‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 111 sur 265 · Mailla, /. c, p · texte numérisé non relu

Mailla, /. c, p

de cette défaite, Licou Lin qui battait en retraite, fut pourchassé et quant à la troisième armée, qui faisait le siège de Kouang Tcheou, elle se retira sans tarder. Les Kin qui n'avaient élevé Lieou Yu que dans l'espoir qu'il serait assez fort pour constituer dans le Ho Nan vm état-tampon entre eux et les Soung, s'apercevant de sa faiblesse et de son incapacité, songèrent à se débarrasser de lui; l'occasion s'offrit bientôt.

Niyamoho, guerrier de valeur, et premier ministre des Kin, ainsi que son collègue et ami Kao King soutenaient Lieou Yu ; leur rival Pou lou hou, déterminé à ruiner leur influence, réussit à faire condamner à mort Kao King, comme conspirateur et Niyamoho fut dégradé ; ne voulant pas survivre à son déshonneur, celui-ci s'empoisonna (7^ lune 1137) ; par cette mort Wou Tchou, qui détestait Lieou Yu, se trouva libre d'agir contre lui. Pour précipiter son action, le général chinois Yo Fei, feignant d'être d'accord avec Lieou Yu, écrivit à ce dernier une lettre dans laquelle il lui proposait de tuer Wpu Tchou et il s'arrangea de manière que la lettre tombât entre les mains du général tartare. Sous prétexte d'entamer les hostilités contre les Chinois, Talan et Wou Tchou pénétrèrent dans K'ai Foung, et ce dernier, porteur d'un ordre de Hola, destituant Lieou Yu, s'empara du soidisant empereur (ii^ lune 1137) et l'expédia avec sa famille et ses richesses en Tartarie où il mourut à la 9^ lune de 1146; il avait reçu le titre de Chou Wang (roi de Se Tch'ouan).

Han Che-tchoung et Yo Fei étaient d'avis que l'occasion était bonne de reprendre le Ho Nan, mais Wang Louen, de retour de la Cour du Nord où il avait été envoyé, annonça que les Kin avaient décidé, n'étant pas assez puissants pour les défendre, de restituer cette province et même le Chen Si et de renvoyer les corps de l'empereur Houei Tsoung et de l'impératrice, ces propositions avaient d'ailleurs l'appui de Poulouhou, des négociations furent entamées en conséquence; elles furent pénibles pour l'orgueil des Soung ; malgré le cérémonial humiliant exigé par Tchang Toung kou, l'agent des Kin, et la rédaction des lettres

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patentes constatant la restitution des provinces qui s'adressait au peuple de Kiang Nan et non à l'empereur, Kao Tsoung accepta les conditions qui lui étaient imposées sur le conseil de son premier ministre Ts'in Kouei.

« A la huitième lune, le roi des Kin détermina les différentes villes où il pourrait tenir sa Cour. La première de toutes fut Houeï Ning fou, dans le district de Haï kou, ancien pays des NutcJié sauvages, c'est-à-dire des Kin; cette ville était située à la source de la rivière Antchou-hou : il voulut qu'on l'appelât dorénavant Chang King ou la Première Cour. Il donna à la ville de Lin Houang fou, la première Cour des Leao, le nom de Cour septentrionale ou Pe King; la ville de Leao Yang fut appelée la Cour orientale ou Toung King; il donna encore à T'aï Toung, le nom de Cour Occidentale ou Si King ; à Ta Hing, celui de Cour du Midi ou Nan King, et enfin à Ta Ting fou, celui de Cour du Milieu ou Tchoung King i. »

La province de Ho Nan fut remise par Wou Tchou à Wang Louen qui fut nommé gouverneur de Pien Leang, L'empereur accorda alors une amnistie générg-le (1139). Cette même année, à la 6^ lune, mourait Li K'ien-chouen, roi des Hia, remplacé par son fils Li Jen-hiao. Pou-lou-hou, fils aîné de Ou- k'i- mai conspira contre Hola avec Wou lou kouan, prince de Yen et ministre d'Etat, et avec le général Talan ; les deux premiers furent mis à mort, et Talan fut rétrogradé, mais, comme on apprit peu après que ce général complotait à nouveau avec Hou lan, prince de Yi, il fut exécuté avec son complice.

Tout en rendant Pien Leang aux Soung, les Kin avaient interdit à Wang Louen de franchir la frontière de Tartarie ; le gouverneur Soung, froissé d'une défense qui semblait mettre sa bonne foi en suspicion, laissant Moung Yu à la garde de Pien Leang, se rendit à la Cour des Kin pour dissiper tout malentendu; il ne pouvait arriver plus mal à propos ; on venait de découvrir le complot de Pou lou hou ; Wou Tchou persuada à Hola que Wang Louen était l'un des complices; le malheureux Soung fut jeté en prison à Ho Kien, après qu'on lui eût donné l'ordre d'écrire à son maître

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