné à un peu de carbone (acier ou fonte). Le soufre, l'arsenic, le phosphore, le carbone, le rendent cassant. Inoxydable dans l'air sec, le fer se rouille très facilement dans l'air humide, d'où la nécessité de le recouvrir d'une substance protectrice. Il ne se rouille pas seulement à la surface, comme le cuivre, l'étain, le zinc, le plomb, mais dans toute son épaisseur. Enfoui dans le sol, le fer, subissant une oxydation complète, se transforme totalement en rouille.
Du fer dérivent des composés chimiques très nombreux et très utiles. Les oxydes naturels, ocre rouge et sanguine, sont employés en peinture, pour fabriquer des crayons et brunir les métaux. Un autre oxyde, le colcothar, obtenu par la calcination du sulfate de fer, sert à polir les métaux, les glaces, les pierres dures, à affiler les rasoirs, à préparer le mastic des fontainiers par son mélange avec de la résine et du suif fondus.
Le bisulfure de fer naturel ou pyrite produit l'acide sulfureux nécessaire à la fabrication de l'acide sulfurique. Le per chlorure de fer dilué arrête les hémorrhagies. Le bleu de Prusse (cyanure de fer) est une magnifique couleur très utilisée en peinture, en teinture, pour l'impression des tissus et des papiers peints; broyé avec de l'acide oxalique, il donne une bonne encre bleue.
Le pnissiate jaune de potasse (cyanure de potassium et de fer) entre dans la préparation du bleu de Prusse.
Le sulfate de fer, désigné dans le commerce sous les noms de vitriol vert ou couperose verte, sert à conserver les bois, à fabriquer l'encre ordinaire, à désinfecter les fusses d'aisances, à
JLm