‹ Histoire générale de la Belgique (volume 2)Chapitre 2 sur 32 · AS A · texte numérisé non relu

AS A

Hoir de Philippe IV^ — GqArre de UFramee»l^rBip«gM pe«r 1»

toccesaîoo du Brabant et du Limboorg. -— Trailéde là triple aUiaaee» — ^Traité d'Aix-la-Chapelle. — Guerre de la France contre la HoUaode. — Traite d'alfiaace entre PEspagne et la Hollande. ^ Déclaration degnefw de TBipapi^ à in Franee, et da U F i a^ ee à fSepegne.—- Paiy^dei'Aiiflettrre 9^^ la HoUeiide. ^BalâUe,de8«ieffi. —Traite de Nimègue. — Bataille de Saint-Denia, prêt de liont.

Ce fameux traité des Pyrénées avait rempli le grand ob* jet ^e méditait depuis quatorze ans le cardinal Maxa* lin , c'est-à-dire , le mariage du roi avec Tinfante Marie • Thérèse , fille de Philippe IV , qui eut une dot de cinq cent mille écus , sous la condition qu'elle renoncerait à tous ses droits à la succession d'Espagne. Mais Mazarin » en politique rusé 9 prévoyait que cette i^enonciation ae aérait , dans la suite , considérée que comme une vainc condition , qui n'empêcherait pas que , dans une circonatance favorable , la France nt fit valoir les prétentions de l'infante. Cette circonstance se présenta en eflet , quand , après la mort de Philippe IV , l'Espagne, abandonnée A la régence d'une £smme, Marie-Thérèse d'Autriche, mère de Charles II , &gé de .quatre ans , se trouva dans Timpuis* sancede soutenir ses droits par la force.Le pitoyable état de £iihlesse,dedéiabreme^tetd'épuisement,oùPhilippe avait laissé touteslesprovinceade sa monarchie,prépa^aientAson successeur les plusgrands embarras. Lemoment étaitdonc

venu de réaliser le projet conçu par Tastucieuse polîti-que de Mazarin ; et la cbùf de France, influencée et, pour ainsi dire , dirigée par Tesprit d« ce ministre , mêmeaprès fl» mort , éleva' les prétenHôiïS de la reine Marie- Thérèse d'Autriche à la succession d'Elspagne.

La politique , aurdefttUt de motifs solides , sait, datfs tous les Cas ^ imaginer des prétextes spécieux , qu'elle colore par lessopbisnies qui lui sont familiers , pour les présenter, sans un aspect favorable , revêtu ^u moms des apparencesde la justice. La FVaâce , d'Ati^ cette circonstance , employa cette ruse , qui n'est au fond que lachicaue appliquée à un grand objet.

Les provinces de Brabant et de Limbourg connaissaient ddnà quelques cantons |desl)iens^ sujets au droit de dévolution. Ce droit coututnier assure exclusivement aux. eiifans dii premier mariage , après la mort .de leurs j)irens , la possession des biens propres du survivant des. deux époux , qui ne peut les aliéner ni les divertir au profit des enfans d'un mariage postérieur. Ce droit de jdévblution ne doit donc pas être confondu avec le droit de suac:.'ssion. Les enfans du premier lit n'acquièrent pas la succession par la mort de l'un des deux époux ; ils n^y gagnent qoe la possession éventuelle , qui ne leur est acquise que par la mort de leurs parens.

Telle'fest, comthe l'explique le président de Nény , le. drDitdeidévôlution, que la France, pour justifier en. apparence ses prétentions , voulut confondre avec le droit

de succession. Ses prétentions étaient donc d'abord appuyëessur un fauxprincîpe. Ce droit, d'ailleurs, quel qu'il fût , n'était applicable que dans quelc{aes districts aux

HVITlfcMB ÉPOQUE. 97

Irieiif des particnlîen. La France , donnaat , par une étnAgf islerpréUtian , uam double extensioai oe droit , prétendit lapplMiner , pour la auooession à lasonveraioe* té , a«x profinoefl enlièrii oàcesdistricU ëtaient situes. La Ftanœ faisait dooc dans tons les cas mie (ansse applica* lion du principe.

(Test cependant en s*appnyantde ce. sophisme, qnelle Melaina , pour la reine Marie-T hérèse , les dachés de Bra- Imi^I, et de Limboorg , à Tesdusion de Charles II , fils de Philippe IV , du séboAd lit. Si les causes des rois , dit à ce sujet l'auteur du itècle de Louis XIV , pou? aient se juger par les lois des nations , à un tribunal désintéressé , laffitire eût été un peu douteuse. La Franceet l'Espsgne combattirent d*abord par des écrits où Ton étala des cal* culs de banquier ( car Louis réclamait la dot de sa (emme ) et des raisons d'avocat ; maïs la seule raison d*état était écoutée.

Louis XIV notifia donc , par une lettre du 9 mai 1667 ^â la reine régente d*£spagne , « qu'il allait se mei* » tre en possessionde ce qui lui appartenait dans les Pays »

> BaSydu chef de la reine, son épouse, ou d'un équivalent , » souhaitant d'entretenir très-religieusement la paix. Je

> n'entends pas , ajoutait-il , que de ma part elle soit 9 rompue par mon entrée dans les Pajs*Bas, quoiqu'i main » armée , puisque je n'y marche que pour tftcher de me » mettre en possession de ce qui m'était usurpé. »

Le roi ,pour justifier ses prétendues intentions pacifiques, ne fit point de déclaration de guerre dans les formes ordinaires: il se bornai cette lettre, où, aflectaut en apparence un laiigage faussement pacifique, il montrait en eflet des

9» HISTOIRE GtKtatàLK OS hM BELGIQUE.

dispositions vraiment hostiles. Cette lettre Ibt swvie cfi^ deux armées, qui entrèrent aux Pays-Bas , an cbmaeti-t cernent de Vété de 1667. Ces malheurenaea provinces, étaient sans défimse , sans reasouees , sana crédit , «I nne* si déplorable iteation était encove aggravée par la ÛA^ blesse , les lenteurs et les tergiversations ordinairea dt» cabinet de Madrid.

Le roi , comptant, dit Voltaire , pins encore mt-M^ forces que sur sea raisons, marcha à la tête de trente-cinq mille hommes, dans les Pays-Bas, & des Conquêtes assurées, ayant sous ses Ofrdres le maréchal de Turenne, et la reine 1 y suivit avec toute la cour. Les triomphes des armées du roi furent d*autantplus rapides, qu'ils étaient plus faciles. L'art d'attaquer les places n'était pas perfectionné, paitse que celui de les bien fortifier et de les bien défendre étaitplus îgtioré encore. Les frontières de la Belgique étaient presque sans fortifications et sans garnisons. Le maréchal de Turenne prit Charleroile a juin (a). Les Espagnol8,apprenant la déclaration de guerre de la Fr ance ,en firent démolir les fortifications, qui n'étaient point achevées; mais les Français les firent rétablir. Cette campagne, qui, di« sentlesmémoiresdeNény, ressemblait plutôt i une partie de plaisir qu'à une opération de guerre,ne présente qu'une enchaînement de succès. « Cette campagne, ajoute Vol* n taire, faite au milieu de la plus grande abondance,panni » des succès si faciles,parutle voyage d'une conr.La bonne

(a) Celte ville venait d*étre bâtie dans un endroit nommé Chamoy , f{ui e'taît un gros village sur la Sambre. Le marquis de Castel-Rodriga loi domu le nom de ChaHeroi^ de œlû de Cbarloi II9 rai ^Espagne.

>€l)ère^ y loM 61 Ibsiplaùirs a'îstrodiiish'evt aloriââns » les êrmém^lçTS mém^qoe la diseipliBe €*y afièrmîèsMt.

• Dans c^(t9P9ttlp<^n^9lw UD îenne roi, aimamt lamagAî- » fi^Mce^ ëtalitiltbeUede sa cour aumi^ea des hûgwm de » lâj gitarre, tout le monde sé.piqua de aoMptuorit^ et de n gputdaitf la boime obère; danslailwbita, dani les^équi- » pages.

» La rapidité de ses con<|n6tf8 remplit d!Hhti«Mi&ruiGd-

• \^i les câloyeiis tranq^ortaîent déjà leurs eSktâ k A<ki- » Vers. Leroi sabAU de ^eiiir joni^ des acelémalîonsdés » pe«ples« desadoraliens-de aesooiirtiaaasrei de Mi inalniresaesy et des.fiêtésipi'il donna èsaooot*.»

Armentiàres^^rg^Fornes, Atll,Toorllai^Daaai,Co«n^ trai^ Andemunds^ Lille^ Alost^ ttmiMretit ûm p<nnre»r de la France, et ce fut l'ouvrage de moins de quatre tHoM, Le poi^ en personne , ayant sons ses ordres le pHnoê de Coude, fit en moinad'imiDOÎs., •mnSoit dei^iiiver, la ton* qnéf e de U. FneneliewCèiatë.

Ceseonqfaéles rapides cstMèrent nue grande fermeiita^ tien dans LesdrfiTérensdtatsderEarope, rëveillf^âeven aasonpi^sement. Les pins faibles en oopçurent une vive in* quiélude , et les plus poissans en reasentirent an moins vne jalousie secrite. L^Anglderre, la Suède et la Hof}i lande , que leurs intérêts comnnins réunirent, prîi*ent les mesures les plus promptes pour leur sârelë et leur ga« ranlîe muluelles. Le chevalier Temple, résident d- Angleterre i Bruxelles, fut comme Tame de cette négociation : il avait contracté «ne étroite amitié avec Jean Dewtlt , qui* dès rigede vingt-cinq ans, avait étéélu grand-pensionuAire de Hollande: m Homme amoureux de la libei^h^

3o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.

» de son pays ( c'est le portrait qpe Voltaire eA tra^ ) « » autant que de sa grandeur peii^d&nellé; a^ujetti à la » frugalité «t à la modestie de fi»^ rë|]fubliqtie: !1 n'avait » qu'un laquais etqu'une servante ;et il àlftiit de pied dans » h^. Haye : homme infatigable dans le travail, plein d'or- »:dre^ de sagesse, d'iàdustrié dans lesaffaires; aussi grand » politique qu'excellent citoyen ». Temple, qu'une-oonformit^decaractère et deprin^ipe^ avait attaché à Dewitt, parvint à l'engigiger à fompreson alliance avec la France, eA lés ;états dirigés par rinffûém^ des deus frère^. Jean, et Corneille Devritt, résolurent non seulei^e^nt de fortifier les frontières du pays jamais encore de meiere une armée en campagne. On délibéra à qui l'on en déférerai t;}e commandement: et tous les yeux étaient fixés sur le prince d'Orange.

.Cependant une considération particulière s'y opposait. On voulait bien lui confier le contmandement; mais W défiance républicaine s'inquiétait et s'alarmait de voir Tan torUé eivile-, qui était exercée par le stadkouder, réunie à ^autorité militaire. Tous ses prédécesseursavaientcumulé cette double charge depuis Guillaume I^^*, qui velu en iSjg, avait en même temps été revêtu des titres decapttaine et amiral-général. Maurice et Frédéric^Henri, seif fils, Guillaumell, fils de ce dernier, les avaient successivement possédés.

Dans la situation où se trouvait la république, les frères Dewitt communiquèrent leurs alarmes et leurs craintes aux membres les plus influensdela républiquesur les vues ambitieuses qu'ils croyaient remarquer dans la conduite du prince Guillaume ; et pour en prévenir les suites, ils

HUITIÈUB tfPOQOC • : • Si

ptoposèrenl auic états de HoUande deaéparar le grade de capitaine -général des fonctions de 8tadb0iider.lljcs étirta y acquiescèrent, et pobliirtent le&Biett« fditperjpëlael du 5 août 1 667 , qui supprime ja chargede sladhouderde 9ol* lande. Cet édit fut revêtu de la signature: d« todsier citoyens chargés de> Ibnctions ^fiubliques^vt^ krpMiee d*Orïinge lui-mémefut obligé d'enjurer Tc^iservatiMi.

Temple et Dewilt, qui-marobaient aumémekutrpar les mêmes YOÎes« sHimir^nt tfvec le .^oipte de Dbcnia, ambassadeur d« Suède^ pour arrêter les-^^f ès dé k Frim<e. Ces troîs min isfa*es négocièrent et conclurent «a cinq jiMM*s ce fameux traité de la triple 4ittêance^' en Ja^fMVkit$6Sli, par lequel les trois puissances cotttinvmt qu'on pvopo* serait au roi de France de faire k patsv ^ 'Condition q«e le roi d'Espagne lui céderait les places dont 'ils*élait emparé pendant Ja deirnièrecampagney ou qu'il donnerait pour équiv aient le Luxembourg ou la Fratfcbe-Comté, le Gambresis, Doaai, Aire, Saint-Onder , Bergues'Saiiit- Wmox, Fur nés, Liiick, avec leurs bailliages^ cbâtellenies et dépendances; que les alliés obligeraient l'Espagne d*aecepter ces conditions, et ^e l'empereur et toutes les puis sauces voisines seraient invités à être garans de la prochaine paix,et à se réunir pour arrêter lesentreprisesde celui qui voudrait lenfreindre.

Les trois alliés eonvinrentfermement, dans des articles

séparés , « qu'on ferait la guerr e à la France , par terre et

1» par mer, au cas qu elle refusât d'accepter ces conditions,

» ou que le roi très chrétien voulut continuera porter' ses

» armes dans ks Pays-Bas^ comme aussi au cas que, par

» d'autres subterfuges ou artifices ( c'étaient bien les mots

$2 HISTOIRE OÉflilALE Dfi LA BELGIQUE.

• » propres }, il s'efforçât d'empàcbec ou d'éluder la conclu - » isién delà paix.! ti.

' iGetoraité indisposa également TEèpagne et la France , &)^ien;effet les alliés avaieat Tair de faire la loi. Le dievalier Temple^ ay<K: quelques députés hollandais, xeviftl; aussitôt a{»:*èa. la sjignature du traité^ à BruseUes, pour engager 1q liuarquis de Castel-Rodrigo ^ autoribé :plQaaQQttr4co6idure la paÎK ouà ccmtimier la guerre, à «oeepter pour l'fispagne les^tondiiioos du traité. Le marquis y souscrivit) mais il devait se décider, promplement SQ9 Taltemative de céder à la France les conquêtes de la démisse oampagi^* ou d'itooorder l'équivalent proposé.. Jl pvéféra, df^tbandonner les conquêtes» Cependant ce parti paraissait d'àiM^nt plus désavantageux à TEspagne, (|ue; par cette cession, les Irontières de la France étaient .portées au centre des états de T Autriche, Mais c'était par un raffinen].çnt de politique très-jprévoyante, que le minis* tre espagnol s'éUi»t déterminé à cettç résolution. Ilaisraît préféré certainemientque la Hollande et l* Angle terre eu^ sent pris les armes pour arrêter, les leonquâtes des ,Fran* çw, plutôt quedetOQUclure un traité qui les leur assurait. Mais, oommeil net voyait guère la possibilité de les amènera ce premier !parti, il voulut entretenir c^t ménager, pour la suite, au profit de FEspagne, ^*il est permis do parler ainsi, la jalouse des Hollandais qui avaient conçu les jplus violentes alarmer dc> progrès d^ la France. Il pensa donc qu'il était plus utile d'abandonner les places qui approchaient les frontières de la France de celles de la •Hollande, i qui. ce dangereui^ voisinage çau^sait de Tinquiétude , que de céder des possessions séparées, par un

HUmiBIE ÉPOQUB. 3B

yasle intervalle , des Hollandais , que cet âoîgaemént nssorerait contre les entreprises de k France. '

Cette politique adroite servit donc de base i 'la paix, qoe Louis XIV proposa lui*méme , pour détourner Torage qui s'élevait de tous les cdiés de rEurope contre la France ; et la ville d'Aix4a-»CliapeUe fot désignée pour y tenir le congrès. Les mimstres qui y furent envoyés , n'étaient , comme dit l'auteur du siècle de Louis XIV , que des fantômes de plénipotentiaires , comme le nonce du pape , que les parties contractantes avaient choisi pour médiateur , n'était qu'un fantôme d'arbitre. Tous les articles étaient en eflêt réglés , arrêtés et rédigés à Saint-Germain , par l'entremise de Van Benning, ambassadeur des HoHandais , .pour être envoyés à Aix-la-Chapelle aux plénipotentiaires assemblés, qui les signaient avec appareil. « Qui » «ût dit ^ a)oute cet écrivain, qui eût dit , trente ans au- « paravant , qu'un bourgeois de Hollande obligerait la » France et l'Espagne k recevoir sa médiation ? Ce Yan « Beuning avait la vivacité d'un Français et la fierté d'un 1» Espagnol : il se plaisait à choquer , dans toutes les oc- » casions , la hauteur impérieuse du roi , et opposait une » inflexibilité républicaine au ton de supériorité que les » iijinistres de France commençaient à prendre. »

La paix fut enfinconcluele 2 mai de cette année 1668. La France, par ce traité , conserva ses conquêtes, savoir : Gharleroi , Binche , Ath , Douai , Tournai , Audenarde, Lille, Armentîères, Courtrai, Berg et Fumes ; mais elle rendit la Franche-Comté. C'est une chose assez remarqua* hle que ce traité ne fait aucune mention des causes de la guerre ni des prétentions delà reînc de France.

Tll.

34 HI8T01RB GllNÉKALE BA LA B£LGIQtXE.

Les Hollandais , fiers de la prépondëranceqa'ils a^aieiA exercée dans cette grande pége^^iaiion , do»t ilt s'attrihuaient toute la gloire, firent cette même année frapper une médaille dAns laqueUeils ae donnaiei^t les titres fastueux de protecteurs. des his , de refirmatewts delare^' ligioB , d^ appuis , de défenseurs , d^arbitres des rois , de vengeurs de la libère deA me^s et de paei/tcateuts de tEu^pe (a).

Louis XIV , cgA «L pe«dftiit tout teooot» de ton vègne, avait Qonstaiiunent si^iyi le projet deréuttir les belles provinces de$Paysr-Basà ses états^ isiaginait toujours denouveaux prétexte» pow* appu>y^r et réaliser ce projet de son ambition. La présompti^on qu avait inspirée aux HoUan* dais cette paix d*ÂiiE-la-Cfaapelle, dont ils avaient , pour ainsi dire , dicté les coiiditijQins dans le< traité de la triple alliance, avait irrité hk fierté du niooarque français. II tâchait donc, parsesnégociartions secrètes, de rompv»oette alliance, qui opposait un obstacle à ses vues. Déjà la duchesse d'Orléans était parvenue à détacher son frère Charles II , roi d'Angleterre , de la triple aUsance , et à F^ssocier aux vues et n^ux mesures de la France , pour anéantir ou, du moins pour humilier les Hollandais. La Suède, sentanjt que, par la défection de l'Angleterre , elle serait

(a) AtBtrtis hgibut^ emendatis sacris ,

Adjutiê^ d^Jhnsis, eonciliatiê r^gibuÊ^

yindicata marium libertate,

Pace egregia virtute armorum parta^

Stahilita orhi's turop'œi quiett NumUma hoc êenaius/bsdêrati Bêigii

Cudiftùi C19 13 eixvffi.

Ivop fiable pMur mister a la France a^ec ses Sor^t^fnp'. pny ëi& seslemefit Âe celléf «blailoUaiidiQ , AetiL?â» pMÀ • r eno neer k mue alUanœ qui aé poorrKife que lui dfftfuipr <më9eD«e.et fimette*

Toutes les piiissanoes de FEnropt , que W Ukigage Of * ^ HmUeâxdés ad^Musadeots et dn gaseiieni WUaiidàis. amenttmtëes , pavtagealenil'îadignalÎQii-et apfk«$for saiaiit auK desseins de Louîfs XIV ^duiil toutefois ^Ues.ae^ prëfoysBentttileliiit-Bilessiiocèsialtârîeim»'! -

• LooisXIV, apFàsaTetrprîs.|Q»tes las mesoi es ^re)«fil iprë|MUKretàfiuBiUleBriexëoiitioades6D fifLnft»\tà4m^ les Provinces-Unies par le Ahisiet la Meuse^ aYK>iine an» aaée deplnsde ecnt miUehommes. Getla eampagsul ^céi. lèbre par le Euaevx passagt àvt Blhin , effisctné ht 3% \mn : i6jra y et ckanté par Boileau ^ mifc au pen^mT'd» rmlcë pravinces de Gneldre , d'Utoeebt et d^OvertYssd ^ plu* de 'quarante villes fortiSées» et Amsterdam mettaoéUravir: : bfaôt dans ses mars. Les étstsfgdneraiix demandent: ja paMi : et implorent la démenée, du. yainqneur» On kne faitndfé: réponses ii^snltantes , pn leur preaartt desééndUions'îalOff. lérables*^ Le désespoir sueoède k latMiedr et» inspire wle^' sorte de forenr aux républicaine. LedangerimfnineAtdea;' HoUandaîs les engagea à p^endte le parti quW prenait i; Rome dans les grands dangers. Las Romains nomyiepi: * undictatear: les Hollandais décl.'^rèrmt Je prîiiced'<3touige stadhouder; grand éloge delà nuDDansUel dif 'fe.ptçstTr' dent Hénault. Cette charge avait été supprimée, en 1667, comme ohPa vuparrédit perpétuel qu^àvaientfaitrenclre les deux frères Dewîtt. Le crédit du nouveau stf^dlipuçl^r* fils de Guillaume II, fut fatal aux braves Dewiit, doAtce^

36 HISTOmS GÉNÉRALE DE LA BELGIQUt.

pendant ce jeune prince craignait Tinfluencèfit Vénetgiey,^ On accusa Corneille d'ieivôir conspire contre ses )(mr8. L'a^ cusateur apostë était un chëtif barbier , nommé Tiche«»' laer fa), qui déclara qu'il avait été chargé d'exécuter' cet à^ satinât. L'infortunéCorneilIefut appHquéàla qùestionsil récita dans les tourmens lés premières strophes de Tode d*Horace , Jixstum et /eM<?<>n y qui faisait allûsion'à son caractère et ai sa situation. Les preuves manquèrent, etlét juges ne purent lé condamner qu'an bànnissemést. Lear* affid^ du stadhonder >en|[agèrent insidieusement Jean Dewitt à venir prendre son frère dans la. prison. Le crime ' était résolu y et les mesures concertées pour le consom- ' mer. La faction attachée au stadhonder inainua au peuple (c^ëst , comme oh sait, le stratagème ordinaire ) queléà' Dewitt étiaient les auteurs des calamités ^e la république; et ces deux vertueux citoyens, des deux vrais républicains, furent massacrés lé 12 aoât 1672 dans une émeute popu* lairej suscitée à cet effet, à la tête de laquelle était lin orfèvre, nommée Yerhoef (i). Le jeune stadhonder, Guillaume Iir; ijui à un génie actif et perçant joignait une valeur réfléchie et une fermeté imperturbable , oflrittous ses biens et: tous ses revenus , pour subvenir dans ce pressant danger au besoin de la patrie , et il sut intéresser TEarofueau sort de la HoHamle, 'Le comte* de Mbnterey, gouverneur- général desPay»-

Bas, ft^t lé premier qui, sans Taveu du conseil d'Espagne;

(a), Ce mî^^l^Je fut réduit dans sa vieilleue à mendier tojf pain dans les rues de La lifaye, marchant sur des béquilles.

(h) Ce Verhoef fut condamné en 1677 h être fnsligé à Leyde pour plusieurs brimes.

mimÈMB ÉPOQUB. 37

. €St Ia générotité de<ecourir les HollancUis*. il leur en* TOfâ un corps de dix mille liomines , et ce pnîtsanl ve atort pnhriat leor mine absolue.

Cependant Louis XIV continuait 1^ conquêtes. Il commença la campagne dès les premiers, jours du prin-> temps « parce qu*il voulait prendre a propos toutes ses me* iures et £iire à temps toutes ses dispositions pour exécu* ter son grand projet, qui ëtait le siège de Itfaestricht, parce que cette importante place lui ouvraitla communication avec ses conquêtes de Hollande. D s^approcba donc de Bruxelles, comme s*il eât voulu en faire le siëge, et il parvint, en jetant ainsi les Elspagnols dans l'inquiétude et Tincertitude à réussir dans son dessein; car le çojpte de Monte* rey, trompé parla marche du roi, rappela les troupes qu'il avait envoyées à Maestricht , pour les jeter dans Bruxelles; c était le but du roi. Maestricht fut donc investi: cette place était défendue par une garnison de six mille hommes d*inianterie et de douze cents de cavalerie, commandés par un excellent ofBcier, le vicomte de Mande ; mais qu'edt-il pu faire contre le génie de Vauban? Cet il->^ lustre ingénieur employa dans cette occasion une invention nouvelle ( c'est l'usage des parallèles) , au moyen de laquelle la mousqueterie des assiégeaos, étant plus rapprochée et plus rassemblée , avait l'avantage d'accabler pluspromptemeut et plua sûrement les assiégés dans leurs sorties , qui en effet leur furent très-funestes. La ville fut forcée de se rendre le 2g juin. Ce siège, qui ne dura que treize jour& , est cependant mémorable j)ar la valeur qfïy déployèrent également les assiégeans et les assiégés.

Xte» prQgvèseflrayans de la France avaient j[etéralarm«^ '

cilla vel y de diviser les alliés , en eogageà&tles HoDaiidfti*' à conclure uue paix particulière.

Cependant le prince d'Orange faisait le aiëge de Maes* trlclit , qu'il fut oUigé de lever le 27 août , après un nombre infini d'actions, dans lesquelles, pendant quarante jours , les assiégeans et les assiégés déployèrent une égale valeur»

Louis Xiy , pour accélérer la paix qu'il désirait sin» cèrement y pensa que le moyen d'y forcer ses ennemis, était de les étonner parla rapidité de ses succès. Il n'attendit donc pas le temps ordinaire d'ouvrir la^ campagne. U partit de Saint-Germain, le 28 février ^ et Valenciennes, déjà investi par le maréchal de Luxembourg , fîit atta^ que le 10 mars , et se rendit le 17 ; Cambrai , assiégé le 28 mars, fut pris le ^5 «avril, et la citadelle le 17* Monsieur , frère du roi , pressait le siège de Saint- Orner , et le prince d'Orange , qui était venu au secours '; de cette place avec une armée de trente mille hommes , tant Espagnols que Hollandais ,. fut complètement baîttu à Cassel. Les Français lui firent deux mille prisonniers , 'Ct lui prirent soixante drapeaux et treize canons , aveo tous ses bagages.

Le roi , qui n'avait employé que de la célérité dans la dernière campagne, employa dans celle de cette année le stratagème et la ruse. Dès le mois de février, après avoir fait investir Charlemont, Namur et Luxembourg, comme si son intention avait été de porter «es coups de ce c6té-li, il se transporta dans la Lorraine , d'où il repassa tout* il -coup dans la Flandre , où on ne l'attendait pas ; Gand et Ypres se rendirent.

Cette effrayante rapidité de succès accéléra la grande

HUmSME ÉPOQUE. 4t

ttHyre de la paix. Les Hollandais la termipèrent par un traité particulier, conclu à Nimègue le lo août 1678. La France, fidèle au plan qu'elle s'était tracé, était enfin parvenue i détacher les Hollandais de l'alliance , en leur offrant une barrière solide pour la sûreté de leur pays et un traité avantageux pour la prospérité de leur conunerce. C'est tout ce qu ils voulaient. Telle est la singulière vicissitude des allures pc^itiques : les Hollandais, qui avaient été l'unique objet de cette guerre , récupérèrent toutes leurs po65essions,et les puissances alliées, TEs* pagne surtout , durent faire les sacrifices les plus considérables. La France leur rendit même l'importante place de Maestricht, pour leur servir comme de barrière con* tre les entreprises de leurs ennemis.

L'Espagne , ainsi abandonnée de ses alliés , dut souscrire aux conditions humiliantes que la France lui imposa dans le traité conclu également à Nimègue, le 17 septembre. La France restitua à l'Espagne (a) Charleroi , Binche , Âth , Audenarde et Courtrai , avec leurs prévôtés^ châtellenies et dépendances, qui avaient été cédées à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle de 1668 ; elle restitua également (b) le duché de Limhourg, le pays d*Outre-Meuse , la ville et la citadelle de Gand , le fort de Rodenhnys , le pays de Waes , les places de Léau et de Saint-Ghislain , dont les fortifications seraient rasées. Elle retint la Franche-Comté , qui lui resta irrévo* cablement réunie (c). Elle conserva également le C am-

{a)ArU 4.

(b) An. 5,6,7,8.

(c) Art. Il, j a.

Après la mort de Charlei-]e-Téméraire, dernier dnc de Baargogne ,

4a HISTOIRE Û^ÉRALE DE LA BELGIQUE.

bresîs et les villes de Yalenciennes, BotLchain, Cond#^ Aire, Saint-Otner et leurs dépendances ; celle d*Tpres el »achâtellenie,celles de Weryick, Warneton , Poperinghe» Bailleul, Gassel , Bavai , Maubeuge et leurs dépendances. A peine les plénipotentiaires français et hollandais, avaient-ils signé la paix, que le prince d'Orange vint at« taquer le maréchal de Luxembourg , qui s^attendait d*autant moins à cette injuste agression , qu*il venait dé re^ cevoir la nouvelle de la paix. Le traité fut signé le lo aoiit, et la bataille livrée le i4* Le maréchal , qui s'était fort tranquillement retiré au village de Sain^Denis , près de Mons , dînait chez l'intendant de l'armée. Le prince , qui savait certainement que la paix était signée , fond avec toutes ses troupes sur le quartier du maréchal, Tattaque et le force avec d'autant plus d'avantage , que les Français surpris , se reposant sur la foi dn traité , étaient peu préparés à la défense. Le combat cependant fut long et opiniâtre , le succès balancé , et le prince ne remporta pas un avantage aussi signalé qu'il l'avait espéré. Cette àc«^

Louis XI se saisait du duché de Bourgogne, sous prétexte que^ cette pro*

rince ajrant été donnée en apanage par le roi Jeank son fils Philippe-

le-^Hardi , retournait de plein droit à la FraïAse , faute d^hérftiers-

mâles , et ce duché fut ainsi réuni à la France. Biais la Franche-Comté

demeura à Marie de Bourgogne , fille et héritière de Charle8>le*Témé-'

raire , aux droits de sa trisaïeule, Marguerite, femme de Phiiippe-Ie-

Hardi , premier dac de la seconde maison de Bourgogne. Marguerite ,

fille de Marie, quifîitfianeéeà Charles VIII , roi de France , dirait

lui apporter pour dot la Franche-Comté; mais le mariage n^eut pas lieu,.

et la Franche-Comté revint à I4iilippe-Ie-Bel, frère de Marguerite) qui

la laissa à son fils Charles -Quint, dont la postérité Ta conservée {usqu*à

la paix de Nimègue, par laquelle elle fut cédée et irpéw>cablement

réunie a U France.

BOmiME ÉPOQUE. #3

tîon inutile coûta la y!e à autant dliommes i peu près d'un c6të que de lautre : le total est évalué à quatre mille. Lie prince d'Orangfe a^coiMtemniMitcoutenu, pour sa )us* tification , qu'il ignorait que la paix fût conclue ; mais pouTait^l ignorer ^ pouvait-il nier qu'il ne sût que , si éUê n'était pas signée , elle ^it du moins arrêtée ? Quel était donc le motif qui pouvait Pengager à livrer une bataille dans une semblable circonstance? GrourviUe , dans ses aaémoîres si iatéressans par leur naïveté , ri^porte qtt'ajaart fiiit cette question auprince d'Orange , il lui répondit que , ne doutant pas qne le maréclial ne siit comme lui que la paix allait être conclue , il avait pr&umé que ce général , ne s'attendant pas & être attaqué , serait aisément surpris et battu , et qnll voulait , par une victoire, qu'il croyait assurée , venger* en quelque sorte la gloixe des alliés, i laquelle les suc* ces du marécbal avaient porté de si vives atteintes pendant la campagne ; qu'enfin il n'avait pu se refuser cette dernière leçon de son métier. Mais a-t-il pu par ces raisons se laver du sang qu'on disait qu'il avait froidement versé par plaisir?

44 HISTOIRB GÉNâRAIiE^.DB IiA BELGIQUE.

' Chàubm de réunion établie à Metz* — Aftemblée de Coortraî.— Hos- , tilites entre la France et la Hojbinde. — Trèye. — Ligue contre la

Fra^ice. — Bataille de Fleuron. — • Siège de Mons; combat deLeazei;

siège de Namur ; bataille de Steenkerke. — Prise de Furqes ; de Hui.

— Bataille de Nerwinde. •— Prise de Charleroi. — Reddition de Dix-

mude. — - Bombardament de -Briuelles*— Prise de Namur. — Bombar- . dément de Givet. —, Prise d* Ath.. r- Paix de Riswyk*

Louis XIV , qui n'avait pu complètement remplir , par . la force des armes , le plan qi^e son ambition lui avait tracé , trouva dans les ressources fe'condesde son artificieuse politique , un moyen nouveau.de faire des conquêtes. Le pays d'Alost avait été occupé pendant la guerre par les Français. La restitution n en avait pas été nominativement . stipulée dans le traité de Nlmègue. Le ministère de Fran- ^ ce prétendit que le roi avait conséquemmentle droit d'en réclamer la possession , et il étendit ces prétentions à la cbâtellenie de Vienbourg et de Gand, aux villes, de Grammont , de Ninove et de Renaix , au pays de Beveren , etc. Le roi , pour réaliser ses prétendus droits , établit à Brisacb et à Metz des juridiction^ chargées de réunir à sa cou« ronne,tous les pays qu'elles croiraient avoir dépendu dans les temps antérieurs de l'Alsace , des évécbés de Metz , Toul et Verdun , et de^ villes des Pays-Bas cédées à la France. "L^ chambre des réunions àe Metz, investie de cette ridicule juridiction , prononça successivement la réunion à la couronne de France , du duché de Luxem*

IxNirg , àa comté de Chiny , du comté de Namar et d'one partie considérable du Brabant ; et le roi , snr le fondement de ces arrêts , envoya des corps nombreux de troupes françaises dans presque tontes les proTinces desPa js« Bas , ponr s'en emparer. Cette chambre de Metz exagéra teOementlesdroits du roi , qu'elle porta uneientenee , par laquelle elle cita le roi d' Espagne,oomme comte de Chiny^ à faire bommage de ce comté au roi de France , comme d'un fief mouvant de sa couronne.

Alexandre Famèse , duc de Parme , qui avait rempk* cèle duc de Villa-Hermosa dans le gouvernement des Pays* Biss , était trop faible "pour résister à ces entreprises violentes , qui étaient de( véritables usurpations, qu'on piëtendait justifier en les qualifiant de rainions.

Le marquis de Grana, qui remplaça le prince de Parme, n'avait pas plus de moyens que son prédécesSieut de ré-' primer ces injustices.

Les Hollandais , de leur côté , ne voulurent point se décider k prendre une part active dans cette aflàire : ils se ixintentèrent de demander une assemblée a CSourtrai , où les députés des deux rois tâcberaient de trouver les moyens de concilier leurs prétentions opposées. Cette as* seraUée , que les Hollandais obtinrent en effet , n'eut, pouv ainsi dire , point de résultat : elle ne s'attacba guère, qu'à discuter des titres que le roi de France ne voulait jAus reconnaître dans eekii d'Espagne. Les prétentions outrées qu'y formèrent les ministres français , furent cause qu'on ne prit aucune résolution ; car les dépendances qu'ils avaient déjà réclamées , montaient à j4ns de soixante , tant villes que bourgs , cbâteaux et villages considérables..

Cependant les Français navaient encore entrepris au* cane hostilité , sinon le blocus de Luxembourg , parce (ju'ils pvéteiKLatent que les limites du comté de Cbiny , s'étendaient juaqu'aux murailles de cette place.

Les Hollandais ne Toyaient certainement pas sans une secrète inquiétude les entreprises de: la France , qui > en, rompant la barrière » se frayait un chemin vers leurs provinces , qu'elle pouvrait envahir à sa volonté ; mais ib n'osaient y opposer une résistance ouverte , parcequ'Ha-cnâgnaient que le roi , qui peut*être ne eherchéit qu'un piétexte , ne trouvât dans cette résistance un motif apparent poar porter la guerre dans leurs états« Telles étaient avi moins les dispositions du parti le plus nombreux , qui » prévoyant tous les dangers d'une guerre que lu Hollande , dans ces circonstances , ne pourrait soutenir qu'avec des forces très* inégales , désiraitde terminer œtle affi^irepar la voie des négociations.

Cette politique timide n'était cependant pat celle Ju prince d'Orange , qui , méprisant les résolutions des âats «t bravant Topposition des villes , oivoya aux Espagnols lin secours de huit mille hommes , qui n'empêcha pas les fVançais de prendre Courtrai et Dixmude et de bombarder Luxembourg ^ qui se rendit au maréchal de Gréqui

le 4 juin i684*

Les Hollandais, d^nt ce succès atait augmenté la terreur 9 furent tellement intimidés des menaces cki oconle d'Âvaux, ambassadeur de France, qu'tk se détecaainÂrent à conclure avec Louis XIV une trêve , qui fui signée à La Haye le ag juin de cette année , et qui devait ducer vingt ans, pendant lesquels le roi de France resterait ea

-possession àe la ville de Luxembourg et de sa ^réifhié, de Beaumontj de Chimai et de leurs dépendances.

La trêve fut ^alemeut conclue le lo aoAt i Ratis* bonne pour vingt ans, entre laFranco et TIjpagBe, et fe le 169 entre la France et Vempire. Le pensiottnaire Fa* gel , dévoué au parti du prince d'Orange , s*y était oppo* se de tout son pouvoir.

"Ce prince, qui ne voyait avec raison dans ees traités quç des motifs propres à nourrir Vambitîoii de Louis XIV , faisait tous ses eflbrts pour renouer la ligne contre la France , et il parvint A 7 engager tous lesoonfé* dérës de la dernière guerre , dont les traités conehu avec la France n'avaient pas éteint les déSances. Déji fempe- Teur Léopold avait formé i Augsboui^ le 9 )uillet 1686 une ligue puissante pour la sûreté de lempire. Cette fiimense ligue , qui n'avait guère été que projetée , fut eon* due Tannée suivante. L'eniperetur , k roi d'Espagne , It' duc de Savoie,, l'électeur de Brandebourg , entrèrent dtona cette nouvelle confédération. Le duc de Nenbourg , mm*^ vel électeur-palatin , fut un de ceux qui 7 mirant le plna d'intérêt et d'activité , parce qu'il voyait que Louis XIV était disposé à faire valoir iCB jurétentions pour Madame, sa belle-sœur ^ sur la suecession de son frère , Charles , •électeur-palatin défunt.

La guerre fut donc rallumée. Louis XIV porta ses ar* mes en Allemagne, et le Palatinat fut livré i la plus horrible dévastation. LeshostiKiÀ s'étendirent dans lesPays^ Bas. Le prince de Waldeck , qui commandait les alliés , battit le maréchal d'Humières le 97 août 1689 à Wat court 9 dansla pvoivinoe de Namur . Mais les Français réparèrent cette d^aite par les saccès Tes plus éclatans. Le

nifiréchal de Luxembourg i^eaiporta une grandevictoîre le i^' juillet 1690 sur le prince de Waldeck, dans les plaines de Fleurus , où Tinfanterie hollandaise se signala par sa valeur. Les Français tuèreht aux allies six mille hommes , en prirent huit mille avec deux cents drapeaux , l'artillerie et les bagages. Le roi Guillaume (a), à qui son génie fournissait des ressources propres à tirer des avantages de ses défaites mêmes , vint opposer à Luxembourg vainqueur une arméedequatrervingt mille hommes envirQn. Il ne croyait pas que les troupes françaises fussent sorties i de leurs quartiers, et elles avaient investi Monsdësie 24 mars 1691. Louis XIV vint en diriger le siège ; le maréchal de Luxemboui*g commandait Varmée d'observation. Le siège fut tenrîble : le plus grand nombre des maisons fut renversé par les bombes ; et le prince de Berghes , qui défendait la place , fut obligé de se rendre le 9 avril. La garnison , composée de trois mille cinq cents soldats et de deux cent quatre-vingts officiers , en sortit le 10, et vint reniorcer l'armée du roi Guittaume , qui était campée à Halle (b),

l a] C'CBi le prince d'Orange , qai , après avoir détrôné et ebasse' Jacques II , dont il avait épousé la fille 9 e'tait parvenu à faire déclarer le trône vacant par les communes assemblées sous le nom de convention « qui lui déférèrent la couronne conjointement avec son épouse le 17 février 1669. Ils furent proclamés le 2^ suivant , et couronnés le 21 avril.

{b) Les bourgeois de Mons , au nombre de sept cents volontairement enrôlés , s'étaient réunis à la garnison. Toute la population était en armes. Suivant les rapports du chevalier Baurain , Histoire militaire de France^ les remparts furent battus de 67,673 boulets. On jeta dans la ville 5,75o bombes. En une seule nuit, on y envoyait i,eoo boa* iets rouges. Les Français consommèrent 597,800 livres de poudre.

I^e roi , «près oetle expëcUtîon , reprit k chemin àe Versailles , et la^marécliAl de Boofflers , pour punir les liabilatis.de Liëge , qui avaient reçu les alliés. , Viiit le 4 înin attaquer cette .?iUe , qui essuya uu terrible bombar* dément pendant cinq jours.

JLe maréchal de Luzemboux|[ disputa le terrain pen< dant toute-celte campagne , qui«fi«it par le combat de Leoze le i8 octobre 1691 , où Tarrière-gaide des alliés , composée de soixante et douae escadrons , £dt chargée par ▼ingt-huit escadrons de la maison du roi , au passage du ruisseau de la ûitoire. Le ehoc , qui fut rude et long , coûta aux deux parties huit i neuf cents hommes , tant tués que Uessés.

Les succès continuels des Français ne découxageaien t pas les alliést : ils croyaient , dit Bacine dans sa relation du siège de |Iamur , qu'enfin la France serait contrainte de succomber et à la force ouiierte qu'ils lui opposaient au dehors , let aux atteintes secrètes qn'iis lui posaient au dedans. La mâncipale espérance de leur ligue était fondëe. sur la haute opinion que tous ceux qui la composaient avaient du grand génie dtt prince d'Orange , qui en était comme le chef et le {wemier mobile ; et ce politique adrmt nemanquait pas de les flatter par toutes les iQusions dont il les croyait capables de se laisser prévenir : il leur aykit. &it espérer que le premier eflet de son étaUisiemenl sur letr6ne d'Angleterre serait l'abaissementde la France. La néoessilëouil s'était vu d'employer à laréduction de l'Ir» lande la meilleure partie de ses fcnrces 1 Tai^^it empêché de donner i la ligne tous les secours qu'il lui avait promis ; mais dès qu'il se vit paisible possesseur des trois royau- Tu. 4

H HISTOIRE GÉMÉRALB DE LA BELGXQrnE.

mes, il â*empl'e99a de donner tous ses soins iift causi»<fottimuné, et il ttvàfttnarquërannée 169a , comme TannéiB lalalei la France , comoie léi&rMi oft lêsrëyolutibiM',lii lonç*> temps {>i*é|)larëes j si long- temps annoncées <, si lon^«tenipi attendues , devaient être cettsomttiéès. I^ri {oindi^ F€xi{c«tion aux pwmesscB , il empto^aik auk g«wl$ appiréts de la campagne prochaine , les «omnMs énoessives qn*fl tiraitdes Anglais et des^HoU^ndaM.

Louis XiVjugen qu'il fallait les rftannér eli ks d^cov* eerter par un coup ëclatent ^ et il ne crut pas deVéir ise bomêr à vme conquête mëdiocré. Nanàiii^ iiMt kt place dont la prise poijivait }e plus contribuer à les- affiùblii^ «4 à rehausser la réputation de ses armes , il résolut d^epi fbru mer le sii^« Gïtie place invportante par sa situation au CénflttMt de laSambve et dé k Meuse , qm la wndmaCtivase des deu-x riyièrta , étadt également bien |>lBeée.9 et p^anr arrêter les èntreprisëBiqae la Finance pourerbit fim Mntm 'k Br^bant , la HoSande et le pays dé Li^e ^ et pOMr itiifetlit^ .celles qu'on poorratt faire contre b Fnaéice^

I^e-ro» apr^s avoir examiné toutes les difficnkésriqutée )^SQùtà'^ilt dans celite^iiëreprisa » donna «èawdvéstâait pCfcfriA'dMir de grand» magas^ni de Vivrerf elide m^vrii» fions ââns les pbces frontièves^ que pptnr placer de grailds corpe de troupes dans les prè^înbès voisines ,.afin dV>faser'- ^er •cdlee des ennemis qui y grossissaient tba») lès jùns. 11 arriva' an commenceitQentdemai, suivide tonte sa 'ceur , auprès de Mons, qui était* le rende&'tiBBS de ces «rm^es de Flandre : il employa cinq jours A râssemUcr ees armées dans ks"|blaines'de Givry', eattse U HôÎDe et la Trouille , ei il en fit la reviie générale le 01 Éiai : il

HUITIÈME ÉrOQUB. . Tm

^pê^ùg^ «on Bjtmie em deux corps; l'un « oocnpMrf d0^«nuile baUîUonie^ld^ qttiyU;ieriiiiigt<*dis eBcsubona^ ëtak 4esti^é ^ f^m k tfiégj9:â^ fiaimir , ckot.il pvk le oonmai»* 4^meiat , l;9^4i« çi«^ l'ant?e , oompoei de «obante^aùi ba^ 4iUUoag et de àw% oeat neuf . escadrons , dtmt tenir 1^ c^ff^goi^ eiAbfervev ka enueiBLtf $ il ea > doMaa. le eônvmapdement im.|iiar4p)Md de Li»ieinbooi|;* Lemanpuade Ahi^x» fut chargé de. eoBiiQcàikdev nBea«lr«a«iiirie4{ne , 4Ail#QçttiQm(>^là «eue , U. rasBêmUail dana le Gondroa , ^lYi^vhaii était cllargif^ de la . direction dea atta^pui. Le haoÊom, de Busce ^a^nMAaadait la xMimti an droi, M leioorif ée réserve ^tait c^mijffmtàé |»ar k dm», de Gbavlres^: .

Lesd^yix oorps deUg'^^e«i^na^ partîtent Je^maû G^lm duniartfoliaUeampële long d&jrriiaBeaa dea£ttiiie|i, alla passer la Haine, entre Morlanwea fit Moucage^ dt mÎDÉ cWiper le spir. & FeUi^y et à Ârqttenne,près deKbdilpaf ce- Imà^ t^i ol)9erva kt flaines detBincke» et, ajantpaisëla H^îiaue A Curoiènes^.il.yint camfer à la chapelle d'ibrlai*, ment, le long dm ruîaseau de Pietc^tf .Le roijnena unepas» tie ^son artillerie' et .de set^mnoutiansy etraiitrepastuev acq6i9pagnée d'une groœe eaooaCe; idlfi passer la Saimâtr^ 4 la Busiièffe, pour maneher par Fhilîf porille sur Mamwv.

Le 2i4» le iMireobal alla camper enive l'abbaye de ViV lera et le filage deMarbais, etleroi^ dana lapUiitede Saint- Amadd, entre LIgny et Fleuifi».

Le roi, pendant cette nuit même , prit des dispositions ai piyM0^tpw>e»t et ai sagement combinëes^qneNanpir fut, par lenr jnstesee , an mAme moment»» înTeati de taas les i^tës. *

Le a5, Tarmëe du marëcbalde Lozembourg.'vîntcaBi-

Sa HISTOIRE GâNÉRÂLE DE LA BELGIQUE.

per sur le ruisseau d*Ornau dans la plaine de GembIoux,et celle du roi, aupr&s de Mielmont et de Golzinne, au-deli duMazy, doù il envoya ordre au marëchal de dëlacher le comte de Montai, avec quatre mille chevaux , pour aller se poster à Jennevaux et à Longchamp, près des sources de la Mehaigne,etlecomtedeGoigny, également avec quatre mille chevaux , pour aller se poster à Chfttelet.

Le a6, le roi arriva vers six heures du matin devant Na-> mur. Il reconnut les environs de la place depuis la Sambre jusqu'au ruisseau de Yedrin, et choisit son quartier près du village de Flawinne au-dessus de Tabbaye deSal* zinne^il ordonna au comte d'Auvergne de s'emparer de cette abbaye et des moulins voisins, et au marquis d'Âlè* gre, dese saisir du passage de Gelbressée, poste important •ur le chemin de Hui.

Cependant l'alarme s^ëtait répandue dans Tarmëe des allies: ils craignirent pour Charlerol, pour Ath, pour Liëge,pour Bruxelles même. Quant à Namur , l'ëlecteut de Bavière se confiait tellement et à la bontë de la place et à laforce de la garnison, qu'il désirait même que le roi con* çût ridée de l'assiéger. L'armée des aUiés,réunie aux environs de Bruxelles, était déjà , au moyen des renforts qu'elle recevait tous les jours, forte de près de cent mille hommes, dontleprincipal commandement et la direction prèsqu*absolue étaient entre les mains du prince d'Orange ; car l'électeur de Bavière n'y avait qu'une autorité en quelque sorte subalterne. Mais le roi était si exactement informé, d'heure en heure, et de la marche et du nombre des alliés, qu'il avait déjà pris toutes les mesures pour les recevoir avec avantage.

Dès le îoar de son arrivée devant la place, il avait fait tracer des lignes de circonvallations de cinq lieues de cir-cnit. Le 27 et le a8, il visita les diffërens quartiers qn*occnpaientles généraux, et il ordonna qu'on élev&tdes batteries sur une petite hauteur, d'où l'on découvrait les outrages de la pcMrte Saint-Nicolas.

^.'approche des armées avait engagé des dames de la province à se réfugier à Namur ; mais les préparatifs effrayans du siège leur inspirèrent une peur si vive , qu'elles firent, avec plusieurs dames de la yille, demander pr un trompette la permission d'en sortir. Cette grftce leur ayant été refusée, elles n'écoutèrent que leur frayeur, et prirentle parti de sortir de la ville à pied par la porte du €liâteau,suiviesseulément d'un petit nombre de leurs femmes , qui portaient leurs effets et leurs enfans. Les soldats de la garde les conduisirent à un petit château appelé la Blandie Maison, où était le roi, qui, les ayant favorablement accueillies et traitées généreusement, les fit conduire le lendemain A l'abbaye de Malonne,et le jour suivant k Philippeville.

Les assises avaient encore un petit corps d'infanterie dans lesboisquidomineot les papeteries de Saint-Servais; maisleroiren fit chasser, et il vint se renfermer précipitamment dans la ville.

La garnison était de neuf milledeuz cent quatre-vingta hommes en dix*sept r^imens d'infanlerie,cinqallemandsY einq hollandais, trois espagnols, quatre wallons, et un de cavalerie ayecquelques compagnies franches. Le prince deBarbançon, gouverneur de la province, de la ville et du château, commandait cette nombreuse garnison ; et la

54 HfSTOIBË GÉNÉRAtE JDE LA BELGIQUE,

pf^ice^ jégAlemeat^ian fortifiée et par l'art et|iar lâU»tv^fV fêtait {^Owryue de toutes les 'choses nécessaires fNItrr^ soutenir ua long siège.

\ La ttattcb^eiut ouverte (Sans la .nuit du !^ au 3a mi, et les oixyrageS'fiatHeut oontîiui^s pef^ant les jours suiTanB;. Le 2 juin, BoufHers attaqua le faubDUrg fde ïambes .«t remporta. L'artillerie ae oessa. pendant le 3 et le4i^QÎu de battre eubrécbe la face et labrMcbe du deini*bastioii'q«i régnait le lo^g delà Meuse, et J fit enûé une ot]irertiir& considérable. Le5> les aSsii^és battirisnt la chamade^ et etleiroi, après afoir i^ejeté les praposijbions qui lui d)^lii* rent, leur accorda^entr 'autres, que lessoldats de la garai*son entreraient dans le ohft teaii atec leurs CamiUes lét leuTSn effets^ ^tt'il y aurait à oet efi*et uaie trè^e de deux \onmu, et que , pendant le reste du siège, <<m ne tîferait ni de Ivt^ TÎilesuT le château, ni un cliâteausur la ville, avec liber* té aux deux partis de rompre Ce dernier artitle, lorsqu ib le trouveraieiit oouvenable, après avoir pffévettu néan-' moins qu'ils n étaient plus d'intention de l'observter»

Le régiment des gardes prit à Pinslavt pofisesBÎolL ide la porte Saitit-Nicolaâ. Ainsi , la fameuse ville de Namur,^ défendue par neuf n^Hl^ hornsoves , fut , en six )oun d'ia*« taque , rendue à tjrois ou quatre bataîllotis de transbëe , ou , pour mieux dire , à un seul batà£lloa , puîscpt '.il n'y en eut jamais plus d un à la tranchée le long de ki Meuie , qui fut celle par où h. place fut emportée*

Tels sont les détails que donne de oe siège mëaMhraU» rillu«tre Raoitie „ lémoÀn oculaire , dbas .une rdalSon -qui de valilt entreap dans le corps de Thialoire de Loiûi XIY* qu'il était chargé de rédiger atecfloileuH.

HirmÈME JtPOQUK. Si

Le «|ëgt du : .6}i^|cai|i iH9P^m8«i l^ y ilUP* Le prifioe* drOrange avec rélecteur de Bavière , gouveraemr-giii^éiril des P#}3-fti5 , à la tête d'une arméç 4^ qtiatte - vingt mille W^meS} fit de vains ^flQris poor sioeeutir ieelte cilfldeUe ^. pa^^ce 4||b9 |p i^aMm^lkal de Lujtembourg sut profit^ si habUe^nt de }a situation du pays » qu'il leur iempéc][)a sur t^us les points le piisasge de: U.Mehaigae. Le gpuverneui: , voyan-t donc qu'il ne p4u!vai| compter fiiiir les p^on^sses de'Seeouiw qi^e le prince d'Orange Ivà apnon^ait depuis un nioi^,pritle parti de ospîtuler. Sa gapMli9^ 4'A.Uleu$s » ii^tiwHUe tant par lé feu continuel des bofubes^ et (^ .^avo» ,' que par U. valeur infaiigidblc des assiegeans , n'était jplus capalJe de soutctaîv w plus* 1(^. siège. Il ne songea donc plus qu'à obtenir une composition honorable , que le roi lui accorda avec plaisir» Le dil^teau Ait rendu le 3o )uîn , et i dès ce jour, une des portes ,f^t livrée à sesjlraupes. La .gni^nison en sortit le 1^' juillet par la brècbe : elle .^tait d'environ ideux mflle cinq cents hommes, qui^ joints à seise cents qu'on fil sortir jpar i\fi Fort-Neuf çfa Fort-Guillaume , ainsi ap* pelé^di:^ nom du prince d'Orang!^ « qui l'avait lait consi» tvuire , fbru^aient le j^este des neuf .mille deux cent quatre-vingts hommes qui se trouvaient dans la place an commencement du siège*

f3e f^t, Qjtvi^ve: le président Hénaplt, un beau ^eetacle ^e voir^à.5)e 4J^ge Y^uh^u ^ssî^r \s FtM-Chhom ^ défendu par Qohorn lt|ji-)|iéiue » qui y fut blessé.

Cette imppr tante, conquête réveilU Ja venue de Boilean , 5{ui,)S!exer(ant daus.pn|[enre pourlequel il jo'était point £fùt^ céléhru çet^vf$iicp)4i4piLrfimetm^iiTaiseode» dne

56 HISTOIRE GÉNÉRAtB DE LA BELOIQUE.

laquelle on ne reconnaît guère le chantre du passage du Rhin.

Le roi, dit Racine , employa les deux jours qui sut* virent la reddition du château , à donner tous les ordres nëcessairies pour la sâretë d'une si importante conquête : il en visita tous les ouvrages , et en ordonna les réparations : il alla trouver à Floreife , le maréchal deLuxem-» bourg, qu'il laissa avec une puissante armée dans left Pays-Bas : il détacha différens corps , pour assurer les frontières de la Flandre et du Luxembourg , et partit dé son camp le 3 juillet pour retourner à petites journées à Versailles ^ d autant plus satisfait de sa conquête , que cette grande expédition était uniquement son ouvrage.'

L'électeur de Bavière, dont le gouvernement avait commenœ sous de si malheureuse auspices, s'était décidé à chercher tous les moyens de réparer cet afiront par une action dont le succès pilt effacer la honte de sa défaite, et il eut recours à la ruse^ Lfî maréchal avait un espion auprès du roi Guillaume : on le découvrit et on le força d*éorire un faux avis au général français. L'ennemi , proBtant de la funeste sécurité où cet avis avait mis le maréchal, vint attaquer, le 3 août à la pointe du jour , son armée endormie , à Steenkerke , village i deux lieues de Halle. Luxembourg ne sut que l'armée ennemie approchait ^ qu'en apprenant qu'une brigade ( celle de Bourbonnais) venait d'être attaquée : il était malade ; mais l'indignation , plus encore que le danger, lui rendit toute sou énergie et toute son activité : il parvint , en moins de deux heures ,*à réparer le désordre. Le combat dura pendant tout le jour avec un si terrible

tfUlTIÈHE ÉPOQUE. ' 5?

f acluiniement , que les combattans * criaient hantement ({u'ils ne -voulaient ni donner ni recevoir quartier. Tpus les princes finançais qui servaient dans cette armée , It duc de Chartres , le dnc de Bourbon, le prince de Couti, le duc de Vendôme , le duc de Ghoiseul , combattant autour de leur général , à la- tête de la maison du roi , décidèrent du sort de la bataille , en chassant un «orps d'Anglais qui gardait un poste dont dépendait le succès de <xtte grapde journée. Le marquis de Boufflers , qui accourut dans ce moment avec un corps de dragons , acheva la -victoire. Les alliés y perdirent environ sept mille hommes.

La victoire , dit Tauteur du siide de Louis XIV, due i ht valeur de tous ces )eunes princes , fit i 1» cour , A Paris et dans les provinces , plus d'effet que de tontes les victoires des campagnes précédentes. Les vainqueurs trouvaient , en s'en retournant , les chemins bordés de spectateurs. Les acclamations et la joie approchaient de la démence. Toutes les femmes s'empressaient d'attirer leurs regards. Les hommes portaient alors des cravates de dentelles , qu'on arrangeait avec assez de peine et de temps- Les princes » qui s'étaient habillés avec précipitation pour le combat , avaient passé ces cravates autour du cou : les femmes portèrent des omemens sur ce modèle ; on les appela des êteehkerkes. Toutes les bijouteries nouvdles étaient i la stemikerhe. Un jeune homme qui sTétait trouvé à cette bataille était regardé avec empressement et avidité. Le peuple s'attroopait partout autour des princes : ou les ai mait'd autant plus , que leur faveur i la cour était encore au-dessoas de leur gloire.

59 HISTOIRE G]illÉRAl4E JXS ÏÂ fgLOîQVE:

, lfi9^iéB étaient eiUm dans Furne^ abapd(>iiiië^^|fMr l^ Français. 3opi|k3:s Jar prit le 6 )apviet. lâg^^ et YiU If roi emporta Hu^^le.^ juillet $uivwt. Cette yitte fi^i pire$q;¥*entièreinexit brûlée , poiQr p«iiiir le» habitant , qui ava^çfit pri$ les aroaes et soutena lagaruiaon. Les Fraaf ç^is détruisinsnt le beau pont de pierres qsiE avait été

. Le. maréchal de; Luiâembourg » de àau côté , ayâoA aU ta^éf le 9Qi ihn$lA v^te plaine qni iest entre Landen^ et JNerwinde , à deux lieues de TirlemontyftTeo une an* mée de qu«treovia|;t onille bonunea-» celle des allies , qwi n'était que de quarante mille , commandée pari le. roi d* Angleterre et Meclèur de Bavière , ny gaigna. que le cban^p de bataôUe, (a) ; c'est tout oe qu'il cherchait; car il )ie voulait ^ue faciliter la prise de Ghai^lenoi, jquâ lut le fruit de ce iMiceès. La place fut emportée le 1 1 octobre par le maréi^«i de: Y iUeroi ^ secondé par Vanban , qui dirige^uit les attatpnes, et par Luxemboni^, qui courràrit le siège. Cette expédition coûta soixante^ix mille bott)> lets et seize cents bombes. Le gouverneur die oeCteplaœ^ nommsé CastiUo , espagnol , s obstina à défendre cette ville avec la bravom*e la plus déterminée , , parce qu'il voulut témoigner par cette marque de vcdeur^ que ce n'était qu'à la force et à lextrémité que sa nation rendait une viJUb qu'elle avait fait bâtir en l'honnenr de son roi, dont ejllie ipOiNUât le nonu La ganaison , qui était de quatre {Utile hosnmes a.u eommenoeinent dn oége , n'était plus <|ae de neuf ceqts à .la reddition de la ville. -

(a) n y perdit plus de quinze mille hommes , et les uXLié\ au .moinsdouze mille.

hps ^liés reprirent Hni l'aimée suivante , el le roM'An* gleterre inTestit Namur le i*' on le 3 juillet i^gS. La garnisoD e'taît de quatorze mille bominea y qoiupyis œtis que B^ufBers y avait jeté^ la veille » et Villeroi comman* dait une armée de eent miHe homme» potir opérer une diversion. Cet habile oflfeier employa toutbs les ruses de la guerre , pour réduire dans la Flandre la .petite «mée du prince de Yaudemont, qui sut échapiper à tous ces stratagèmes par une retraite aussi sagementeonoertëei|ae promp^lement exécutée. Villeroi attaqua Dixittude , dans laquelle le roi d' Angleterre avait, jeté une gamison de huit régimens d'infanterie et un de dragons, dont il avait confié le commandement au général danois EUenberger^ Le^roi , qui attachait une grande importance i ce poste i parce qu'il pouvait arrêter les Français, l'avait fait considérablement fortifier et amplement approvisionner! mais le gouverneur , soit trahison , soit licheté , sans que les assiégeans eussent pratiqué aucune brèche, lans qu'ils eussent prépaiw ni même tenté aucun assaut, tendit la ville par une capitulation déshonorante» Le roi d'Angleterre livra cet indigne officier à un conseU 4s guerr^ , qui le condamna à avoir incontinent la tête tranchée,

Villeroi, voulant déconcerter les alliés par un coup plus effrayant , vint bombarder Bruxellea* lie bombar* dément , qui dura quarante-huit heures , fut terrible* Il commença le 1 3 août vers csinq heures du soir , et dnra jusqu au i5i. Les Français se vuxtèr^it d'y avoir jeté^iû^ tre mille bombes «t environ cinquante mille befuleià rougef.* La première bombe tomba an piedide lli ^donta»

gtiè de la cour Tis-à-vis de la chapelle de Nassau. EITcr tua un bomikie. L^incendie , par la violence du Vent se* propagea^daîis toute la TÎUe, rjui ne forma bientôt plus, pour ainsi dire,qu*uQ monceau de dëcombres.Plus de quatre mille maisons furent brûlées. L'hôtel de \ille, la maison du roi , le poids de la ville , le mont de pieté , la boucherie , Thôtel d'Arenberg furent bouleversés. Les églises ^e S^ Nic(^as, de la Chapelle , de Bonoecours, les couvens des récolleU., des carmes^ des dominicains, des bogards, des riches claires^ des sœurs noires,, des brigittiiies y des madelonnettes , Thôpital S' Jean , les chapelles des Espagnols, de Salazar, de S^* Anne, de S^ Eloî et de la Madeleine furent détruites. Deux frères dominicains périrent sous les décombres , et quatre malades: de S^ Jean dans les fiammes. Le dommage fut évalué à plus d'un million de florins.

Cependant les princes et les généraux qui faisaient le siège de Namur , continuaient l'attaque de cette place avec une vigueur qui déconcerta les Français. La ville , après avoir supporté trois assauts en un jour , qui était le ^ du mois d'août , fut forcée de se rendre , et le château fût attaqué. La résistance fut des plus opiniâtres , et cetteopiniâtreté obligea les alliés de donner un assaut générât qui dura ( c'était le 3o août ) depuis onze heures du ma-^ tin jusqu'à quatre heures du soir , et ils y perdirent douze cents homines. Boufflers , voyant enfin que sa garnison , réduite à quatre mille hommes , ne pouvait plus résister à des forces aussi supérieures , battit la chamade le I*' septembre , et la brave garnison sortit le 5 avec tous les honneurs de la guerre , pour se rendre à Givet..

UOWÈME tPOQDS.. et

Cependant le maréchal fat arrête a k tète de ie« tnmpes par ordre du roi d'Angleterre, anx portes de Ja Tilie, 4»atre la teneur de la capitulation , et envoyé à Maet* tricht , afiii d'obliger le roi de France à relAcher la gar* aison de Dizmude.

La guerre ndleniit ses fioreurs pendant l'aniiée 1696 « et le ^UG de Savoie se détadia de l'alliance. La France avait obtenu par ses victoires plus de stériles succès que de véritables avasitages. Les alliés , ayant détaché un corps de leur armée , firent bombarder Givet le 16 mars, afin de détruire les immenses magasins que les Français y avaient formés. L'expédition fut dirigée et poussée avec tant de vigueur^ que les Français ne purent soustraire leurs vastes approvisionnemens à la fureur des flammes.

La France , qui s'affaiblissait par ses propres conquêtes, désirait la paix , et la recherchait. La prise d'Ath par le piarédial de Catinat , y détermina let alliés , et la paix fut conclue avec l'Espagne & Riswyk le ao septem- 1697. ^^ France s'obligea .de restituer toutes les villes et places dont elle s'était emparée sur l'Espagne.

Les conditions particulières relatives aux Pays-Bas , furent que la France restituerait à TEspagne la ville et le duché de Luxembourg , avec le comté de Chiny ; la place de Cbarleroi ; les villes de Mons et d'Aih , a la réserve du bourg d'Antoing et de quelques villages qui devaient demeurer i la Friince , qui les avait réunis an gouvernement de Tournai ; la ville de Courtrai avec sa diâtellenie ; et généralement qu'on restituerait de part et d*autre ce qui avait été pris pendant la guerre ( a )•

MArt.4,S,6,7,8et9.

^ HISTOIRE GÉNtRAlB DB LA BELGIQUE.

. ' Lf S GQifedîlitniâ relatÎTes auK^ l!«ux , "f illes , bmirgB «t places qfue les Français avaient ooeopes k titre ée. rëa« uioa , perteat [a) que tous les lieux {KHxrpris dans iâ liste des réanioBs ^ qae les ambassa<}ffurs d'Espagne ea avaient remise au congrès de Riswyk ( et qui fut jointe au traité.) , demeoceraient â perpétuité à l'Espaj^ne , à la réserve deqaatr&vingt^ttx villes, bourgs et Villages conteaufl dans la Uste d*eifcep£i6a fournie de la ^lèt dn jm àû Fxtoce ( également annexée au 4i!«iité ) ; qu'à' Tëgard de ces jlieux » qui étaient véclamés' par la 'Franee comme dépendaneés de Ckarlemont , Manbeugë et autres; pla.ces cédées par les tràiiés d'Aix-la-GhapelIé et de ^imègtto, il serait nommé des commissaires de part et d mtie^ tani pour régler auquel des deux rpis ils devaient appartenir., que pour convenir de l'échange des lieux eimlâiirés ; et qu'en cas qu'on ne pût parvenir à s'entenidne^sur ces objeta^ la décision èa serait remise atfx éfàf$- ^éaérauxsdeà Brovinces^Uniesw Cette dispekition àaa«4Iit loateslessexilsenQes derénaioa pa^rtées paries parlen^^s, chambres, tmbnikauxv intendmioesy^u délégations? 4^* Uies à e0t ôfiet.

G^mmè il y ayait des i^entës affectées sur la généralité de^quélqUes pvAviaces, dont une partie était possédée p»r le m ide ffcnuce ^ et une autéèi , par le rot d'Espagna , il futC9)RLV0au(À).qu*il sepaitnommé des commissaires poar v^glér le contingeatqjae les deux, unonarqnea «leVraient en payer. . . . •

Voilà ;dûnc a.ipioi ont àlMnati tous }es efforts de œlite

(a) Art. loetii.

(6) Art. 23.

HXnTlillB ÉPOQUK. «3

^àaftreuse ambition , qui , en précipitant ^Etiropedftn^ eette nouvelle guerre , avait coûté tant d'argent et tant àe sang. Les choses furent remises, par le traité qnt venait d'être oéncki , dans Tétat ah' elles étaient après celai de Nimègne <et la France n'y gagna qne qtteî^éi viDages voisins de Tournai.

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