ÉTAT TERRITORIAL
le-Châtel, Coulommiers, Sézanne, Chaiitemerle, Neuilly-sur-Marne (Ly et Praëllcs exceptés), Châtillon-sur- Marne et Epernay '.
Bientôt le roi Jean, en mariant sa fille Isabelle à Galéas Visconti de Milan, lui constituait, en 1365, une partie de sa dot avec diverses seigneuries réunies sous le titre de comté-pairie de Vertus, et parmi lesquelles se trouvent celles de Rosnay ei de la Ferté-sur- Auhe.
Le même roi avait à peine réuni à la France (1361) le comté de Bar-sar-Seine, qu'il l'en détachait (1364) pour former l'apanage de son quatrième fils, Philippe, et constituer en partie un des grands fiefs du royaume.
Enfin Charles III, roi de Navarre, fils de Charles II le Mauvais, devait, en 1404, obtenir du roi de France, Charles VI, en compensation de certaines terres et moyennant la cession de tous les droits prétendus qu'il tenait de ses auteurs sur les comtés de Champagne et de Brie, l'érection en duché-pairie de Nemours de diverses seigneuries, au nombre desquelles étaient celles de Beau fort, Soulaines, Noge7it-sur-Seine, Pont-sur-Seinc, Cliessy et la châtellenie de Saint-Florentin renfermant les villes A'Ervy et à^Auxo7r.
Ainsi, de droit, la Champagne était réunie à la couronne, mais de fait elle était démembrée au profit des grands vassaux du roi de France qui devaient lui susciter les plus grands embarras.
Il n'est pas jusqu'aux châtellenies de Vcndeuvre, de Jaucourt, de Marigny, de Plancy, de Chappes, de Bligny, de Chacenay, dont les seigneurs, tout en relevant, par voie de suzeraineté, du comté de Champagne, ne dussent suivre en politique le parti des ducs de Bourgogne.
« Que reste-t-il au roi de France, dit M. Boutiot, de cette grande « province de Champagne ? sa capitale, la ville de Troyes et une « partie seulement de sa banlieue; le comté de Brienne entre les « mains du duc d'Athènes, qui lui est fidèle ; une châtellenie, celle a de Bar-sur-Auhe, qui lui fut toujours attachée : trois parties de « l'ancien comté ayant entre elles leurs communications inter-
* V . Lefèvre, Les Finances de la Chawpagne aux xni« et xlV siècles, p. 17.
« rompues parles seigneurs voisins, ennemis du royaume, partisans « des Anglais ou des Bourguignons.
« C'est par Beaufort et Rosnay que les Anglais pénètrent en tt Champagne, comme c'est à Nogent, à Pont, à Méry et àBray-sur- « Seine que les partisans des Navarrais et des Anglais commandent « les passages sur la Seine et interceptent les communications entre « Troijes, capitale du comté, et Paris, capitale du royaume. C'est « dans les riches territoires des chàtellenies de Saint-Florentin et « d'Ervi/, patys de blasie, que se forment les magasins d'approvi- « sionncment, sous la volonté du roi de Navarre à qui elles appar- « tiennent, et par lesquels il communique avec la Bourgogne. « C'est par les terres de ViUemaur, d'Isle, de CJiaource, qui confinent « au duché de Bourgogne, de Pa>/i/s et d'Arcis, que les Bourguignons « enserrent la ville de Troyes jusqu'à ses portes et l'étreignent de « toutes parts, au moins depuis 1328 jusqu'à la réunion de la « Bourgogne à la France par Louis XI, après la mort de Charles le « Téméraire. . .
« Les événements si graves qui se passèrent en Champagne de « 1357 à 1479, s'expliquent donc non seulement par des causes « purement politiques, mais encore par des faits, des circonstances « topographiques, puisque les portes de la Champagne, les passages « sur les rivières appartenaient aux partis qui décimaient le « royaume, et que la ville de Troyes était isolée au milieu de ses « ennemis ' ».
' Boiiliot, Hist. de la ville de Troyes, t. II, p. 135, 136.