‹ Histoire générale de la Belgique (volume 2)Chapitre 1 sur 32 · Histoire générale de la Belgique · texte numérisé non relu

Histoire générale de la Belgique

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DIE ILA ]BIEILO(DllïIE

XSICBVB DE l'iSSTIT17T lOTAL DES PATS-BAS ET SECliTAIlB PElPiTUBL fit VACADiun BOTALB DBS 8C1BBCBS ET BELLES -LBTT BBS DE BBUEBLLBS.

' Et pias est pttria lîicta refèrre labor.

Or».

^ BRVXELLBS ,

H. TARLIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

BVB DB LA MOBTAGBB, «• 3o6.

ConuTATiov au sajet de la siioceMion des duchés de Cléres , Juliers et fierg. ^ Les Hollandais s'emparent de la ville de Juliers. — Succès de Spinola. — Conférences de Santen : traite' provisoire. — Querelles théologiques entre les Arminiens et les Gomaristes. — Synode de Dordrecht. — CondaBn«ti4Ni et mort d'Oldenbameveldt. ^ Grotiua échappe à la persécution. — Noble réponse de réponse de Bameveldt.

La mort de Gtiillaume , duc de Cléves ^ de Julîers e( de Berg, airivëe en 1609, *^*^** occasionné de riolens débats entre les prétendana à 84 succession. Le marquis de Brandebourg et le duc de Neubourg , appelés les princes posseddns , avaient , par accommodement , pris posses* sion des pays contestés , pour les gouverner en commun. Le marquis ayant , sous de vains prétextes , rompu cette nnion , facilita aux Hollandais les moyens de s'emparer de la ville de Juliers. Ceux-ci alléguèrent, pour justifier cette entreprise , qu'ils ne s'étaient emparés de cette place que comme d'un dépôt, pour empêcher la rupture qui était près d éclater entre les deux princes. Les archiducs , sentant toute la conséquence de l'entreprise et toute

Tll.

a HISTOIRE GÉNÉRALE; 0£ LA BÏILGIQTTE.

la frivolité du prétexte , demandèrent du secours au rot d'Espagne , qui leur fournit l'argent nécessaire pour lever une armée de sept mille Wallons et de six mille Allemands. Ils en confièrent le commandement au marquis de Spinola , qui marcha à la tête de cette année dans les pays contestés , oÀ il eut des succès signalés dans les campagnes de i6i3 et i6i4« Cependant les archiducs, craignant de rompre la trêve , défendirent à leurs troupes de commettre aucune hostilité contre celle des Provinces-Unies ; mais les succès de Spinola décidèrent les parties intéressées à tenir des conféi^ences à Santen , sous la médiation des ambassadeurs de France et d'Angleterre , résidans en Hollande. Les Provinces-Unies y envoyèrent sept députés ; l'électeur de Cologne, trois ; l'électeur Palatin , deux ; Tékcteur de Brandebourg , trois ; le duc de Neubourg, trois, et les archiducs , àcvtx , qui étaient Peckius, chancelier de Brabant,et le conseiller de Visscher. Ces députés conclurent le la novembre un traité provisoire , qui ne termina point la guerre. Les difficultés qu'apportèrent les deux princes possédons à l'accomplissement du traité, le rendirent inutile. Les archiducs et les Hollandais restèrent dans la possession des. villes qu'ils occupaient avant le traité.

Les Hollandais , que l'amour de la liberté avait si fortement unis , virent leur pays divisé et déchiré par de vaines disputes de théologie. Ârminius et Gomar , professeurs à Leyde , avaient allumé le flambeau de cette dissension funeste , au sujet de l'incompréhensible mystère de Ja prédestination et de la grâce , que les disputes et les systèmes des docteurs n'ont fait qu'embrouiller.

«UiTiilIE ÉPOQUIC.

Ariaiifîcis voulait , par des principes plus humains et plus raisonnables , adoucir TimpitQyable sévérité de la doctrine de Calvin. La portion du peuple la plus sage et la plus éclairée avait adopté le dogme bienfaisant d'Ar> minhis ; mats la populace, aveuglée par son ignorance ordinaire et emportée par sa fureur natureUc, avait embrassé la doctrine de Gomar. Ce sectaire farouche, se* condé et appuyé par les secours et les eflbrts de la mul* titude, que son enthousiasme avait entraînée, poursuivait, avec cet acharnement persécuteur qu inspire le fanatisme, les nombreux partisans d'Arminius , dont il demanda la proscription. Les Arminiens ne voulaient que la tolé* rance ; ils l'obtinrent en i6i4 des états-^généraux.

Cependant la querelle s'échauflant avec plus de fureur pendant les années suivantes , porta les deux partis aux plus violens excès. Maurice aigrit ces querelles, en sou* tenant et en animant les Gomaristes. Mais un vieillard vé^ aérable par ses vertus, ses talenset ses services , qui avait présidé an berceau de la republique naissante ; qui , par son génie et sa sagesse , ^i avait affermi les fondemens et préparé la gloire, Tavocat^général Oldenbarneveldt , surveillant les démarches du prince , avait cru démêler dans ses manœuvres, des vues ambitieuses qui tendaient à opprimer la liberté. Maurice , soit que Barneveldt eût calomnié ses intentions , soit qu*il les eût dévoilées, jura la perte du vertueux magistrat , et employa pour y parvenir larme formidable de la religion. Bameveldt protégeait les Arminiens, dont le dogme plus social, était plus conforme à cette tolérance universelle y quUl regardait comme la base de la

prospérité de sa nation. C'est le prétexte qu'employa le prince contre Barneveldt , en le pi*ésentant à une populace que la superstition avait rendue furieuse , comme un monstre d'impiété. Il convoque le fameux synode de Dordrecht , où , à la tête des Gomaristes , il fait condam^ ner la doctrine d'Arminius : la condamnation et la mort de Barneveldt en furent la suite. Ce vieillard , qui , dé* chiré par la calomnie , était devenu l'objet de la haine d'un peuple dont il avait défendu les droits et la liberté ; ce vieillard, gr^nd par ses services, plus grand par ses malheurs , chargé d'ans et de gloire , jugé par un tribunal composé de magistrats livrés au fanatisme ou vendus au pouvoir, perd la tête sur un échafaud, victime de son zèle et de son sage patriotisme.. Etait-ce donc là le prix des soins qu'il avait pris de la jeunesse de Maurice, élevé, par son influence, au commandement des armées , a la mort de Guillaume , son père ! Grotius , son partisan et son ami , enveloppé dans sa disgrâce , fut condamné à une prison perpétuelle et renfermé dans le château de Loevestein , d'où il se sauva par Tingénieuse tendresse de sa femme, qui , ayant obtenu la permission de lui faire passer des livres , les lui envoya dans un grand coflre. L'illustre prisonnier , en ayant mis dans ce coflre, comme s'il fendait ceux quon lui avait déjà envoyés, s'y glissa et s'y cacha. Il échappa par cette ruse à ses persécuteurs. Si ce trait d'amour conjugal excite l'attendrissement , combien la magnanimité de l'épouse de Barneveldt ne doit-elle pas exciter Padmiration ? Ses fils René et Guillaume, voulant venger la mort de leur père, formèrent une conspiration contre les jours de Maurice.

HUITliBIE ÉPOQUE. 5

Elle fut découverte. Guillaume et une partie de ses complices cherchèrent leur salut dans la fuite,et René fut condamné à perdre la téte.On engagea sa mère à demander sa grâce auprince Maurice. « Je m'étonne, dit-il , que vous > lassiez pour votre fils ce que vous avez refusé de faire «pour votre mari. »La digne épouse deBarneveldtlui répondit : « Je n'ai p&s demandé grflie pour mon mari , » parce qu il était innocent ; )e la demande pour mon fils, » parce qu'il est coupable. » Il porta sa tête s^r Téchafaud avec la même fermeté que son père.

ExpiBATiOH de la trêve. — Lechancelier Peckiut enTojtf à La Haye. — Mort de Philippe m et de Tarcbiduc Albert. — Prise de Juliera par Spinola : il fait le aie'ge de Berg-op-Zoom , et le lève. — Guerre entre rAogleterre et l'Espagne. — Prise de BreJa par Spinola. — Mort du prince Maurice. — Le prince Frédéric-HeDri lui succède. — Prîpe d'Oldensel par ce prince. — * Prise de GroU.— - Fosse EugénUnne. — Prise du fort de SantvUet.* — Sie'ge de Bois-le-Duc. — Les Espagnob reprennent SantvUet. — Les Hollandais emportent Bois-le-Duc. — Disgrâce et rappel de Spinola. .— Traité entre TAngleterrcAt VEspagne. — Prise de Venlo et de Ruremonde. — Prise de .Vnestrickt et.de LimlioèM-g.-r-Doa.Eerdiiiand ad|oint ii l*infiintc Isabelle, -- Négociation entre les provinces. — Mort do Finfinte. — Le marquis d* Aytonna, gouverneur-géneVal.

La trêve conclue avec lesTrovinces-Unies expirait le 9 avril i6ai. Les archiducs tentèrent , ayant ce terme , une nouvelle démarche pour la réunion des 4i^-sept prr.

-rinces à la couronne d'Espagne. Ils envoyèrent danff ce dessein à La Haye, au mois de mars, Peckius, chancelier de Brabant , qui ftit ireçu par les ëtats-gënëraux avec honneur , et renvoyé avec fierté. La réponse quils donnèrent aux propositions qu'il était chargé de leur faire , portait que la dignité et la souveraineté des Pl'ovinces- Unies résidaient indubitablement et incontestablement dans les états des provinces , et qu'ils étaient décidément résolus à maintenir Tune et l'autre.

Philippe III , qui avait été éventuellement uaaiiguré souverain des Pays-Bas , n'en eut pas la possession. Il était mort le 3*1 mars i6ai , et l'archiduc, le i3 juillet suivant. La mort d'Albert rendit à Philippe IV la souverainetédes Pays-Bas , que l'infante continua de régir comme gouvernante-générale, avec toutes les prérogatives dont elle avait joui comme souveraine.

La trêve fut continuée jusqu'au 3i du mais d'août. Mais; alors la guerre se ralluma avec plus de fureur qu'auparavant. Spinola emporta le as ianvier 1622 Timportante forteresse de Juliers, où, sous prétexte de la garder aux légitimes héritiers du duc de Juliers^ les états avaient mis. une forte garnison. Il forma le siège de Berg-op-Zoom , qu'il fut forcé de lever le 2 octobre suivant , aiprès y avoir perdu du temps , des hommes et de l'argent. Ce général , ayant échoué dans cette entreprise, fit bâtir ie fort de Santvliet, tant pour resserrer Berg-op-Zoom , que pour préserver le pays des courses des Hollandais.

Les succès se balancèrent pendant ta campagne suivante , et la guerre s'alluma bientôt entre l'Angleterre et TEspgnc. Georges Yilliers,duc de Buckingham , avait

HUITIÈMS ÉPOQUE. 7

conduit en Elspagne le prince de Galles, fils de Jacques I^; pour y négocier le mariage de ce prince avec une des in* fautes. Il avait par son imprudence et ses hauteurs (ait rompre toute la négociation. Son earactère altier et impérieux avait irrité 1 e duc d'Oli'vares , qui gouvernait Pbi lippe IV. Les désagrémens personnels que le dac s'éta it attirés de la part du ministre favori, avaient excité son ressentiment, qui probablement fut la cause de cette guerre* Ainsi , les calamités qui désolent- la terre , n*ont souvent d'autre cause que 1 etourdèrie ou Pambition d^un ministre , d'-un- favori ou- d'une maîtresse*

Le gouvernement* trop dar de Maurice excita au sein àelit nouvelle république des troubles dont la cour de Madrid sut profiter , et les talensde Spinolàaugmen^ tèrent encore ses espérances. L*habileté dfc ce général procura à l'Espagne des succès qui soutinrent la gloire dé ses armes. Il enleva Bréda au stadhouder , après un siège d'un an , que Justin de Nassau , fils naturel de Guil* làume , prince d'Orange, soutint avec une constance héroïque. Spinola fit brâler le bateau de tourbes , par le moyen duquel les Hollandais avaient pris cette ville en i5go , et qu'on y gardait comme un monument qui re*

traçait la mémoire de cet événement singulier. Ces revers jetèrent l'alarme au sein de la Hollande , et Maurice ne survécut point au chagrin qu'il en connut. U mourut le a3 avril i6a5. Frédéric-Hcnrî, son frère, succéda i ses biens-, à ses titres et à ses tatens , et répara les maux de sa patrie.

Ce prince , après avoir repris en i6tk6 la ville d'Oldensel , dont il fit démolir les fortifications , attaqua en 16^7

a HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.

celle de GroU. Ce slëge dura un mola. Guillaume, fîl$ naturel du prince Maurice , et amiral de Hollande , y fut tué. Le comte Henri de Berg , qui était venu au se* cours de la ville,{fut repoussé deux fois par les Hollandais, qui le 30 du mois d'août emportèrent cette place impor* tante , dont ils réparèrent et augmentèrent les fortifica-^ tions.

Les Espagnols voyaient les Hollandais, que leuri arme» avalent déjà rendus si formidables, puiser de nouveaux accroissemens de puissance dans leur grand commerce avec r Allemagne par le Rhin et la Meuse. Us ima» ginèreut le moyen de leur couper la communication avec tout ce pays, en construisant un canal qui aurait joint

leBhin à la Meuse , en partant deRhinberg, pour venir par Campen et Bruggenà Gueldre, d'où, venant couper

la NIers , il se rendrait dans la Meuse àVenlo. Cet espace était de huit lieues environ : on le nomma la Fosse Eu' gcnienne,ipaTce que Tinfante Isabelle-Claire-Eugénie en avait fait jeter les fondemensle2i septembre 1637, P^^^^ comte Henri de Berg , gouverneur de la Gueldi'e. Mais cet ouvrage^, qui futpresque aussitôt abandonné que commencé , ne présente plus que des restes d'une entreprise mal combinée , plus mal exécutée , qui avait inutile* mcpt coûté des travaux infinis et absorbé des sommes immenses .

Les états , poursuivant leurs avantages, emportèrent le fort de Santvliet , qui venait d'être achevé , et entreprirent le siège de Bois-le-Duc , qu'ils investirent sur la fin d'avril 1629. Les Espagnols, pour reprendre le fort de Spn tvllet, profîtèrcntdu moment où les Hollandais étaient

BUITISME ÉPOQUE. 9

otcufés à ce siège. Mais les généraux des troopes espa* gnôles et impériales ne purent empêcher, ni par leurs e£> forts ni par leurs diyersion 9 la prise de Bois4€-Dnc , qne le comte, de Grobbendonck fut forcé de rendre aux Hol* landais. La capitulation fut Hgaée le i4 septembre. L*é?é* ^e Micbel Opboyius , sui^i de tous les ecclésiastiques , re> ligienx , religieuses , et de tous les bourgeois qui étaient fermement attachés à la religion catholique , sortit de la ville pour chercher un asile sur les terres d*Espagne , em-» portant , avec leurs ornemens et leurs vases sacrés, une image de la vierge, qui, depuis une longue suite d'années, était honorée d'un culte' particulier , dans la cathédrale de Bois-le-Dnc. On la regardait comme miracnlcose. Cette image fut transportée à Bruxelles, et d^osée par ordre de rinfante , dans legllse de S^ Géry.

Spinola était le seul dont les talens pussent arrêter la

rapidité des victoires du nouveau stadhouder , et Spinola

fut rappelé. L envie que sa gloire avait éveillée le poursùi'

vit et le déchira impitoyablement à la cour de Philippe, et

ce grand homme devint la victime d'une basse intrigue de

cour .Son mérite,qni a excité la lâche jalousie de ses enne*

nûs, n'a pn exciter la reconnaissance de sonmattre.Cerap*

pel, aussi imprudent qu'injuste, mit le comble à la gloireet

aux succès des HoUandab. Frédéric, qui ne rencontrait

'plus d'obstacle à ses conquêtes, pénétra dans leBrahant

et dans la Gueldre.

La guerre entre l'Angleterre et l'Espagne fut terminée par un traité conclu à Madrid le i5 novembre i63o sur le pied de celui de i6o4*

Frédéric , redoublant d'activité et d'énergie , enlève

aux Espagncds Venlo et Ruremonde. Cette dernière ville* n'avait pour défenseurs que trois cents hommes , comman^ dés par le comte Ernest-Casimir de Nassau , stadhouder deFrise , qui fut tué à ce siège.

Frédéric couronna ses exploits par là prise de Macs* Iricbt, qu'il assiégea le lo juin i63a, et qu'il emporta lé »2 août. Celte importante conquête, suivie de celle de Limbourg, acheva de jeter la consternation et le découra-' gement dans les provinces obéissantes.

Le cardinal-infant , don Ferdinand, frère du roi , fut adjoint dans le mois d'octobre de cette année, à l'infante Isabelle , avec le droit de lui succéder après sa mort.

Les députés des provinces obéissantes obtinrent de Tinfante la. permission d'entamer avec les Provinces-Unies une négociation pour la paix. Ils nommèrent à cet effet des commissaires qui eurent plusieurs conférences i MaestFÎcht eti La Haye, avec le prince d*Orange et les députés des états-généraux. Cette négociation , qui fut rompue vers le milieu de l'année suivante, n'eut d'autre effet que celui d'aigrir davantage les partis.

L'infante mourut à Bruxelles, dans la nuit du i*<^ au a décembre i633» Le gouvernement, voyant que le cardinal-infant , qui était destiné i succéder à cette princesse , n'était point arrivé, nomma provisoirement, selon l'autorisation qu'il en avait reçue du roi , une commission composée de sept ministres , i la tête desquels était le marquis d'Aj^tonna, conseiller d'état et commandant d'armes, qui conserva seul le commandement de l'armée. Ces ministres prêtèrent leur serment le jour même de la mort de l'infante , dans l'assemblée du conseil d'état.

HtTITlfiME ÉPOQUE. rt

Le roi donna an marquis d'Âytonna legoaTcmement gëhëral des Pays-Bas , en attendant l'arrivée du cardinal* infant , qui fit son entrée dans Bruxelles , le 4 noremlnre* n avait amené une armée de près de vingt mille hommes* Tontes les entreprises des deux partis échouèrent pendant cette année. Le marquis d*Aytonna forma le siège de Maestricht, qu'il fut obligé de lever pour secourir Bréda, assiégé par le prince d*Orange, qui fut également forcé de lever le siège de cette place.

13 HISTOiaE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.

Les Français se liguent avec les Hollandais pour attaquer les Pays-Bas. — Le cardinali-infant surprend Trêves. —-La France déclare la guerre à l'Espagne »-tB«taille ^'Arein : situation de cet endroit*— Les Français et }p9 Hollandais pénètrent dansle Br^bant : ils lèvent le siège de Louvain. — * Les Espagnols surprennent le fort de Schenck et la ville de Limbourg. "— Le cardinal pénétre dans la Picardie. — Il reprend Venlo et Ruremonde. •— Bréda se rend au prince d'Orange. — Luxe des tulipes en Hollande. — Combat deCalloo. — Siège de Gueldre. — • Siège de Thionville. — Prise d*Arras par les Français. •— Mort du cardinal-infant. — Don Francisco deMelos, gouverneur-ge'néral ; il bat les Français. •— Bataille de Rocroi. — Prise de Thionville. -— Don Jean d'Autriche, gouverneur-général. — Succès des Français dans la Flandre : prise de Dunkerque par le duc d'Enghien. — Dispositions pacifiques des Espagnols: les Hollandais y correspondent. — Mazarin tâche d*empécher la conclusion de la paix. — Traité des Hollandais avec Philippe IV. — Traité avec le prince d'Orange : mort de ce prince. — L'archiduc Léopold prend Armentiéres et Landrecies. — Traité de Munster.

Le cardinal de Riclielieu , ministre de Louis XIII » qui le haïssait et le craignait, conclut le 8 février i635 , un traité avec les Hollandais, par lequel ils concertèrent d'attaquer les Pays-Bas catholiques avec soixante mille hommes : ils en regardaient la conquête comme si facile , et même si assurée , que , dans le cas où ces provinces refuseraient de prendre les armes contre les Espagnols , pour former un état libre et souverain , ils en avaient déjà réglé le partage. Le cardinal-infant , instruit de ce traite, fit surprendre le 26 mars la ville de 'r;rèye8 où il y avait une

HUITIÈHE ÉPOQUE. t3

garnison française , et l^lecteur fbt conduit k Braxenes. Richelieu , s'appuyant de ce prétexte , y envoya un héraut pour déclarer la guerre k Tinfant. Cest la dernière fois que cette cérémonie antiqne a été pratiquée dans l'Europe. Les financesétaient épuisés : la seule maison de Finfant était un gouflre qui absorbait , pour entretenir son luxe dévorant , plus d'argent qu'il n'en aurait fallu pour soutenir les armées. Les Français entrèrent dans le Luxembourg, et gagnèrent le ao mai la bataille d' Avein sur les Espagnols , commandés par le prince Thomas de Savoie, qui voulait empêcher la jonction des troupes françaises avec les Honandais(a).

Les Français et les Hollandais réunis , après cette vie* toire , pénétrèrent dans le Brabant , oà ils emportèrent Aerschot, Diest et Tirlemont. Cette dernière ville, prise le 6 )uin , fut livrée à toutes les horreurs du sac le plus affreux.

{a) Tous les géographes^ tous les historiens» ont fdacé ce Tillage d*A- ▼ein, dans le Luxembourg, à deux lieues de Rochelbrt. Cest une me'prise proyenue d^une ressemblance de nom. L*acte par lequel le duc Pépin deHerstal et Plectrude, son épouse^ donnent en 687 le château d'Amberloux à l'abbaye d*Andaïn , depuis de S^ Hubert, fait mention d^un endroit appelé Âwanna , qni est le yillage d'Awenne, situe' en effet à deux lieues de Rochefort, à une lieue et demie de Saint-Hubert, et il une de Nassogne, don t il est également £iit mention sous le nom de Nasania» Le véritable champ de cette bataille, suivant les recherches de don Jérôme André, religieux de S^ Hubert, est AverU^ ou plutôt Avin on Au" t^ùif prés de Terwagne, dans le pays de Uége. Le savant abbé de Feller qui a vérifié sur les lieux les recherches de don André,observe qu'Avcnt est dans un pays très-propre adonner une bataille, à placer et à nourrir une armée, au lieu qu^Awenne, placé dans un fond« au milieu des Ardennes, dans un terrain aride, montagneux, rocailleux, n^a pas ce triste

«4 BISTOIRE OiNÉRALE DE LA BELGIQUE.

Le a6 du même mots ,1e cardinal-isfant , ajmnt dè> clarë la guerre à la France , au nom de TEspagne , força les Français et les Hollandais à lever le siège de Louyain. Cet événement fut cependant plutôt occasionné parla jalousie du prince d*Orange, xpi haïssait Ricbelien. Tant il est vrai que les nations sont souvent les victimes des petites passions de leurs chefs !

Cet avantage ranima les espérances des Espagnols , 4|oi surprirent le fort de Schenck , et soumirent la vilfo de Limbourg sur la fin de Fautomne. Ces premiers suc* ces furent suivis d'une campagne glorieuse pour eux. Les Hollandais , restant dans Tinaction , laissèrent an cardinal-infant la facilité de pénétrer dans la Picardie , dont il prit la capitale , ainsi que le Câtelet et Corbie. Ce dernier échec jeta la terreur dans Paris.

Le cardinal- infant reprit Yenlo le s5 août 1637. Le comte de Brederode , qui y commandait une garnison

sranUge, et il confirme cette observa tîon par une preure de fait qui paraît déciiire: c'est le sourenir bien distinct de cette bataille, que la tra* dition entretient parmi les habitans de ce canton , parmi ceux même qui ne savent ni lire ni écrire. Le fort de Taction était au grand Auvin ; le Hojvn bornait les deux armées à Touest. Les boulets qu*on y a déterrés dans les derniers temps, une cuirasse qu'on y a trouvée, prouvent que cet endroit a été le tbéitre d*nn combat. Un pajrsan montrait dans son grenier quatre paires de grosses bottes de cavalier, ramassées dans ce lieu. Le nom de ce village est écrit At^in dans la bonne carte du père Lcdere, et c*est de cette manière qu*il s*écrit dans le pays; mais don André prétend qu*il faut écrire Aident, Cette difiërence d*ortbographe n'est pas une difficulté pour ceux qui savent,que dans ce pays, Vé aTant fi a conservé dans le langage populaire, ie son de \\ de sorte qu'^i^ent se prononce comme JÊvim,

HUITIÈME ÉPOQtTE fS

"de mille Hollandais, fit une si mauvaise dëfense , que les états le condamnèrent à perdre la tête. Le cardinal reprit également Ruremonde le 3 septembre.

Le prince d'Orange de son cAte assiégait Br^da depuis le si3 juin. Le cardinal s'en approcha ayec toutes ses forces pour le secourir ; mais ses efforts furent inutiles , et le gouverneur fut forcé de rendre la ville au prince d'Orange le a octobre*

Ce fut dans ce temps où la guerre désolait les Pays-Bas, qu^ane espèce de luxe singulier s'était introduit dans la Hollande. Un délire épidémique ( car quel antre nom doni^r à un pareil égarement? ) saisit les personnes de toutes les conditions , et leur fit porter le prix des tulipes à des sommes exorbitantes ; il y en eut qui se vendirent deux , trois , quatre mille florins. On les mettait i l'enchère , comme si c'eussent été des pierreries et des bijoux précieux. Tout le mondes'était donc jeté avec une folie aveugle dans ce commerce , qui était devenu très-Iih cratif, et, par cette raison, considéré comme très-hono» rable.

Ce désordre , on plutôt cette frénésie , que les états» généraux furent obligés de ménager délicatement , pour ne pas eflkroucher le peuple , était porté i un si haut point, qu'on remarqua qu'en 1687 la somme employée au trafic de ces fleurs, montait de cinq a six millions.

Les états n'essuyèrent que des revers pendant l'année suivante. Ils manquèrent une entreprise sur Anvers, et furent complètement défaits au village de Calloo , à une lieue et demie deLillo. Maurice de Nassau, âgé de ai ans , fils du comte Guillaume , y fut tué avec deux mille

i€ . HISTOIRE GÉNéftAtiE DE LA BELGIQUE.

Hollandais : les Espagnols y firent douze cents prisonniers , et prirent dix-huit pièces de canon , et quatrevingts bateaux de munition. Les états attaquèrent sur la fin de Vété la ville de Gueldre , qui fut secourir : les reiranchemens qu'ils avaient faits devant cette place, furent forcés avec une perte considérable.

Les Français qui assiégeaient Thionville ,furent si complètement battus le y juin 1639, parles généraux Octave Picolomini et Jean Bick,qu'ils yperdirent pliis de six mille hommes tant en tués qu'en prisonniers , et furent forcés de lever le siège. La Catalogne par sa révolte , et le Portugal par sa révolution , avaient secoué le joug espagnol ; cette circonstance réveilla encpre les espérances des Hollandais. Us tentèrent une troisième fois , mais toujours inutilement , le siège de Gueldre.

Les Français , sous les ordres des maréchaux de Ghaulnes, de Châtillon et delà Meilleraye, entreprirent le siège d'Arrasle ig juin C'était le jeune duc d'Enghien qui con duisait les volontaires. Le cardinal-infant, avec une armée de trente mille hommes , fit les plus grands efforts pour secourir la place : il y fut puissamment Secondé par le duc de Lorraine. Ces deux chefs , aidés du secours et des conseils de six généraux qu'ils comptaient datis leur armée , tâchèrent , par leurs ruses concertées et par leurs attaques combinées, de couper les vivres aux assiégeans,qui, ayant déjoué toutes les mesures et tous les efforts des Espagnols, emportèrent enfin la ville, qui passait pour imprenable , selon l'ancien proverbe du pays , qui disait que , « quand les Français prendront Ârras , les souris pren* » dront les chats, n

. nUITIEMB ÉPOQUE. t^

Lç cardinal* infant moural i Bruxellc* la gmôvembre ^641 «X^ gouveraeincaitf autorisé par le toi, nontma', comme après la m«rt de Tinfante Isabelle»' une commis* sion , dont les membres prêtèrent leur sermealdans Fas* semblée du conseil d'étaL Don Francisco de Melos et le coml^de Fontaine, inembres de cette commission, separ* tarèrent le oommandement des armées \ lé |(remier , contre la F^^i^ces le second, contre les Provinces^Unîes. Mais^ dès le .6 décembre s^i^ant, le roi nomma pi^bVisoireihent dpo Fjrain^isCQ de Melos , g^Terneot^générâl , en atten d^at qu'il. en^oyftt pour remplir cette dîgnilié nne per^ sqnne.de son sang : o*étaifi la formnle ordinaire. Il battit les Français à Honjaeoour le s$mai i^Jp,

La mqr t de Lquîs XIII engagea les Espaguolis a profiter du trouble et de la confoaî^. inséparables de^ prémiersmopm^a dHme minorflé. Don Franoisoe» de Melos vint ai^îégev R^croi. Louis , duc d*Engbien, iq^ ses exploits méritèrent le titre de grand Goadé, kgi de^a ans, étant venu au secours delà place, défit totalement lesf Espagnols, qui y perdirent leuir fameuse infanlerie formée sav le modèle de c^e des Suisses. Le comte de Fontàtne, c{tfî la commandait, y fut tué dans sa litière, où il se faisirtt porter A cause de la goutte» €ctte£Eimense bataille sedoiink le ig Inai, cinquième )Our du règne de Louis XIV. Le duc d'EnghîeapritThion'viUele loaoâtsnivaint.

Pbili(»pe ly nomma, au mois de décembre de cette an» née, don Juan d'Àutrîcbe, son fils nattfrel , au gourer nement général des Pays-Bas. Ce prince différa pendant diMize ans d*y faire son entrée. Le roi , par lettres patentes du 96 avril t644i nnmma pour lienteuant^géné-

vn.

,g HISTOIRE GÉNÉRALE DE LÀ BELGIQUE.

rai de den Juaiï, le marquis de Castel-Bodrigo. L'adminislratiotides affairespolitiqiies fut dans ces circonstan ces absolument jséparée du commandement des armes, qui fut copfiéà Piccolomini.

Gastoti^'ducd*Orléans, prit Mardickle lo juillet! 645, et Béthude, le 29 août; Couirtrai, le 28 juin 1646; Bergues-Saint- Winox , le i" août, et le 24, Mardick, que les Espagnols avaient repris pendant Thiverde i645.

Le duc d*Ëngliien 9 ayant succédé au duc d*Ch*léans^ prit.Furnes le 7, septembre, et Dunkerque, le 7 octobre, avec 1q recours de l'armée navale des Hollandais^ commandée par l'amiral Tromp. Le duc d'Engbien'eutid gloire détre le premier qui ait donné cette place & la France» Gettq epnqtîéte fut d'autant plus avantageuse aux Hollandais et aux Français, que Dunkerque nuisait extrêmement aux deux nations , dont elle troublait tes en* treprises et le commerce, par la quantité d'armatéurt qu'elle entretenait.

Cependant ces succès n'empêchèrent pas que les Reliais ne répondissent au désir que montrait le roi d'Espagne de finir la guerre : ils y apportaient même le plus vif empressement , parce qu'ils ne doutaient pas que le désir que manifestait l'Espagne, ne fût sincère. La situation oùcet^e puissance se trouvait dans ce moment , à l'égard de la Hollande, et de la France ,lui rendait la paix nécessaire d'vn côté, et favorable de Taulre. D'un côté, elle voyait l'impos^bilité de réduire les Hollandais : de l'autre, elle sentait que la fermentation qu'avait excitée en France le mécontentement général contre le cardinal Mazarin, luiofTi^ait une occasion d'humilier cette puissance.

HUITIÈIIE ÉPOQUE. ^

Les HoUandftM profitèrent donc de ces circonstances fiour se hftter de conclnre la paix; puis<{u'après tant d'efforts pour les asservir , TEspaj^e consentait à leur laisser Cette liberté ^.qni seule ies avait engages k prendre . Jes asmesti Mais- MasàriU' tAchait de détourner et de dé- .goûteiTiles Holkndnisde cette idée de réconciliation avec J'Espagnei parce qu 'ayant rintentiond'exëcuter le vaste f 4ojet de jRicheUen « dont le but était d*élever la France . #1^ .dessus de toutes les puistauces deTEurope, il voulait Ullejg^t «battre TEspagne, quelle n'eut plus ni les mqyQUs-sii ;la prétention d'être la rivale de la Fmnoe. Or iLseplait que l'union de la Hollande avec l'Espagne donnerait à cette derniière puissance, on «ppuâ et one ibroQ^ifi^iliiiî laisseraîént Ifavanti^e dedsâpbter la prépondérance k la FDance » ou du moins de la partager aVec elle. Ce ministre était encore guidé par un autre motif. Comme il sent^H que la conquête de la Belgique pouvait très for t^nent contribuer à assurer etâ consolider la puissance de la Franve , il avait toujours compté de trouver dans ici Hollandais , des alliés qui Taideraient à eflêctuer cette importante conquête.

Mais les états , qui voyaient que Maaarin , dans toutes ces menées , ji'ftvait , en feignant de soutenir leur cause , que l'intérêt et l'agrandissement de la France pourbnt , envoyèrent à Munster des députés, qui y pressèrent tellement les négociations , qu'ils y conclurent lé 8 janvier 1647 une paix particnlière avec Philippe IV. Le prince d'Orange Frédéric«Henri , qui certainement craignait aussi la conclusion de cette paix , parce que , selon la remarque d'un bistorien, il nest pas naturel de supposer

,9iè HISTOIRS GtNÉRALB DE LA BELGIQUE.

.que les prîii€esy dont Tautorité flLépt^il «le VéUX de ^erre el du commandemeiit des armëes , soknt de leo» lotté trèl-enclias k h paie; le ppinoe d'Qn»ge^ ^^i; â^éttttt douté et défié des intentions d^s étàty , ataît ooftseîfid àu cardinal Masarin ^de tâcher de dîffm» le diépart 4c«:d^[m« lés hollandais ponr Munster « de ^mtque , du moment où il ne les liendivnt pl«s> à La Haye , ils ne se laissassent séduire par les offres issîdieites.dis TEspagne ; mail il #e laissa séduire lui-mdme, et Philippe IV parvintâle gfag^r, en lui aceordaiit, par .le tvaité du 8 janfvier i64jr; des eondilions conformes à ses intérêts et A son ambitibn . Ce prince mourut le i4 mars de cette ânduéé , et ëa^ thbrt avança la condhnsion de la paix*

L'arçhiduc Léopold , ({ui "iHsnai t de succédeir au marquis de Castel-Rodrigo dans le gouvernement des Pays-Bas , se voyant délivré par cette paix deloutes les inquiétvi^ desqn'il avait duc6té des HolIandMflr, qui forçaient les Espagndsè de continuellesdivemons, popssa avec vigueur ses opérations contre lesFrençais t il prit Ârmentières, le ^3 1 mai, et Landrecies, le 1 8 juillet.

Le traité du 8 janvier, qui n'était , pour ainsi dire, <{U^un projet, fut réalisé par celui du a^ décembre, qui confirma, (expliqua et étendit les conditions accordées au prince Frédéric, et assurées au prince Guillaume, son fils. Ces arrangemens n'étaient que racheminemcnt snifa* meux traité de Munster, conclu le 3o janvier i648, par lequel fut enfin tertaiinée cette gueiTe terrible entre TEspagneet la Hollande, qui avait duré quatre-vingts ans.

u Lerdi reconnaît les étatsigénéraux des Pays-Bas réu- » nis , pour libres et souverains, sur lesquels ni lui ni

. HUITIÈME tPOQVE. u

»ses successeurs n'auront jamais aucune prétention.

» Les sujets et habltans des pays respectifs pourront

» fréquenter» séjourner et conuneicer dantles pays Ton de

> Tantre^ tant par mer et par eaux^ que par terre.

» La navigation et le tra6c des Indes orientales et occi- » dentales seront maintenus en conformité des octrois « relatifs à cet objet. Les Espagnols borneront leur nati- • gation aux Indes orientales, comme aussi les Hollandais

> s*abstiendront de fréquenter les places des Espagnols » dans les mêmes contrées.

> Quant anx Indes occidentales , les sujets et babitans » des dominations respectives s*abstiendrontde naviguer » dans les lieux garnis de forts, loges ou cbâteaux possé<- « dés par Tautre partie.

« La fréquentation et le commerce entre les sujets » respectifs , ne pourront être empécbés.

1» LE^cftut sera tenu fermé du o6ié des états. « Le3 sujets et babitans des pays respectifs, allant dans » les pays l'un de l'autre , se comporteront i l'égard de s la religion en toute modestie, sans donner aucun scan- » dale de parole ou de fait, en sans proférer aucun blas* » phéme.

« Les ^lises, collèges, etc., de robéissanoe du roi, » rentreront dans la jouissance de leurs biens situés sous » la domination des Provinces-Unies.

» On ne pourra construire aucun nouvefiu fort dans les » Pays-Bas, ni de Tun ni de l'autre 66té, ni creuser aucun « nouveau canal ou fDSsé, par lesqoek on pourrait répons- » ser l'une ou l'autre partie.

a» IIISrpiRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.

LTsfAcvs eoiitinoela guerre contre la France. — Traité des Pyrénées*

La {>a!x de Munster avait àté à la France nn grand appui, enla privant de rallîancedes Hollandais. L'Espagne^ profitant de 1 état de faiblesse où les guerres civiles de la Fronde avaient re'duit la France, continua la guerre contre cette puissance avec plus de vigueur et de succès* L'archiduc Lëopold , gouvemeur-génërat des Pays-Bas^ prend Courtrai , et le prince de Condé Ypres. Furnes et Lens se rendent à Tarchiduc. Le prince, qui n'avait pu empêcher la prise de cette place , bat complètement Tarcliiduc sous ses murs {a) , et reprend Furnes.

Les succès des frondeurs encourageaient TEspagne k redoubler ses efforts. L'arcbiduc était entré en France à la tête d'une armée de quinze mille hommes : il publia un manifeste , par lequel il protestait qu'il n'était entre dans le royaume que pour y ramener la paix , dont il remettait les conditions à l'arbitrage du parlement. La reine , dans cette perplexité , prit sagement le parti de conclure un accommodement avec le parlement , qui en (k^outa les propositions avec d'autant plus de plaisir , qull n'avait plus de ressources dans ses finances , plus de confiance dans ses généraux , plus de force dans ses troupes. L'archiduc , voyant qu'il n'avait pu profiter des troubles

(a) Leao août 1648.

HCITlÉMe ÉPOQUE. a»

de la FM&ce pour exëcoter ses projets , reirini dans les Pajs-Bas , où il reprit Ypres lé 8 mai.

Le prince de Coodé , que sa rëpntatioD , ses talens t\ ses serylces même avaient reiida redoutable à la cour et snrloat au «liaistre , fut arrêté et renfermé an cbâtean deVincennes, d*ott il ne sortit que Tannée suivante^ quand la reine et le ministre, qui s'étaient imprudemment brouil* lés avec les frondeurs , furent forcés d'accorder au prince sa liberté , que le parlement , soulevé par les frondeurs , demandait impérieusement. Le prince » pour se venger de cet aflront , se ligua avec les Espagnols , qui continuèrent la guerre pendant les années suivantes avec des succès assez importans. Ils s*étaient avancés dans le Luxembourg ^ où ilsavaient emporté Yirton , qui (ut pris après un rude assaut, le a3 février 1654) par le comte de GrandprQ. Léopold et Coudé assiègent Arras » que Turenne sauva. Les Espagnols perdirent à ce si^e tous leurs canons et tous leurs bagages.

Don Juan d'Autricbe, gouverneur des Pays-Bas, y était arrivé au mois de mai i65<>. Ce prince, réuni au prince de Côndé , obligea les maréchaux de Turenne et de La Ferté de lever le sîége de Yalenciennes le 1 6 juillet. Ce ne fut qu'après trois terribles assauts que les retrancbemens des Français furent emportés ; ils y perdirent quatre mille bommes , qui furent tués ou noyés dans l'Escaut. Les EspagQols étaient convenus avec Cromwel d'attaquer Calais, qui resterait aux Anglais , et qu'en attendant ils auraient Dunkerque en garantie. Ce traité neut pas d exécution. Le cardinal Mazarin en fit un de son côté avec Cromwel pour enlever Dunkerque aux

>4 HISTOIRE GÉMÉ&ALE Dfi LA fi£L6IQU£.

Espagnols. fjQs Angluis bloc^nent le port^ l6sl t*3ràttçais investissent la ville. Don Juan , uni A Gôiklé» vientau secours de la place. Turenne \eê attaque prè^ dea Dunes , et remporte une vielioire complète (a)» Dunk^^ que j force de( capituler , est cêii aux Anglais ^ comme on en était convenu avec Cromw^l. '

Turenne , poursuivant ses conquêtes , prend Berg , F urnes , Dixmude, Audenarde, Menin, Ypres» et le* roi d'Espagne est forcé d'acheter la paix. Le lieu des conférences fut &(é dans Tîle desFaisans, sur la rivière de la Bidassoa. Les deux princes s'y rendirent en personne, et l*entrevu^ eut lieu dans une loge en bois bâtie exprès pour les recevoir .La paix y fut 'conclue le 7 novembre i65g, en* tre le cardinal Mazarin et don Louis de Haro, par le traité dit des Pyrénées (b ). Mazarin y déploya tous les détours de la souplesse , et Haro toutes les tergiversations de la défiance.

(a) ht 4 iuin i658.

(6) Par ce traité , l'Espagne céda k la France, dansTArloia, Asris , Hédin, Bapaume, Lillers, Lens; dantla Flandre, -Grayelines, Bourboiirgv St Venant; dans le Hainaut , Landrecies, le Quesnoi, Avesnes , MarienbourgiPhilîpperille; dans le Ijaxembourg,Thionyille, Montmédi, Oampvillers , et la France restitua à TEspagne Tpree, Audenarde, Dizmnde» Fumes, Mer fille, Menin et Comines.

■QmÈHB ÉPOQVK.

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