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INSTITUTIONS PROPRES A L'INSTRUCTION DES PRÊTRES

ses curés un règlement de vie inspiré par le désir de ranimer leur piété et de prévenir les tristes effets de l'oisiveté. Quand les infirmités ne lui permirent plus d'aller à eux pour les fortifier dans le bien, il les réunit (1()73) dans son séminaire à la faveur des vacances des élèves, et se plut dans cette retraite à s'entretenir avec eux des devoirs des pasteurs.

Après M. Vialart, vint Tévêque de Meaux, Dominique Séguier (1637-1659), qui, en 1632, institua les conférences ecclésiastiques dans son diocèse, sur le modèle de celles que tenaient depuis quelques années les PP. de l'Oratoire dans leur maison de Raroi. Séguier avait distribué tout son diocèse en dix conférences, qui se tenaient à Meaux, Nantouillet, Acy, Nanteuil-le-Haudoin, Raroi, Crécy, Rosoy, Coulommiers, La Ferté-sous-Jouarre et La Ferté- Gaucher. Tous les prêtres étaient tenus de s'y rendre deux fois par mois depuis la mi-avril jusqu'au mois d'octobre. Bossuet, qui, 22 ans après M. Séguier, fut appelé à gouverner l'église de Meaux, en perfectionnant l'institution des conférences, se fit un devoir de les encourager par sa présence, et il y apportait autant de simplicité de langage que d'autorité doctrinale.

Moins de six ans après Séguier, Louis-Henri de Gondrin, les avait introduites dans le diocèse de Sens. Simiane de Gordcs en dota celui de Langres en 1682. A la suite de ces prélats, M. de Ghavigny, évèquc de Troycs, devait, au mois de novembre des années 1707 et 1708, convoquer ses curés à une retraite, tenir son premier synode le 18 mai 1706, et ouvrir, le 3 mai 1707, la série des assemblées ou conférences de doyennés.

Tant d'efforts pour former le clergé à la piété et à l'exercice éclairé du ministère ne pouvaient être stériles ; mais, pour en perpétuer les fruits, il importait d'élever dans la science et l'esprit religieux les jeunes gens destinés au sacerdoce. De là chez les évèques une attention particulière à leur consacrer des séminaires où ils pussent se disposer à recevoir dignement les ordres. Celui de Châlons, établi, le 14 octobre 1.372, par Jérôme Burgensis, dans une partie du collège de Saint-Lazare, était devenu trop petit surtout depuis l'année 1617, où le collège avait été remis aux mains des Jésuites : Félix Vialart, dès l'année 1646', acheta de son propre

' Doiii Fnmçois, Ilist. tnanusc. de la ville de Châlons.

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Ijion rcinplacomonl de l'Iiôpilal Saint-Nicolas, qu'on venait de (h'inolir, cl y fit conslriiirc un grand siMuinairc * qui reçut en 1050, rapprohalion du roi. Il eut soin de s'y ni(''uager un logement, al'in d'(Mre à portée d'instruire lui-même les jeunes clercs, dont il partageait la vie, surtout en hiver, et de bien connaître les besoins de son «''labiissement. Cette disposition lui permit de donner à son séminaire des règlements propres à en faire, comme il le disait lui-mrme (21 septembre 1052), « une rcole de vertu et de sainteté ». Persuadé qu'il en assurerait la stabilité et la régularité en en remettant la direction à un ordre religieux, il en chargea successivement les Prêtres de la doctrine chrétienne (15 mars lOGO) et les P. de /'Or«to/re (30 juin 1679), auxquels son successeur devait, le 17 mai 1081, substituer les Lazaristes''- .

Félix Vialart entretenait d'ailleurs à Jo inville un autre séminaire non moins florissant que celui de Châlons, et il se proposait d'en fonder un à Sainte-Menehould ; mais son dessein échoua devant les difficultés que la ville y opposa. Dominique Séguier avait fondé, en 1045, le séminaire de Meaux ; Gondrin celui de Sens en 1054. Vingt ans plus tard (1674), le petit séminaire de Langres ^ \^^nait se joindre au grand, dont la fondation remonte à 1620, et recevait avec celui-ci la direction des Oratoriens. La création du grand séminaire de ïroyes est du l""" octobre 1643, mais elle ne devait être régularisée que le 6 avril 1662, sous l'épiscopat de Mallier. Cet établissement, confié aux Lazaristes, fut en 1693, complété par la fondation d'un petit séminaire, due à la libéralité de M. Lebé, curé de Saint-Nizier.

A Reims, l'établissement fondé par le cardinal de Lorraine dans

^ Les constructions occupaient la place de l'Ecole des Arts actuelle.

- M. de Noailles eût bien aimé garder les Oratoriens, mais ces religieux, devenus suspects d'attachement au jansénisme, ne plaisaient point au roi : « Prenez (pii vous voudrez, dit-il à Tévêque, excepté les Pères « de l'Oratoire » [Vie de Vialart). Entre la retraite des PP. de la Doctrine chrétienne, qui eut lieu en 1673, et l'arrivée des Oratoriens, rétablissement avait été dirigé par des prêtres du diocèse.

3 Notice des archevêques de Sens par le P. Cornât, p. o2. — Le diocèse de Langres par l'abbé Roussel, t. IV, p. 3. — Le séminaire de Meaux, d'abord confié à des prêtres séculiers, le fut, en 1661, à des Génovéfains .

SEMINAIRES. — LA TONSURE. 24i

la rue du Barbâtre, et transféré ensuite par Louis de Guise de Lorraine dans une partie du collège des Bons-Enfants, était surtout destiné à la première éducation de la jeunesse : c'était un petit séminaire; car, s'il donnait aux théologiens l'instruction qui leur convenait, il abritait aussi les élèves de philosophie et de grammaire, lesquels suivaient les cours du collège des Bons-Enfants, où ils se rendaient chaque jour sous la surveillance d'un ecclésiastique. Après leur avoir distribué l'enseignement classique, il fallait préparer spécialement les jeunes clercs aux pratiques de la vie religieuse et les élever selon et en la manière prescrite par les saitits décrets^ de façon à les retenir dans le diocèse, et à les empêcher d'aller, comme au temps de la Fronde, se faire ordonner partout où ils pouvaient, voire jusqu'à Liège'. Le triste état où étaient tombés à cette époque les bâtiments du séminaire appelait d'ailleurs une réforme d'autant plus profonde qu'ils étaient devenus insuffisants pour le nombre des élèves qu'ils recevaient. En cet état de choses. Le Tellier obtint par lettres patentes du mois de juin 1676 plein pouvoir de bâtir un grand séminaire en l'endroit de la ville qui lui paraîtrait le plus convenable, et son grand vicaire en posa la première pierre le 11 juillet suivant, non loin du collège de l'Université, dans un terrain contigu au petit séminaire fondé par le cardinal. Puis, en 1080 (10 octobre), l'archevêque transféra le petit séminaire dans l'enceinte du nouvel établissement, réunissant, pour n'en faire plus qu'une seule et même mense, les revenus des deux maisons, comme il, plaça celles-ci sous l'autorité d'un même supérieur. Ce furent d'abord des prêtres séculiers qui eurent la direction du séminaire ; mais, le 29 novembre 1702, Le Tellier, mù par les mêmes considérations que Vialart, la remit aux religieux de Saint-Denis qui, en 1636, avaient embrassé la réforme opérée par le Père Faure à Sainte-Geneviève de Paris, et qui portaient depuis lors le litre de Chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin de la Congrégation de France, ou le nom plus simple et plus populaire de Gènovéfavns- .

* Ilist. du Châtelet-sur-Retourne, p. 14o.

' Giliol, ibiil., p. 148 à ioi, et Variii, Arch. Icgii;!., Statuts, t. JI, p. 780. Pour les règlciueiils doiiiiés à la maison, v. ilùd., p. 781 et scj. ils sont, iulércbsanls à plus d'un point de vue.

Le premier degré des ordres est la tonsure, qui, si elle ne lie pas à l'état dont elle ouviv l'enlrée, n«^ laisse pas de demander de pieuses dispositions. Mais coinnK', onlr'aulres avantages, elle conlV-rait la capacité de posséder des biens ecclésiastiques, il n'était point de sollicitations dont on n'usât pour s'en assurer la jouissance, point de contrainte que les gens les plus indignes ne fussent portés à exercer sur les évêques pour obtenir la tonsure, et plus d'un pn'^lat était assez faible pour consentir à ce qu'on lui demandait. Cette sorte d'attentat fait à la liberté et à la discipline de l'Eglise émut l'assemblée générale du clergé de 1057 ; elle prit à cet égard des résolutions, et chargea M. Vialart d'en poursuivre l'exécution. C'est en conséquence de ce mandat que, le 21 juin de la même année, l'évéque de Châlons donna à son diocèse un mandement où il ne craint point de rapporter à la déplorable facilité avec laquelle se conférait la tonsure la plus grande partie du déshonneur que l'Eglise recevait de ses ministres *.

En même temps qu'ils travaillaient à affermir la discipline du clergé, les évéques de la Champagne, justement soucieux de la dignité du culte et du respect de la loi, s'efforcent de réformer certains usages ou abus que la piété naïve du moyen âge avait pu sans danger laisser s'introduire dans le temple, mais que ne tolérait plus l'esprit d'examen et de scepticisme qui envahissait la société. Ainsi voyons-nous, d'un côté, Vialart interdire dans les églises les diseurs de sept psaumes, qui, à l'occasion de la fête des morts et sous couleur de dévotion, y a font mille irrévérences-» ; de l'autre, Le Tellier faire défense : 1° à la confrérie des pèlerins de Saint- Jacques de Compostelle de réciter le Credo dans sa procession annuelle, d'y figurer les apôtres et de représenter saint Christophe portant l'Enfant Jésus sur ses épaules ; 2° aux fidèles de l'église Saint-Jacques, de chanter pendant l'offrande de la messe, en certains jours de l'année, des noëls et cantiques autrefois composés pour leur édification par un de leurs curés, mais dont le langage suranné et le chant bizarre avaient fini par exciter la risée ; 3° au

' Yie de Yialart, Utrecht, 1738, aux dépens de la Compagnie de Port- Royal des Champs, p. 121 et sq.

2 Lettre du 31 décembre 1670. Ibid., p. 238 et 239.

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