LESÉVÊQUES SOUCIEUX DE L'HONNEUR DU CLERGÉ SÉCULIER
en 1657. A Meaux, après les Ursulines (1648), s'établissaient, en 1695, les Filles de la charité de Saint-Vincent-dc-Paul, chargées de visiter les malades et d'instruire les enfants ; elles devaient prendre en 1700, la direction de l'hôpital général. Lagny recevait, en 1639, une communauté de Bénédictines dépendant de l'abbaye du Paraclet, et qui fut approuvée par lettres patentes de 1647 ; Bray-sur-Seine, un prieuré de Cisterciennes, établi sous le nom de V Ecole de Jésus (1653) ; Brie-Gomte-Robert, des MinimesiiQkl), etc.
Les prélats champenois, qui veillaient d'un œil si jaloux sur l'honneur des ordres religieux, ne pouvaient pas demeurer indifférents à celui du clergé séculier, ni l'abandonner sans guide dans l'exercice de sa mission. Ainsi Le Tellier, à peine élevé sur le siège archiépiscopal de Reims, commence par inviter tous les doyens de son diocèse à lui faire un rapport sur chacune des paroisses de leur doyenné (7 avril 1672) : puis, quand il a réuni tous ces documents, il part dès les premiers mois de 1673, et visitant les lieux les plus importants, où les curés du voisinage avaient reçu l'ordre de se rendre avec les enfants à confirmer et les maîtres des écoles, il examine les comptes des fabriques, s'enquiert des besoins des paroisses, et se plaît à témoigner aux instituteurs de la jeunesse tout le prix qu'il attache à leur science et à leur conduite. Il renouvela ces visites pastorales jusqu'en 1679, toujours attentif à prendre des notes sur la situation, et empressé à satisfaire aux nécessités les plus urgentes des églises : ici donnant des vases sacrés ou des ornements, là encourageant les habitants à réparer les édifices religieux ; ailleurs, quand la misère publique ne permettait point de les soutenir, supprimant et faisant démolir d'antiques églises, de vieilles chapelles * .
Ainsi éclairé sur l'état de son diocèse, Le Tellier réunit alors les curés en assemblée synodale (1676), et promulgue un certain nombre de statuts relatifs à l'instruction religieuse du peuple, à
' L'église de Brimonielle, dont les matériaux servirent à la construction du séminaire de Reims ; les chapelles de Marquenrj près de Coulomnics, do Marqueuse près de Vilry-les-Reiins ; de Saint-Nicolas, de Vi)-lo:et et de Sainte-Anne près de Saiiii-Tliierry ; plus tard celle de la PompeUc près de Reims. (Gillet, Ch. -Maurice Le Tellier, p. 46.)
■y.w LA PROVINCE DE CHAMPAGNE.
l'éducation du clergé cl à la dignité' du culte comme au respect du lieu saint ' . Puis, comme il avait déjà, pour mettre dans l'administration des sacrements'^ et dans les cérémonies religieuses plus d'ordre, d'exactitude et de régularité, publié, en 1677, un nouveau Rituel^, il complète la restauration des livres liturgiques par la publication d'un Bréviaire (1084) M'un Missel (1088)^ et de nouveaux livres do chant, auxquels il ne manquait qu'une chose essentielle, la sanction du Souverain Pontile. Enfin il introduit dans son diocèse l'usage des Calendes*^, c'est-à-dire de confcrerices périodiques des doyennés, destinées à fortifier l'instruction théologique des curés, en leur permettant de mettre en commun leurs lumières sur les questions soumises à leur étude. Elles avaient lieu une fois par mois, d'avril à octobre, et les résultats en étaient transmis par les doyens à l'archevêché.
Le ïellier avait été du reste précédé de beaucoup dans la voie des réformes disciplinaires par l'évèque de Ghàlons ; car M. Vialart convoquait, dès le G août 1643, son premier synode diocésain, et, le 20 mars 16S0, faisait pour la tenue des calendes des règlements pleins de sagesse dont il prenait soin de surveiller lui-même l'application. A la suite du synode de 1655 (2 septembre), il donnait à
1 Les habitants, pressés de les soustraire au pillage de l'ennemi, avaient souvent entassé leurs meubles dans les églises : il est enjoint de profiter du retour de la paix pour les en retirer immédiatement.
2 Une ordonnance de Zamet, évêque de Langres, du 23 décembre 1640, témoigne que la confirmation se donnait alors « à toute sorte do personne « de quelque âge qu'elle fût, même aux petits enfants nouveaux-nés » [mais baptisés]. V. VA. Macheret, t. 1, p. 146.
3 M. Vialart en donna un en 1650 [Yie de M. Vialart, p. 8i). — M. Mallier, de Troyes, en avait, en 1647, publié un en français pour les paroisses, en latin pour les collèges et les pensions (Courtalon, p. 443). Après eux, Louis de Gondrin, archevêque de Sens, en édita un en 1654.
* Le 10 mai 1645, en un synode, l'évêque de Langres, Zamet, proposait à ses curés un bréviaire nouveau, « conforme au bréviaire romain », leur déclarant « que ceux qui n'auraient à présent argent pour en acheter, en « auraient à crédit sur leur simple récépissé » [CUm. Macheret, t. l^"", p. 340). — Vialart en donna un en 1646, qu'il réédita, perfectionné, eu 1665.
5 Octave de Bellegarde en avait donné un à Sens, dés 1629.
•J V. notre premier volume, p. 62, n. 1.