V. — ZINC
Le zinc était déjà connu des anciens : on a trouvé à Pompéi une lame de zinc qui recouvrait une fontaine. Jusqu'au xvii siècle, l'Europe tirait ce métal de L'Orient, ne sachant pas l'obtenir elle-même. On exploitait cependant ses deux minerais, la blende (sulfure de zinc) et la calamine (carbonate de zinc). La calamine servait depuis très longtemps à la fabrication du laiton, alliage de cuivre et de zinc, connu depuis la plus haute antiquité. La volatilité du zinc empêchait les métallurgistes européens d'isoler le métal. Quand on chauffait la calamine avec du charbon, le zinc était bien réduit et mis en liberté, mais ses vapeurs sortaient du creuset et celui-ci ne contenait plus rien à la fin de l'opération. En 1780, à Liège,
MÉTAUX COMMUNS
l'abbé Dony, soupçonnant la vérité, parvint à extraire le zinc des minerais de la Vieille-Montagne. Ayant placé un pot à fleur renversé au-dessus du creuset, il vit le métal venir s'y condenser. Il fonda la première usine à zinc dans la ville de Liège, en Belgique. D'autres historiens attribuent cette même découverte à Henckel, en 1721, pour la calamine, et à Sanderson, en 1780, pour la blende.
Le zinc est un métal blanc bleuâtre, doué d'un vif éclat, mais se ternissant très vite à l'air, à la surface seulement. Il devient malléable et ductile quand on le chauffe vers 150° et peut alors se réduire en lames et s'étirer en fils. Une température plus basse ou plus élevée le rend au contraire cassant. Il fond à 4."0° et bout vers 1300° Les propriétés toxiques de ses sels ne permettent pas de l'employer pour fabriquer les ustensiles de cuisine. On peut l'utiliser sans inconvénient pour la fabrication des vases destinés à contenir de l'eau (brocs, seaux, arrosoirs, bains de siège et baignoires, réservoirs, etc.).
Les feuilles de zinc sont employées pour toitures, girouettes, canalisations d'eaux pluviales, etc. Son emploi est très délicat, «ar le zinc se dilate beaucoup et il faut employer des jointures mobiles pour éviter les déformations. Ce travail exige des ouvriers très habiles, qu'on trouve seulement dans les grandes villes. Le zinc a aussi le grand inconvénient de s'oxyder au contact du fer.
Le zinc sert encore à fabriquer des ornements et des objets d'art (pendules, statuettes, etc.), à doubler les navires, à satiner le papier, • à construire les piles, les enveloppes des projectiles pour ménager les rayures des armes à feu, à la galvanisation du fer, inventée en 1836 par Sorel, à préparer le blanc de zinc, à fabriquer des cribles et des tamis, etc., etc.
Les sels de zinc les plus employés sont : Y oxyde ou blanc de zinc, obtenu par combustion du zinc, servant en peinture et ne noircissant pas sous l'action de l'hydrogène sulfuré comme la céruse ; le chlorure de zinc, utilisé en médecine comme caustique, pour injecter les cadavres et les traverses de chemin de fer ; le sulfure de zinc, employé en peinture sous le nom de blanc me-