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I. — MARBRES

Le marbre, calcaire d'une contexture spéciale, résulte d'une transformation subiepar les diverses variétés de calcaire commun sous l'action d'une forte pression et d'une liaute température. Comme conséquence, le marbre se trouve toujours dans les régions ayant subi de violentes contractions à la suile du refroidissement de l'écorce terrestre, reconnaissaldcs à la forte inclinaison des couches qui constituent le sol.

Cliaque qualité différente de marbre porte un nom spécial : le marbre statuaire, uni, sans veines, sans filandres et non susceptible de s'égrener; le marbre lumachelle, contenant beaucoup de coquillages ; les brèches, formées de débris de marbres différents, cimentés par des dépôts calcaires ; le marbre onyx, translucide.

Le marbre est employé pour les constructions, pour l'ornementation (cheminées, tables, dessus de commodes, pendules, encriers, vases, statues, objets d'art variés, etc., etc.). On en fait aussi des billes pour enfants, billes déjà connues au temps des Romains.

Les frais de transport du marbre étant très onéreux à cause de la disproportion considérable du poids comparéau volume, on exploite de préférence les carrières situées à proximité des

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mers ou des cours d'eau, de manière à pouvoir embarquer tout de suite les matériaux; les marbres d'une grande valeur font seuls exception. M -,.

Le travail préalable que subit le marbre consiste a découper les blocs massifs à l'aide de scies en acier, mues par la vapeur ou par des chutes d'eau ; la plupart des scieries se trouvent dans les pays montagneux, sur les bords des torrents, dans le voisinage des carrières.

On façonne ensuite les blocs avec des ciseaux, de manière a leur donner la forme définitive, puis on passe au polissage : on égrise et on dégrossit les pièces avec du grès ordinaire du sable, et l'on polit ensuite en frottant successivement avec delà pierre ponce, de l'émeri fin, du colcothar, de la hmaille de plomb et finalement du noir de fumée. On recouvre souvent d'un vernis à la cire pour protéger le marbre et lui donner plus d'éclat. Ce vernis est composé d'une partie de cire blanche, une partie de sandaraque et six parties d'essence de térébenthine, le tout fondu à feux doux : on passe légèrement au

Te'marbre blanc peut se teindre. Il suffit de le dégrossir

sans le polir, et de le plonger dans un bain de teinture qu on

chauffe progressivement : les pores du marbre se dilatent et la

couleur pénètre dans toute la profondeur. Voici la composition

des principaux bains de teinture : rouge (éosine, carminate

d'ammoniaque) ; vert (verts d'aniline) ; jaune (gomme-gutte,

jaune d'or, jaune indien) ; bleu (solution alcoolique de tournesol,

sulfoindigotate d'ammoniaque, bleu de Prusse en solution dans

l'acide oxalique, bleu d'aniline) ; violet (violet danilme) ; noir

(noir d'aniline). Ces couleurs doivent être dissoutes, selon les

cas, dans l'eau ou dans l'alcool métbylique, sauf les exceptions

mentionnées. . .

Ouand on veut, non plus teindre uniformément, mais seulement veiner le marbre blanc, on étend des couleurs chaudes au

moyen du pinceau.

On est parvenu à reproduire les photographies sur le marbre bien blanc. On étend sur le marbre, dans le cabinet noir,

MARBRES. "-5

une couche très mince et bien uniforme d'une solution composée de :

Bitume de Judée 100 grammes.

Benzine. Itl0 ° —

Essence de térébenthine 1000 —

Cire blanche 10 —

On laisse sécher, toujours dans l'obscurité. Ceci fait, on insole sous un négatif renforcé au bicblorurc de mercure, pendant un temps variable suivant l'intensité de la lumière, environ vingt minutes en plein soleil. On développe l'image en lavant à l'essence de térébenthine, jusqu'à ce que l'image apparaisse nettement quand on projette à sa surface un jet

d'eau violent.

Maintenant, au lieu de graver à l'acide, ce qui serait possible, on va colorer le marbre. Il suffit de recouvrir limage de la couleur en dissolution. Quelques instants après, on lave avec de la benzine tiède qui dissout le bitume, puis avec de l'eau et on polit légèrement après dessiccation.

On peut aussi, grâce à des procédés simples, modifier les .couleurs de certains marbres. M. Kuhlmann a fait des expériences démontrant que la marbrerie pourrait avoir recours à des réactifs semblables à ceux dont on se sert pour donner aux agates et autres pierres précieuses des couleurs plus belles que nature. Par exemple, on colore le marbre en brun ou en noir en le chauffant avec du brai de goudron ; le marbre de Sienne passe du jaune au rose avec le bichromate de potasse ou le nitrate de soude.

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