‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 185 sur 265 · I. Texte de la Soc. de Géographie, pp · texte numérisé non relu

I. Texte de la Soc. de Géographie, pp

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mort du souverain Soung, poussèrent le Grand Khan, enclin à cesser la guerre contre les Chinois pour se consacrer à la lutte dans le nord contre Kaïdou, à continuer les hostilités avec vigueur.

K'oublaï lança un manifeste pour justifier sa conduite à l'égard des Soung et désigna pour commander l'armée du Hou Kouang, le général Che T'ien-che qui tomba malade en route et mourut en 1275, à TchengTing, laissant le commandement en chef à Bayan, fils de Gueukdjou, de la tribu des Barincs, venu de Perse quelques années aupara\'ant avec une ambassade d' Abaka, retenu à la Cour par K'oublaï, qui le nomma en 1265 ministre d'État et adjoint de Han toun. Bayan avait sous lui A Tchou, Ali haiya et Liu Wen-houang. L'armée qui devait opérer au Kiang Xan avait à sa tête les généraux Polohoan, Atahaï, Lieou Tcheng, Ta Tchou et Toung Wen-p'ing; les deux armées constituaient une force de 200,000 hommes.

Bayan avec A Tchou se porta sur le Han par la route de SiangYang; une nombreuse flottille dirigée par Liu Wenhouang descendit le fleuve jusqu'à Ngan lo fou, bien défendu, que les Mongols tournèrent, puis jusqu'à son confluent avec le Kiang, défendu par le général Hia Koue, mais celui-ci, A Tchou ayant réussi à franchir le Grand Fleuve, s'éloigna. Bayan, suivant son lieutenant, traverse le Kiang avec son armée; l'importante ville de Wou Tcheou est livrée par ses commandants Tchang Yen-jen et Tcheng Poung-fei qui passent aux Mongols avec leurs troupes.

Grande alarme des Soung ! Kia Se-tao est obligé de prendre le commandement des armées, mais la débâcle continue : Tchen Yi livre aux Mongols la ville de Houang Tcheou suivie dans la défection par Ki Tcheou, puis par Kieou Kiang, Ngan King, Te Ngan et Lou Ngan. Kia Setao qui a pénétré dans le Kiang avec une flottille considérable, s'établit près de Wou Hou, mais au lieu de combattre, fait des propositions de paix à Bayan ; le chef mongol l'invite à venir le trouver; Kia Se-tao s'abstient. Cependant, après une défaite qui livre aux Tartares Tchen Kiang, Ning Kouo, T'ai P'ing, Ho Tcheou, etc., Kia Se-tao se

retire à Yang Tcheou ; le gouverneur de Nan King et la ville passent aux mains des Mongols; rien ne pourra plus conjurer le désastre qui menace la dynastie des Soung, conduite à la ruine par ses princes et ses ministres incapables.

Malgré les chaleurs, Bayan poursuit avec vigueur sa campagne, donnant ainsi un exemple de la continuité dans l'action peu ordinaire chez les guerriers mongols. Kouang Te (Kiang Nan),Tch'ang Tcheou et P'ing Kiang fou sont livrés par leurs gouverneurs, mais grâce à un édit de l'impératrice-régente, les Chinois sortent un instant de leur apathie : Tchang Che-kie reprend Kouang Te et Yao Tcheou dans le Kiang Si, mais échoue contre P'ing Kiang et Tch'ang Tcheou. Sur la demande du Grand Khan, son ambassadeur Hao King, retenu prisonnier par les Soung, est remis en liberté avec ses compagnons, mais il meurt en route à Yan King. K'oublaï se décide à envoyer à la Cour des Soung avec des propositions de paix Lien Hi-kien qui passe par Kien K'ang ou Nan King, quartier-général de Bayan ; arrivé près de Sou Tcheou, il est attaqué par les Chinois, blessé et conduit à Lin Ngan où il meurt ; la Cour fait protester à Nan King de son innocence, rejetant le crime sur des subalternes; l'officier Tchang Yin, envoj^é par Bayan à Lin Ngan est assassiné en route. Le général mongol, indigné de tant de perfidie, veut poursuivre la guerre à outrance, mais K'oublaï, pressé par Kaidou, le rappelle pour le mettre à la tête de ses armées du nord.

Kao Che-kie, gouverneur de Yo Tcheou, dans le Hou Kouang, forme le projet d'attaquer Wou Tcheou et occupe la passe de King Kiang, mais A li hai ya, commandant la ville menacée, s'avance avec sa flottille, pénètre dans le lac Toung T'ing où s'était retiré son agresseur qui est fait prisonnier et décapité. Yo Tcheou se rend; A li hai ya attaque également Kiang Ling, dont le gouverneur Kao Ta, mécontent des Soung, se rend.

Tsan Wan-cheou, qui commandait les troupes chinoises dans le Se-Tch'ouan méridional, est investi dans Kia Ting et forcé de se rendre par le gouverneur mongol Wang liang tchin; toutefois la pacification de cette province ne fut

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terminée qu'au commencement de 1278. Pendant ce temps, la Cour des Soung au lieu de préparer la défense, s'épuisait en vains efforts pour sauver Kia Sc-tao; malgré toutes les tentatives faites en sa faveur, l'incapable ministre fut disgracié en 1274 et relégué à Kien Ning dans le Fou Kien; pendant le voyage, il fut assassiné par Tcheng Hou-tchen, le fonctionnaire chargé de l'accompagner, dont le père avait été lui-même exilé par Kia Se-tao; le meurtrier fut puni de mort. D'autre part.ATchou infligeait une grande défaite à Tchang Che-kie sur le Kiang.

Comme nous l'avons vu, Bayan avait été appelé à Chang Tou par K'oublaï : il n'eut pas de peine à lui démontrer la nécessité de poursuivre les opérations victorieuses contre les Soung au lieu de les interrompre; il fut récompensé de son zèle et son avis fut écouté. A Tchou vit aussi reconnaître ses services. Un plan de campagne fut élaboré : à Bayan devait revenir l'honneur de l'attaque et de l'investissement de la capitale Soung, Lin Ngan ; A Tchou poursuivrait la guerre dans le Houai Nan ; A li hai ya achèverait la conquête du Hou Kouang méridional; Soung tou kai, fils du général Tatchar, Liu Se-koue et Li Hing avaient le Kiang Si pour objectif.

Bayan, après avoir visité le camp d'A Tchou devant Yang Tcheou, défendu par Li Ting-tche, passa le Kiang à Man Teou et divisa ses troupes en trois corps pour marcher sur Lin Ngan; le premier, commandé par Argan et Ngaoloutche se dirigea de Kien K'ang, par Kouang Te et Se Ngan, sur la forteresse de Tou Soung, près de Hang Tcheou, qui fut emportée d'assaut; la seconde armée, sous Toung Wen-p'ing et Siang Wei longea la mer par la route de Kiang Yin, de Kan Pou et de HouaTing; enfin la troisième armée menée par Bayan et Atahai, avec Liu Wen-houan à l'avantgarde prit la route deTch'ang Tcheou; les troupes envoyées par les Soung furent battues, la ville fut prise après une vigoureuse résistance, et les habitants furent massacrés. Marco Polo nous raconte 1 la prise de cette ville qu'il appelle Cingiggui :

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