d'Ohsson, I. p
TCHINGUIZ KHAN ^1.5
du Jaïc. Ils abandonnèrent les autres peuples du nord du Caucase qui lurent défaits par les Mongols; dès lors un corps de 1,000 Alains fit partie de la garde particulière du Grand Khan. Les Polovtsi payèrent cher leur lâcheté : à leur tour, ils furent obligés de fuir devant l'envahisseur et se réfugièrent chez les Russes.
La Russie était loin d'occuper l'immense territoire qu'elle possède aujourd'hui; sa frontière était très au nord de la nier Caspienne, à la partie supérieure de la Volga et de son afïïuent l'Oka. L'histoire de ce grand pays ne commence guère qu'au ix^ siècle de notre ère, lorsque RrRiK le Varègue, appelé par les Slaves, réunit sous son sceptre leurs différentes tribus, construisit le château de Novgorod et d'un corps sans cohésion, fit le peuple russe. A l'époque de l'invasion mongole, un grand nombre de chefs se partageaient le pays; les Polovtsi, pour se bien faire voir d'eux, embrassèrent l'orthodoxie, leur persuadèrent qu'ils étaient également menacés par les Mongols et les supplièrent de les aider à repousser l'ennemi commun. Un conseil fut tenu : le prince de GaHtch, Mstislav, qui avait épousé la fille d'un Khan Kiptchak, son gendre Daniel, prince de Volhynie, Mstislav Romanovitch, grand prince à Kiev, Vladimir de Smolensk, y assistaient; on décida de demander à Sousdal l'appui du Grand-Duc Georges; cependant Russes et Polovtsi (Comans du Kiptchak) réunis, descendirent avec leurs armées vers la partie basse du Dnieper, où ils rencontrèrent les ambassadeurs mongols envoyés au-devant d'eux. Ceux-ci venaient prévenir les Russes que ce n'était pas contre eux qu'ils venaient combattre, mais bien contre les Polovtsi; non seulement les envoyés tartares ne furent pas écoutés, mais ils furent saisis et mis à mort, et l'armée russe continua sa marche jusqu'à la rivière Kalka qui se jette dans la mer d'Azov. Elle fut traversée sans obstacle, mais^ au delà, les Russes se heurtèrent aux Mongols et dès le premier choc, les Polovtsi, lâchant pied, se retrouvèrent dans les lignes russes, dans lesquelles ils jetèrent le désordre. D'autre part les chefs russes avaient négligé de combiner une action commune
et combattaient séparément. Le désastre était inévitable; 6 princes et 70 boyards furent massacrés (31 mai 1223). Le prince de Kiev, qui assistait à la bataille sur un tertre dominant les rives de la Kalka, témoin du désastre, foitifia immédiatement sa position et, après trois jours d'une lutte inégale, accepta la capitulation que lui offraient les Tartares. Ceux-ci trahirent la parole donnée; la garde du prince fut massacrée et Mstislav Romanovitch lui-même, ainsi que ses deux gendres furent étouffés sous des planches. Les troupes envoyées de Vladimir par le Grand-Duc Georges arrivèrent trop tard.
Les barbares vainqueurs dévastèrent le pays des bords du Dnieper à la m.er d'Azov, pénétrèrent dans la Chersonèse taurique, s'emparèrent de Soudac, l'opulent entrepôt des Génois, remontèrent vers le pays des Bulgares entre la haute Volga et la Kama et revinrent enfin en Perse.
D'un autre côté, Tchinguiz Khan, en rentrant dans son ordo, eut la douleur d'apprendre la mort de son fils aîné Djoutchi, âgé d'un peu plus de trente ans. « Il eut de ses femmes et concubines près de quarante enfants. Sa mère Bourta le portait dans son sein, lorsqu'elle fut enlevée de son habitation, par un parti de Merkites, en l'absence de Temoudjin. Ong Khan la fit demander au roi des Merkites, et la renvoya à son époux. Elle accoucha, en route, d'un fils, qui reçut le nom de Djoutchi, lequel signifie hôte, en mongol. Un individu que Temoudjin avait chargé de la ramener, enveloppa l'enfant avec de la pâte de farine, et l'emporta à cheval dans le pan de sa robe. » ^ Son père l'avait chargé de faire la conquête de la contrée au nord de la mer Noire et de la mer Caspienne, et comme il n'avait pas exécuté cet ordre à cause de l'état de sa santé, Tchinguiz Khan, croyant à sa mauvaise volonté, se préparait à le châtier lorsqu'il apprit la triste nouvelle; il regretta vivement son fils.
Pendant que se développait la campagne de Perse, le général mongol Mou hou li (Moucouli) envahissait le nord de la Chine dont il faisait la conquête, mais il ne gardait