SEL MARIN
sent onze couches de sel, d'une puissance totale de 60 mètres d'épaisseur. L'exploitation se fait au pic, dans des galeries souterraines, et aussi par dissolution au moyen de trous de sonde.
La rive droite de l'embouchure de la Loire, à son extrémité la plus avancée dans la mer, au Croisic, possède des marais salants très étendus. Jadis, dix mille paludiers, au costume étrange, y vivaient du produit du sel ; leur importance a bien diminué depuis quelques années. La supériorité incontestée du sel marin de l'Océan pour la salaison de la morue a seule empêché la disparition totale des marais salants de l'Ouest. Par leur abandon, les marais salants deviennent une cause redoutable d'insalubrité ; il faut les convertir en prairies ou en champs cultivés, les planter d'arbres ou encore en faire des parcs à huîtres et des bassins pour l'élevage du poisson.
Plus au sud, dans les îles, particulièrement dans l'île de Ré, on exploite du sel pour les pêcheurs d'Islande et de Terre-Neuve ; Marennes, jadis le plus grand centre de production du sel dans l'Ouest, n'en fait plus aujourd'hui.
La conformation singulière du littoral de la Méditerranée a considérablement favorisé rétablissement des salines. Les principales sont situées dans les départements des Boucbes-du- Rbùne, du Gard, de l'Aude et de l'Hérault. L'étang de Lavalduc, six fois plus salé que la mer, contient 430 millions de kilogrammes de sel : c'est là une mine inépuisable de sel marin.
Le sel gemme abonde en Algérie, mais ou l'exploite à peine, dans deux mines et quatre sources. On retire aussi du sel d'une douzaine de lacs salés, situés dans les provinces d'Oran et de Constantine. Les régions du sud de l'Algérie et de la Tunisie renferment d'immenses dépôts de sel encore inutilisé : c'est la région des chotts, couverte jadis par les eaux du golfe de Gabès.
L'Angleterre exploite beaucoup ses mines de sel gemme du Cheshire, du Worcestershire et de l'Irlande.
La Prusse possède des mines remarquables à Stassfurt, Anhalt, Kalicz, dans la Lorraine annexée, la Saxe, et le Hohenzollern. L'exploitation du banc de Stassfurt commença
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en 1837 ; l'épaisseur des couches y dépasse 300 mètres, sur une superficie de 1400 kilomètres carrés.
En Autriche, les mines de Wieliczka ont une renommée universelle, car le sel y est d'une grande pureté ; les couches ont une épaisseur de 3&0 mètres, sur une longueur de 200 lieues, s'étendant jusqu'à la Transylvanie, la Hongrie et la Roumanie. A signaler aussi, en Autriche, les mines de Salzbourg, celles de la Haute-Autriche et du Tyrol.
La Russie exploite du sel gemme en Pologne, sur le prolongement du gisement de Wieliczka, des lacs salés en Crimée, dans la région dAstrakan, et des sources salées très abondantes à Rakmouth, dans le gouvernement d'Ékaterinoslav.
Toute la région asiatique, à l'est de la Caspienne, abonde d'ailleurs en dépôts salins, analogues à ceux de l'Algérie, attestant l'existence ancienne d'une immense mer intérieure.
La Suisse exploite du sel gemme à Devens et à Bévieux, près de Bex-en-Valais.
L'Italie retire du sel de ses salines de l'Adriatique, de la Calabre et de la Sicile.
Les mines de Cordona, en Espagne, fournissent un sel très pur.