‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 42 sur 232 · FUNESTES CONSÉQUENCES DE CE DIFFEREND · texte numérisé non relu

FUNESTES CONSÉQUENCES DE CE DIFFEREND

dégradât point les plantations des remparts, fossés, places et promenades, qu'il fût promptement remédié aux incendies, et que les règlements de la ville fussent tous exactement observés ' .

Après un premier édit, de juillet 1689, qui avait un instant réuni l'office de receveur des octrois à la recette des tailles, mais dont Reims parvint à détourner l'effet en rachetant cet office moyennant finance, un autre arrêt survint en 1691, qui portait réunion des offices du procureur du roi et du greffier du corps de ville. C'était pour le conseil une perte regrettable qu'il lui importait de conjurer ; il sollicita et obtint l'autorisation de racheter l'office -.Ainsi en arriva-t-il en 169i, où un édit du mois d'août avait créé dans les villes du royaume un office de maire, auquel étaient joints, pour la ville de Reims, huit assesseurs également à la nomination du roi ; appuyé sur l'antique privilège que possédait la commune de choisir elle-même ses magistrats, le conseil de ville obtint, le 14 octobre 1692, un arrêt qui le lui rendait, à charge par elle de payer, comme elle l'avait offert, une somme de 70,000 livres ^

Chàlons, dont le nombre des assesseurs avait été réduit à six, racheta ces offices moyennant la somme de 18,000 liv. et les 2 sols pour livre K Vitry put relever ceux de maire et de deux assesseurs au prix de 22,000 liv., que lui prêta l'hôpital ^

L'autorité royale se trouvait trop bien de ces odieuses mesures fiscales pour ne pas les multiplier comme à plaisir, au risque de ruiner les villes. Aussi la voyons-nous intervenir, deux ans après (mars 1694), dans la constitution de la milice bourgeoise de Reims,

< Varin, ibid., t. IIJ, p. 281 et sq.

- La défouuion fut consentie pour Cluilons, le 14 mai 1092 {Conclusion du 23 août).

3 Varin, ibid., p. 991.

* Hist. manusc. de Chdlons, par doia François, et preuve. Les charges de maires furent seules du resle pendant longtemps érigées en oflîces, et les fonctions d'échevins, de consuls, de conseillers, restèrent presque toujours électives. L'élection des assesseurs chàlounais, qui devait avoir lieu en 1693, à la Saint-Martin, et ipi'avait retardée une contestation entre l'évêque et le maire perpétuel, dut se faire àriiôtel épiscopal (0)</oji/;. du 27 février 1694).

^ D"" Valentin, Hist. de réchevinagi', p. 27.

comme dans celle de la milice châlonnaise *, par la création de dixneuf charges, dont une de colonel, une de major -, huit de capitaines et ncul" de lieutenants.

La ville de Ueims, en rachetant ces charges ^ dut rt'organiser en conséquence sa milice, qui avait eu jusque-là douze compagnies. Cette transformation donna le dernier coup à l'intéressante compagnie des arbalétriers, dont le jardin avait été supprimé en 1689'*.

Il l'était à Chaumont depuis près de 20 ans(lG70).

A Troyes, les archers de l'arc à la main n'existaient plus en 1G80, et, dès les premières années du siècle (lOlS), les procès-verbaux des tirs annuels des arbalétriers avaient cessé de figurer aux archives municipales ^.

En 1(553, un office de j^^'ocureur du roi près Vhôtel de ville avait été créé et levé par le procureur du roi au bailliage ; la ville se hâta de le racheter, mais le titulaire n'en exerça pas moins la plupart des droits qui y étaient attachés, et un officier d'institution royale continua de s'immiscer dans des fonctions jusque-là essentiellement échevinales. — Bientôt (1666) le roi nomma lui-même le greffier de Vhôtel de ville, auparavant choisi par l'assemblée de la Saint-Barnabe (4 juin). — Dès 1654, il avait nommé un bailli capitaine de Troyes, et la ville n'avait pas manqué de protester, comme elle le fit en 1667, lorsque le marquis de Ghoiseul-Praslin, lieutenant général en Champagne pour les bailliages de Langres, Troyes et Sens, voulut prendre le double titre de capitaine et gouverneur de Troyes; puis en 1687, quand le fils du marquis, comte d'Hostel, fut investi du titre de lieutenant général premier capitaine et gouverneur particulier de la ville de Troyes. Une première injonction du roi d'avoir à reconnaître ce double titre était demeurée sans effet ; la résistance ne tomba qu'en février 1688 devant une nouvelle lettre de Louis XIV. De ce jour, Troyes eut un gouverneur jusqu'en 1789 ^ .

' Histoire de C hâtons, par d. François. - Le major était une sorte de lieutenant-coloneL 3 Varin, ibid., p. 1010.

■* Notes de Lacourt, dans la Collection de Champagne, vol. 33, pages 131,

5 Boutiot, t. IV, p. 487.

G Id., ibid., p. 424 et 425.

Page 1