‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 10 sur 265 · I. Mailla, VII, p · texte numérisé non relu

I. Mailla, VII, p

MaUieureusement Tchouang Tsoung, grand amateur de théâtre et de musique, subissait l'ascendant des comédiens à un tel point, que malgré les remontrances du premier ministre. Ko Tch'oung-t'ao, il dopna l'un des principaux gouvernements à l'acteur Tcheou Tseu. D'autre part, les K'i Tan étaient un grand sujet d'inquiétude à cause de leurs fréquentes incursions dans le territoire de l'Empire : Tchouang Tsoung aurait voulu transférer du gouvernement de Tcheng Ting qu'il réservait à Li Se-^^ouen à celui de Ta Leang, Ko Tch'oung-t'ao, qui déclina l'offre impériale ; l'influence du premier ministre diminuait de jour en jour parce que, pour des raisons d'économie, il s'était opposé à la construction d'une tour épaisse que voulait élever l'empereur pour s'y réfugier pendant les grandes chaleurs; un protégé de Ko Tch'oung-t'ao, Lo Kouan, administrateur du Ho Nan, desservi par les eunuques et les comédiens, fut mis à mort.

Cependant le prince de Chou, Wang Yen, ayant pris le titre d'empereur, la guerre fut décidée; on espérait qu'elle servirait de dérivatif à la profonde incurie de l'empereur. Après avoir écarté Touan Ying, on confia le commandement des troupes impériales à l'héritier, Li Ki-ki, prince de Wei, mais à cause de sa jeunesse on lui adjoignit l'expérimenté Ko Tch'oung-t'ao. Malgré l'avis de ses conseillers, le prince de Chou entreprit un voyage à travers ses États, au moment même où s'avançaient contre lui les troupes de T'ang, divisées en plusieurs groupes : le prince de Chou s'avisa trop tard d'organiser la résistance et ses troupes furent battues. Li Yen lit ouvrir les portes de Tch'eng Tou, et le prince de Chou ayant fait sa soumission fut conduit avec ses fonctionnaires à Li Ki-ki et à Ko Tch'oung-t'ao (925). (( Le prince était vêtu de blanc, ayant la corde au col et les mains liées derrière le dos; les mandarins vêtus de même, avaient de plus les pieds enchaînés : ils accompagnaient en ordre une bière préparée pour le prince, si on ne lui faisait pas grâce, et dans cette posture humihante, ils attendirent Li Ki-ki et Ko Tch'oung-t'ao, qui descendirent de cheval, aussitôt qu'ils les aperçurent, pour ôter au

prince ses fers ; ils en firent autant à tous les mandarins, et brûlèrent la bière qu'ils avaient apportée avec eux, en leur signifiant une amnistie générale de la part de l'empereur, qu'ils remercièrent de cette grâce, en battant neuf fois de la tête la face tournée vers le nord-est; après quoi, Li Ki-ki et Ko Tch'oung-t'ao entrèrent en triomphe dans la ville, et logèrent au palais, où ils voulurent que le prince Wang Yen [avec qui se termina la dvnastie de Ts'ien Chou], logeât aussi. L'armée ne tarda pas à arriver; elle entra dans la ville sans causer le moindre désordre, et par les soins que se donna Ko Tch'oung-t'ao, les habitants continuèrent leur commerce comme à l'ordinaire ^ » (925.)

Il n'avait pas fallu plus de 70 jours pour faire la conquête des États de Chou qui consistaient « en dix grands gouvernements, composés de 64 tcheou et de 249 hien, qui pouvaient entretenir facilement 30,000 hommes de bonnes troupes, d'autant plus que le pays était très riche et abondant en toutes choses nécessaires à la vie » ^. Ces succès ne désarmèrent pas les ennemis de Ko Tch'oung-t'ao; les eunuques, si néfastes sous d'autres règnes, réussirent à exciter sans raison la méfiance de l'empereur à l'égard de son fidèle ministre dont il ordonna la mise à mort. Pour exécuter cet arrêt, il envoya à Tch'eng Tou l'eunuque Ma Yen-kouei qui se heurta d'abord à l'opposition de Li Ki-ki, mais ce prince, circonvenu par les menées et les calomnieuses insinuations des ennemis de Ko, laissa accomplir le crime; craignant même que les deux fils de la victime ne voulussent venger leur père, il les fit mettre à mort. Engagé dans cette voie où il avait été poussé par les eunuques et les comédiens, Tchouang Tsoung continue la série des exécutions, dans la crainte des soulèvements qu'aurait pu causer le mécontentement universel. Le gendre de Ko Tch'oung-t'ao. Li Tsoux-yi, prince de Mou et gouverneur de Pao Ta, Kixg Tsin et Li Lixg-te sont à leur tour victinies de cette fureur sanguinaire. Nul doute que le brave Li Se-youen venu à la Cour n'eut partagé leur sort, sans

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