‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 2 sur 232 · Tome m · texte numérisé non relu

Tome m

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do Gondé rap[)rochenl la cour du l'arlcment. Le prince est arrêté et emprisonné avec son frôre. — 'l'uicnne, retiré à Stoiiay, traite avec l'Espaf^nol ; il est déclaré coupable de lèse-majesté — Alors reviennent les Allemands en Chami)agno, en même temps que Léopold attaque le Catelet et la Capelic. — Alarmes des villes, qui se disposent à la résistance. Reims demfindc au roi du secours ; arrivent successivement Senneterro, Praslin et Rosen. — Rapports do Prasiin avec la ville. — Mouvements des Espagnols, Ils décident Praslin à prendre les champs, mais ses troupes désolent le pays. — Affreuse misère des populations ; saint Vincent de Paul les recommande à la libéralité dos riches. — Le duc de Lorraine, qui venait se joindre aux Espagnols, est battu à Saint-Mihiel, tandis que Léopold s'empare de Mouzon ; mais Léopold rentre en Belgique. — Mazarin proflte de sa retraite pour s'emparer do Relhel. — Turenne, arrivé trop tard pour secourir la place, est battu à Sompy par Praslin. — Joie de la Champagne. — Arrivée de Mazarin à Reims. — Cependant la détresse du pays est excessive ; les missionnaires et les filles delà charité lui viennent en aide. La cour les seconde. — Mais la victoire de Mazarin n'avait fait qu'aviver les haines de ses ennemis. — Le ministre se retire en rendant lui-môme à la liberté les princes prisonniers.

Souvent, au moment de s'éteindre, la flamme du foyer semble se ranimer et pour dernière lueur jette un vif éclat. Ainsi, à la veille de se retirer de la Champagne, la guerre parut y rassembler dans le nord et y déchaîner, plus ardentes que jamais, toutes ses fureurs. Jamais misère n'égala celle des populations de cette partie de la province, si ce n'est la misère de la Picardie, sa voisine et sa sœur d'infortune. Toutes deux, broyées par les mains de fer des gens de guerre, trouvèrent du moins dans l'infatigable et ingénieuse charité de l'Eglise de précieux soulagements qui soutinrent leur vie défaillante jusqu'au jour où la paix vint la ranimer.

Les premières années du nouveau règne s'écoulèrent assez paisiblement pour la Champagne, sans la laisser toutefois exempte d'inquiétude.

La frontière champenoise était, en effet, ouverte à toutes les entreprises de l'ennemi, et depuis longtemps en particulier à celles que l'on désignait sous le nom de courses. C'était une pratique des gens de guerre de faire, à la faveur des circonstances, irruption sur le territoire étranger, d'envahir les villages, d'en piller les richesses et les vivres, et de se sauver avec leur butin. Impossible d'échapper à la ruine, à moins de composer avec les ravisseurs. De là pour ceux-ci une sorte de droit acquis de lever des contributions, « et « comme on usait de représailles, ce droit ne tardait pas à s'exercer « entre deux ou plusieurs Etats voisins, suivant une sorte de con- « vention mutuelle qui consacrait la ruine en permanence des (( populations des frontières ». On en vint, des deux côtés, jusqu'à

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