I. d'Ohsson, I, p
KOUCH-TEKIN, établi au nord de la Grande Muraille ; d'autre part, les K'i Tan et les princes de la famille des Leao, du Leao Toung, révoltés, font leur soumission à Tchinguiz. L'empereur Wei-Chao wang, victime dans sa capitale, Yen King, est assassiné à la 8^ lune (12 13), par ordre de son général en chef Houschacou et remplacé par son neveu, TcHEN Yeou (Siouen Tsoung).
Cependant, une lutte éclate entre le Tangout et la Chine (1213) ; Tchinguiz, qui avait, lors de sa dernière campagne, engagé dans ses troupes beaucoup d'officiers chinois, envahit une seconde fois la Chine, dévaste le Chan Si, le Tche Li et le Chan Toung (1213). La paix est signée après l'investissement de la capitale kin; on accorde à Tchinguiz une fille du défunt souverain, cinq cents jeunes garçons, autant de jeunes filles, 3,000 chevaux, de la soie et une forte somme d'argent (1214), mais l'empereur chinois transfère sa capitale de Yen King, dans le Tche Li, à Pien King ou Pien Leang, la Cour méridionale, Nan King (K'ai Foung), dans le Ho Nan; à la suite de cette retraite, les Mongols commencèrent une troisième campagne, s'emparèrent de Yen King (1215), dont le palais fut incendié — le feu dura plus d'un mois — et un grand nombre d'habitants et de fonctionnaires furent massacrés, puis ils marchèrent contre Pien King.
Tchinguiz, rentré en Mongolie (1216), envoie ses généraux SouBOUTAi et TcHOUGOUTCHAR coutrc les Merkites, qui s'étaient assemblés dans les Altai autour du frère et des trois fils de Toukta, leur ancien roi ; ils sont battus près du fleuve Djem et massacrés jusqu'au dernier. Une révolte dans le Leao Toung fut réprimée par le général Moucouli (Mou ho li), qui fut récompensé par le titre de Kouo Wang; le Tangout, pour la quatrième fois (1218), fut envahi et le roi Li Tsoun-hien se réfugia à Leang Tcheou, dans le Kan Sou. La même année, la Corée se soumettait aux Mongols.
Le dernier roi de Kara K'i-Tai,MouTcHou(YE-Liu Tche lou kou), deuxième fils du roi Jen Tsoung (Ye-liu I-lie), avait été détrôné par KouxCHLOUk, chef des Naïmans,
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allié du sultan du Khwarezm , réfugié à sa cour et devenu son gendre, qui usurpa le trône (121 1). Koutchlouc ayant tué OzAR, Khan d'Al Maliq, s'empara de Khotan et de Kachgar dont il persécuta les habitants musulmans ; à son tour, il est battu par le général mongol Tchébé qui s'empare de son empire et proclame la liberté des cultes, tandis que Koutchlouk, en fuite, est rattrapé et a la tête coupée (1218).
La conquête du Kara K'i-Tai rendait les possessions de Tchinguiz Khan limitrophes du puissant empire de Khwarezm.
Le Khwarezm ou Kharezm, ancienne Margiane, formait Conquête di un vaste empire s'étendant du Jaxartes au golfe Persique et de rindus à l' Azerbaïdjan, s'appuyant à la mer d'Aral appelée par les tribus turkes Kara Tenghiz (mer Noire) ou Eukuz Souy (l'eau du taureau). Le pays proprement dit forme une oasis fertile qui s'étend le long des deux rives du Djihoun, depuis l'ancienne ville d'Amol el Mefazèh. jusqu'à la mer d'Aral; « il est borné, au nord, par la partie du territoire russe qui portait autrefois le nom de Dechti Kiptchak, et qui était occupée par des tribus nomades dont la plus puissante, celle des Ghouzz, a joué, au moyen âge, un rôle important dans l'histoire de l'Asie centrale; au sud, il confine au Khorasân; à l'est, aux déserts du Kizil Koum (sable rouge) et du Batak Koum (sable dans lequel on enfonce), à l'ouest au Kara Koum (sable noir) et à l'ancienne province du Gourgan.
« Les Orientaux donnent, pour le nom du Kharezm, des étymologies diverses et sans valeur. Selon les uns, le nom de Khàh rezm (qui recherche les combats), caractérisait l'humeur belliqueuse des habitants. Selon les autres, Khar (nourriture) et Rezm (bois) auraient désigné le poisson pêche dans le Djihoun et le bois qui servait à le faire cuire. Ces mots auraient été prononcés par des indigènes interrogés sur leur manière de vi\Te, et ils auraient, depuis lors, servi à désigner cette contrée. Enfin, Riza OouLY Khan (f 1871), prétend que le nom de Kharezm fut donné à ce pays par Ker Kaous, à la suite du com-
bat singulier dans lequel il tua Chidéh (Khar Rezm, combat facile).
)) Il est plus probable que Kharezm dérive des expressions zendes Oaïr, Khar (nourriture, herbe) et Zem (terre). Isthakhry et Ya Kout nous disent, en effet, que le sol du Kharezm et les sables des déserts qui l'environnent ont quelque ressemblance avec ceux des déserts qui bordent VÉgypte au sud-est, et qu'ils produisent en abondance la plante épineuse appelée « Ghada « par les Arabes et « Khari choutour » par les Persans (hedysarum el hagi) ^. »
Le Khwarezm conquis en 1042 sur les Ghaznévides, par les Turks Seldjoukides, fut donné par ceux-ci en 1096 à un certain Kutb ed-Din Mohammed, avec le titre de Chah; son successeur (1127), Itsiz, se rendit complètement indépendant. A l'époque de Tchinguiz, le Chah ou Sultan était Ala ed-din Mohammed (1199-1220), fils de Takach, qui s'empara de Balkh et de Herat, se rendit maître du Khorasân, du Mazenderân et de Kirman et échappa à la dépendance du Kara K'iTaï; il captura ensuite Samarkande où de Khwarezm il transféra sa capitale ; il poursuivit ses conquêtes mais il échoua dans sa marche contre Baghdad (1217-1218). Mohammed partagea ses États entre ses quatre fils (1220) : l'aîné Djelal ed-Din Mankobirti (Mangou birfi = Dieudonné), qui tout en restant près de son père, reçut les principautés de Ghazna, de Bamiân, d'El Ghour, de Bost, de Tekiâbâd, de Zemîn-Dâwer et de la partie Hmitrophe de l'Inde, administrées en son nom par Kerber Molk; à Rokn ed-Din Ghourchaïdji, le plus beau et le mieux doué, fut attribué l'Irak; Kirman, Kîch et le Mekrân furent le lot de GhyÂts ed-Din Pir Chah ; enfin, suivant l'avis de la Tourkan Khatoun, mère de Kutb ed-Din AzlÂgh-Chah, Mohammed déclara ce dernier héritier présomptif en lui attribuant le Khwarezm, le Khorasâh et le Mazenderân '-.
En-Nesawi (p. 7), parle ainsi de la Chine : « Parmi les personnes, dont les paroles méritent d'être prises en consi-