Odoric, éd. Cordicr, pp
k'oublaï 323
à beste prandre, et moût sunt bien à chacher. Il ha plosors lyons grandismes, greingnors asez qe celz de Babilonic. Il sunt de moût biaus poil et de moût biaus coleor, car il sunt tout verges (rayés) por lonc noir et vermoil, et blance. Il sunt afaités à prandre sengler sauvajes et les buef sauvajes et orses et asnes sauvajes et cerf et cavriolz et autres bestes. Et si vos di qu'il est moût bielle chouse à regarder les Icres bestes qe les lions, qu'il les portent sus la charethe en une cuble (cage), et ho lui a un chien petit. Il a encore grant moutitude aiglies qe sunt 'afaités à prendre leus et voupesetdain et chavrion, et en prennent assez, mes celles que sunt afaités à prendre leus, sunt moût grandissmes et de grant poisance : car sachiés qu'il ne est si grant leus qe escanpe devant celle aigle qu'il ne soit pris. Or voz ai devisé de ce que voz avez oï, or voz vueil deviser comant le grant sire fait tenir grandissime quantité des buens chiens 1 ».
Le Grand Khan entretenait une garde de 12.000 barons, Quesitai. que Marco Polo appelle Quecitain, qui veut dire les chevaliers fidèles du Seigneur; ces gens de grande bravoure recevaient chacun treize robes de couleurs différentes et richement ornées de perles et de pierres précieuses, une belle cein- • ture d'or, des chaussures agrémentées de fils d'argent; ces 12.000 barons étaient commandés par 4 capitaines ayant chacun 3000 hommes sous ses ordres; chaque corps de 3.000 hommes est de garde pendant trois jours et trois nuits au palais, où ils prennent leurs repas. Ce nom de Quecitain ou Quesitam (K'ie sie tan), dont Yule fait Keshikan, est évidemment Kechikten, terme général mongol pour désigner la garde du corps du Khan ; il est dérivé de Kechik (K'ie Sie), signifiant une garde faisant son service à tour de rôle; les Kechikten étaient divisés en garde de jour, appelée Turgaut, et en garde de nuit, Kebt-ul; ces derniers étaient de purs Mongols; les premiers étaient composés de fils de princes vassaux et de gouverneurs de province et d'otages. Cette garde datait du règne de Tchinguiz Khan. Les kechik sont mentionnés dans divers édits impériaux 2.