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ÉTAIN

L'étain en feuilles sert à envelopper le chocolat, le savon, à garnir les boîtes et coffrets. On obtient ces feuilles par deux procédés : en martelant de l'étain entre deux feuilles d'étain plus épaisses ; en coulant de l'étain fondu sur un cylindre de bois, ce qui donne une feuille qu'on passe ensuite au laminoir. Les enveloppes de tabac, les capsules pour bouteilles, se fabriquent avec des feuilles plus économiques (feuilles de plomb recouvertes d'une mince couche d'étain).

Pour argenter le papier et imprimer sur tissus, on fait usage de poudre d'étain qu'on brunit pour lui donner de 1 éclat. Cette poudre se prépare en plongeant une laine de zinc dans une dissolution d'un sel d'étain, ou encore en agitant vivement de l'étain fondu dans une boîte de bois saupoudrée de craie. La poudre d'étain se nomme argentine. En Allemagne, on étame les étoffes en appliquant sur le tissu une pâte de poudre de zinc et de blanc d'œuf, chauffant avec de la vapeur surchauffée, puis trempant dans une solution de bicblorure d'étain. Il ne reste plus qu'à cylindrer pour donner de l'éclat à l'étain précipité. L'étain sert surtout à la fabrication du fer-blanc, et aussi à étamer le cuivre et le zinc, à l'aire des alliages. Le ferblanc, préparé exclusivement en Allemagne pendant de longues années, se fabriqua en France, à Strasbourg, à partir de 1715.

Les combinaisons stannifères les plus utiles sont : l'acide stannique ou potée d'étain, servant à colorer l'émail en blanc et à polir le verre, le marbre, etc. ; les stannates de potasse et de sonde, employés dans la teinture; le stannate de chrome et de chaux ou pinck-colour, colorant la faïence en rouge sang ; une autre combinaison d'acide stannique et de chrome, de couleur lilas, utilisée en peinture et pour décorer la faïence; les chlorures d'étain, employés en teinture ; le bisulfure d'étain ou or mussif, imitant la dorure; le pourpre de L'assius, pour colorer le verre en rubis et peindre sur porcelaine.

Métallurgie. — Le seul minerai d'étain est un oxyde, nommé cassitérite. Impur et toujours mélangé d'une grande quantité de matières étrangères, il faut l'enrichir par bocardage et lavages multipliés.

j-90 MÉTAUX COMMUNS.

Après grillage pour éliminer le soufre et l'arsenic (il se trouve toujours dans la cassitérite un peu de sulfure d'étain et de la pyrite de fer arsenicale), on réduit l'oxyde d'étain par le charbon dans un four à réverbère ou à manche. L'étain fondu est recueilli dans un creuset et agité avec du bois vert. Les gaz, résultant de la décomposition du bois par la chaleur, amènent les scories à la surface et réduisent l'oxyde d'étain formé au contact de l'air.

Pour raffiner ce métal, on le fond en présence d'un faible courant d'air qui oxyde les métaux étrangers avec un peu d'étain. On peut aussi opérer par liquation : le métal est chauffé jusqu'à 230° ; l'étain pur entre en fusion et les alliages étrangers restent sur la sole inclinée du four.

Alliages. — Nous connaissons déjà les différentes variétés de bronze, alliages d'étain et de cuivre.

Les poteries, les ustensiles de ménage, les tubes pour eau de Seltz, les comptoirs de marchands de vin, la soudure des plombiers, sont fabriqués avec un alliage de plomb et d'étain.

L'argent battu est un alliage d'étain et de zinc, que les Chinois recouvrent d'un vernis imitant parfaitement l'or.

Les cuillers d'étain sont constituées par un alliage d'étain, de cuivre, d'antimoine et de bismuth.

Le métal anglais est un alliage d'étain, d'antimoine, de cuivre et de zinc.

L'amalgame d'étain (mercure et étain) servait jadis à étamer les glaces pour la fabrication des miroirs.

Statistique. — En 1889, on évaluait la production totale des minerais d'étain à 56 000 tonnes :

Tonnes.

Malaisie 28.000

Angleterre 9-240

Australie et Tasuianie 9.000

Quant à la production du métal, elle s'élevait à 35 000 tonnes :

Tonnes.

Hollande 18000

Angleterre 10-370

Australie 5.000

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