I. Mailla, IX, p
jaloux. Tch'en Yeou-lang descendit le Kiang et attaqua Ngan King défendu par Yu Kiué ; Tch'en Yeou-lang défit d'abord le général Hou Pe-yen, qui défendait le fleuve et pénétra dans Ngan King à sa suite. Yu Kiué blessé se suicida, sa femme et ses enfants se jetèrent dans un puits et la plupart des habitants périrent dans les flammes ou se tuèrent (1358).
Dans le Ho Nan, Lieou Fou-t'oung, maître de K'ai Foung, expédia un corps d'armée dans le Clian Si qui, après de grands succès, fut chassé par Tchahan Timour; un autre corps commandé par Kouan Sien-seng, fit un grand détour, pénétra dans le Leao Toung dont il pilla la capitale Leao Yang, s'avança jusqu'aux limites de la Corée, puis il revint sur ses pas, s'empara de la ville impériale de Chang Tou dont il brûla le fameux palais construit par K'oublai Khan.
Tandis que ses rivaux se livraient à des raids qui ressemblaient singulièrement à des entreprises de brigands ne pouvant donner que des résultats immédiats, sans avenir, Tchou Youen-tchang agissait avec méthode, consolidant ses gains au fur et à mesure de ses attaques, continuant sa poHtique de clémence dans les territoires conquis, qui lui attirait, plus encore que les armes, la soumission des peuples, sentant d'ailleurs se réveiller en eux leur haine assoupie contre l'envahisseur mongol. Tchou Youen-tchang chargea le général Hou Ta-haï d'assiéger Wou Tcheou (Wou Youen hien, dans le Kiang Nan), défendu avec tant d'opiniâtreté par les Mongols, que le futur empereur fut obligé de conduire lui-même l'attaque contre cette ville, dont le nom fut changé en celui de Ning Yuei fou, lorsqu'elle eût été capturée. Tchou Youen-tchang prépara ensuite la conquête du Tche Toung (partie orientale du Tche Kiang) en recommandant à ses soldats d'éviter les massacres et les pillages.
Le triomphe éventuel de Tchou Youen-tchang semblait si assuré que le pirate Fan Kouo-tch'eng lui offrit de s'aUier avec lui, et dès que ses troupes y feraient leur apparition de lui remettre Wen Tcheou, Tai Tcheou et King Youen; Fan Kouan, fils de Fan Kouo-tch'eng, était envoyé en garantie de cet arrangement. Tchou Youen-tchang reçut ce jeune
homme avec bonté, et fidèle à sa politique généreuse, il le renvoya comblé d'iionneurs et de présents à son père. Après la conquête de Wou Tcheou, les troupes de Tchou se rendirent maîtresses de Yen Tcheou et de Tchou Tcheou, du Tchc Kiang, qui n'offrirent aucune résistance. Tchou installa à Kien K'ang un tribunal d'empire (1359).
Les autres chefs rebelles étaient en lutte les uns avec les autres; l'ambition, la jalousie les poussaient à s'entre-déchirer au grand profit de l'ennemi commun, le Mongol. Le général Soung, Tchao Kiun-young, assassine son collègue Ma Koue, dont l'ami Siu Ki-tsou arrive de Leao Yang à Yi Tou et tue le meurtrier. La zizanie était encore plus grande dans le parti de Siu Cheou-houei. Tch'en Yeou-lang envoya Wang Foung -koue assiéger Sin Tcheou (Kouang Sin, dans la partie orientale du Kiang Si), défendu par Tachinnou, fils du prince de Tchen nan, aidé de Hai lou ting et de Peyen pou houa tikin (Bayan Bougha) qui périrent les armes à la main lorsque l'ennemi eut pénétré dans la ville par un souterrain. Siu Cheou-houei ayant voulu transférer sa Cour à Loung Hing (Nan Tch'ang) contre le gré de Tch'en Yeou-leang, celui-ci le fit prisonnier à Kieou Kiang (Kiang Tcheou), lui laissant toutefois le titre d'empereur, sans le pouvoir, et prenant pour lui-même le titre de prince de Han. Quelque temps après, Tch'en Yeou-leang s'étant emparé de T'ai P'ing, fit assommer Siu Cheouhouei à coups de barre de fer, se fit proclamer empereur, donnant à sa dynastie le titre de Han, et retourna à Kiang
Tcheou (1359)-
La rébelHon organisée au nom des Soung causait, à cause de la popularité de l'ancienne dynastie chinoise, de l'anxiété aux Mongols, aussi leur général Tchahan Timour, désireux d'anéantir les rebelles qui se réclamaient de ce nom aimé de la nation, entreprit-il de s'emparer de leur capitale, K'aï Foung; il y réussit malgré une vive résistance, mais Lieou Fou-t'oung parvint à s'enfuir avec Han Lin-eul qu'il conduisit à Ngan Foung (1359).
Le ministre T'ai P'ing, que la mort, au commencement de 1360, de Nieou ti hai, descendant de Portchi, privait