‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 38 sur 232 · GÉNÉRALITÉ DE SOISSONS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉ DE SOISSONS

Election.

Paroisses.

Habitants.

Château-Thierry ^

Ce qui donne au total :

Paroisses.

Habitants.

L'autorité royale, en* sortant forte et vigoureuse des troubles de la Fronde, semblait avoir pris à tâche de protéger les faibles contre la puissance des seigneurs et des agents du fisc . Pénétrée d'une foi profonde en sa source divine, et résolue de recouvrer le prestige et la majesté dont l'avait dépouillée la révolte des grands, elle s'était fait une loi de rattacher à elle tous les pouvoirs, toutes les classes, tous les individus, et d'être l'âme de l'Etat, la source de toute grâce, de toute justice et de toute gloire.

Une province, entre autres, lui paraissait digne de toute sa sollicitude : c'était la « province de Champagne, désolée par la longueur « des guerres, les passages des troupes, le séjour des armées, les « prises et reprises d'aucunes villes d'icelle et de la frontière, et « autres désordres, qui, en causant la ruine des bâtiments de pres- « que tous les villages, avaient fait déserter ceux-ci et laisser les « terres en friche et sans culture - ».

Louis XIV ne s'était pas borné à réduire le prix du sel d'impôt, que des officiers avides « avaient porté à des sommes immenses », et à sauvegarder les populations contre toute poursuite des adjudicataires jusqu'au dernier décembre l()5o, comme aussi à prévenir jusqu'à la même date toute « contrainte contre les paroisses pour « les restes des tailles » dus par les contribuables ^.

' La ville (If Moiidiiirail on faisait parlio jiiiisi ([n'Orhais. - lsaiiil)(>rt, Rcriteil des nncimines lois, 1. XVII, \k Ml. ^ \i\.,ibid.

Considérant que ladite province ne pouvait « achever son réta- « blisscment », s'il nY;tait promptement remédié aux ventes et aliénations que 1(^ malheur des temps avait entraîné les communautés et villages à l'aire de leurs biens, usages, bois et communaux, « à « des personnes puissantes, comme seigneurs des lieux, juges et « magistrats, ou principaux habitants des villes «, sans que les sommes, d'ailleurs « trop modiques », qui en avaient été retirées, eussent « été employées pour le bien et utilité des communautés' » ; qu'au contraire « bien souvent desdits prix n'avait été touchée « aucune chose, bien qu'il fût écrit autretnent, par la violence des <i acquéreurs qui ont forcé les habitants de signer, sous de faux « prétextes, des choses qui leur étaient dues ou pour les gratifier » ; que lesdites communautés et paroisses, « comme étant réputéesmi- « neures », ne pouvaient avoir légalement disposé de leurs biens, et qu'il leur importait d'autant plus de les recouvrer que, sans la jouissance de leurs usages, bois et communaux, elles ne pouvaient nourrir le bétail nécessaire à l'amendement de leurs terres et au paiement des tailles, le roi voulut et ordonna que « les habitants « des paroisses et communautés de la généralité de Châlons ren- « trassent de plein droit et de fait, sans aucune formalité de justice, « dans les biens par elles aliénés depuis 20 ans, à la charge de payer « en dix années, en dix portions égales, le prix principal desdites « aliénations faites pour causes légitimes, et qui aura tourné à

< « Les communes des villages, dit notre chroniqueur, ont vendu leurs « usages pour néant, pour payer une somme que la communauté avait em- « pruntée pour faire sortir un régiment de leur village ou empêcher qu'il « n'y entrât. » On appelait cela en ce temps-là (1645 à 1650) brider un TÎUage ; « car lors c'était fait, il n'y avait plus rien du tout, le pays était « entièrement désolé » (p. 524').

En effet, dit encore 0. Coq., « si on vendait pour 1,500 livres, souvent « il n'y entrait pas 1,000 ou 1,200 au profit du village : les gros mangent « les petits » . De se plaindre au conseil du roi, c'eût été ridicule ; aussi bien ce n'était plus en usage ; il n''y avait pour le ^Muvre peuple aucune justice. Le désordre était devenu tel que, lorsqu'd s'en ressouvient, notre brave Rémois croit rêver, et se demande comment « tout le peuple n'a « point péri » (p. 525). Aussi applaudit-il à l'arrêt du roi : « Voilà une a bonne justice, pourvu qu'elle s'exécute » .

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