‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 152 sur 265 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Les Mongols : Ogotaï.

TCHiNGuiz Khan laissait un immense empire qui s'étendait de la mer Orientale et la Corée à l'est jusqu'à l'ouest au delà des montagnes et des fleuves qui séparent l'Asie de l'Europe, de la mer Caspienne et de la Mer Noire, jusqu'à la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Russie; au sud ses territoires étaient bornés par les débris de l'empire des Kin,le Tibet et ce qui restait de l'empire Khwarezmien. Le partage de ces immenses territoires ne fut pas marqué comme celui de l'héritage d'Alexandre le Grand par des luttes sanglantes. Les volontés dernières du conquérant furent respectées; en attendant l'arrivée d'Ogotaï, Tou Loui, le confident de la pensée de son père, exerça la régence.

L'empire fut divisé entre les quatre héritiers de Tchinguiz Khan : l'aîné, Djoutchi, étant mort avant son père, fut remplacé dans la succession par son fils Batou, qui occupa les pays qui s'étendaient à l'ouest de la Caspienne, c'est-àdire le Kiptchak, ainsi que la région du bas Syr Daria au nord de la mer d'Aral et de la Caspienne, les vallées de la Volga et du Don, et quelques territoires au nord de la mer Noire; au nord il montait au delà de Jaïc (rivière Oural) jusqu'à la Sibérie occidentale; le second fils, Djagataï, eut l'Asie centrale, c'est-à-dire le Mavara en-Nahr, ou Transoxiane, entre le S}^- Daria, Si houn ou Jaxartes, et l'Amou Daria, Djihoun ou Oxus, les régions à l'ouest del'Issikkoul et de l'Ala Nor, à l'est le Ferghanah actuel, leBadakh- Chan, au sud le Khorasân avec Herat, Ghazni jusqu'au Mekhran; sa capitale était Al Mahq.

Ogotaï, le troisième fils, régnait à l'est de Djagataï, avec Kara Koroum, sur la région connue depuis comme la Dzoun-

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garie, c'est-à-dire le domaine essentiellement mongol. Tou Loui, le quatrième fils reçut, pour sa part les territoires d'Extrême-Orient, conquis et à conquérir. Les 129.000 hommes composant l'armée de Tchinguiz Khan furent aussi répartis entre ses fils, ses frères, sa mère et ses neveux. Au printemps de 1229, les chefs mongols réunis en kouriltaï, dans le pays de Koutieïwalali,à l'est de KaraKoroum, sur les bords du Kéroulen, après trois jours de fêtes, grâce à l'influence du ministre Ye-liu Tch'ou-ts'aÏ et au désintéressement de Tou Loui, dépositaire des dernières volontés de Tchinguiz Khan qu'il fit connaître, Ogotaï fut solennellement élu Grand Khan le 22^ jour de la 8^ lune. Il accepta le pouvoir suprême après quarante jours de résistance. Tous les princes firent alors les prosternations d'usage. Les Mongols conservèrent d'abord le cérémonial en usage dans leur pays. Mais en 1277, sous le règne de K'oubilaï, on commença à adopter le cérémonial chinois. « Il fut ordonné, cette même année, nous dit Pauthier, Marc Pol, p. 290^, qui a traduit ce Cérémonial, à deux célèbres lettrés chinois : LiEOU KiEX-TCHOUNG et Hiu HENG,de rédiger le Cérémonial de la nouvelle cour mongole. C'est de cette époque seulement que l'empereur K'oubilaï fît observer à sa Cour le Cérémonial rédigé par ses ordres, et qui était basé sur l'ancien cérémonial chinois. Le frère Odoric de Pordenone nous l'a décrit au xiv^ siècle. C'est le Ko t'eou, qui consiste à se frapper neuf fois la tête en trois génuflexions. - A leur tour les chefs jurèrent fidélité au Grand Khan et à ses descendants; Ogotaï distribua généreusement les trésors accumulés par son père à ses frères, ses parents, ses généraux ; les troupes ne furent pas oubliées. Puis il ordonna de respecter les lois [Yassas] établies par Tchinguiz et il accorda l'amnistie de tous les délits commis depuis la mort de son prédécesseur. A la tête de l'administration des finances, il plaça Ye Liu Tch'ou ts'aï, qui joua un rôle considérable sous le règne d' Ogotaï. Ce ministre avait pour surnom TsiN K'ixg; il descendait, à la huitième génération, de T'ou Yo, prince K'i Tan, et il était le fils d'un ministre kin. « Il naquit le 20 delà première lune, en 1190, dans le pays de

Yan. Son père était âgé de soixante ans, quand un fils lui fut donné; et comme il jugea, d'après certains présages, que ce fils rendrait un jour d'importants services à des princes étrangers, il lui fit prendre le nom de Tch'ou Ts'aï et le surnom de TsinK'ing,parune double allusion à un passage de la chronique de Tso K'ieou-ming, qui rappelait une circonstance de la même naturel» Nommé par Tchinguiz, gouverneur de Yen King (Pe King), il fut un conseiller écouté du Grand Khan. Chargé de l'établissement des douanes dans les régions conquises sur les Kin, il divisa le Tche Li, le Chan Toung, le Chan Si et le Leao Toung en dix départements ayant chacun une douane dans la ville principale ^.

Les expéditions militaires furent reprises : Une première armée de 30.000 hommes, sous les ordres de Tchormagoun, fut envoyée en Perse contre Djelal ed-Din, qui était rentré de l'Inde pour reprendre possession de l'empire de son père; une seconde armée du même nombre d'hommes fut confiée à Gueuktai et Sou nodai pour accomplir dans le Kiptchak et la Bulgarie l'œuvre de conquête que n'avait pas réalisée Djoutchi; enfin Ogotaï avec Tou Loui se réservait d'achever la conquête des Kin.

En 1229, l'empereur kin, Ngai Tsoung, avait envo^^é en Mongolie pour se concilier les bonnes grâces du Grand Khan un ambassadeur nommé Agouta (Ahoutai), qui ne fut pas leçu par Ogotaï ne voulant pas entrer en relations avec un prince ayant refusé de faire sa soumission à son père. D'ailleurs la mort de Tchinguiz n'avait pas arrêté dans le Chen Si, les opérations des Mongols qui s'étaient avancés jusqu'à la frontière des Soung. A la fin de 1227, ils assiégeaient Si Ho Tcheou, au sud-est de Koung Tch'ang fou, vaillamment défendu par Tchen Yin qui, voyant qu'il lui était impossible de continuer la résistance jusqu'au bout, se tua avec toute sa famille.

En 1228 une armée kin composée de Ouighours, de Tangoutes, de Chinois, commandée par le général Ouanien

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