I. Cf. P. Pelliot, T'oung Pao, déc. 1914, pp
il remit les lettres du Khan à Nicolas IV, qui lui donna une lettre de recommandation datée de Rieti, 30 septembre 1289, pour le roi d'Angleterre Edouard P'". En passant par Paris, Buscarel présenta à Philippe le Bel la lettre d'Arghoun en langue mongole et en écriture ouighoure, conservée aujourd'hui aux Archives nationales; elle porte la date de 1289; le souverain de Perse s'engage à camper l'année suivante devant Damas, pour joindre ses troupes à celles des croisés, et, s'il contribue à prendre Jérusalem, à remettre cette ville au Roi de France. Buscarel arriva à Londres le 5 janvier 1290; Edouard pr était occupé à régler la succession au trône d'Ecosse vacant par la mort de Marguerite de Norvège et à choisir parmi les seize prétendants; le roi d'Angleterre se décida en faveur de John Baliol, lord de Galloway, .descendant du comte de Huntingdon, David, frère du roi Guillaume le Lion, par sa fille aînée Marguerite (19 nov. 1292). Il ne pouvait donc être question pour le roi d'Angleterre de profiter des bonnes dispositions des Mongols de Perse pour entreprendre une Croisade et délivrer la Terre Sainte du joug dec infidèles. Un dernier effort fut fait par Arghoun en 1 290-1 291 : il envoya, accompagné de Buscarel, un Chrétien converti nommé Chagan ou Zagan avec des lettres pour Nicolas IV, qui expédia à Edouard pr les lettres qui lui étaient destinées pour stimuler son zèle en faveur d'une expédition en Syrie. Comme on le voit, toutes ces missions, sous le couvert religieux, avaient un caractère politique. La mort d'Arghoun, le 7 mars 1291, n'arrêta pas les relations des Ilkhans de l'Iran avec les Princes chrétiens. Nos Archives nationales renferment une lettre datée de mai 1305, adressée à Phihppe le Bel par Oldjaïtou, dans laquelle ce souverain, quoique devenu musulman, annonce la réconciliation des princes de la maison de Tchinguiz Khan après quarante-cinq ans de guerres intestines, et l'envoi de deux ambassadeurs 1.
I. Voir Abel Rémusat, Relat. polit. des Princes chrétiens. — J.-B. Chabot, Alar Jabalaha.
CHAPITR1-: XXI 11
Les Mongols : Missionnaires et Voj'ageurs étrangers
(suite.)
CE n'est qu'en 1289 que K'oublaï « institua un office spécial, le Tch'oiinii fou seii, qui dirigeait dans tout l'empire l'administration du culte chrétien. La phrase initiale du texte relatif à cette institution a été mal restituée jusqu'ici ; il faut comprendre que cette administration a la charge des sacrifices offerts dans les Temples de la Croix parles màr-hasià et les rahhan-àrkagun. Les rahhanàykàgiin *sont les prêtres et les moines. Quant aux màr-hasià, ce sont les évêques 1 ».
Le 5 mars i245(DatumLugduni,IIInonasmartii,anno2), Hnvoyé le Pape Innocent IV remettait des lettres aux frères " ^P' mineurs Laurent de Portugal et Jean du Plan Carpin adressées au roi et au peuple desTartares. Laurent ne semble pas avoir pu accomplir sa mission, car en 1247 il est envoyé comme légat en Asie Mineure.
Jean du Plan de Carpine, en latin Piano Carpinis ou Pian de Carpine, d'après Planum Carpinis ou Planum Carpi, ^^"T'ind'après l'italien Pian di Carpina, aujourd'hui Pian la Magione, près de Pérouse.
Jean du Plan de Carpin avait connu le fondateur de son Ordre ; il fut pris comme compagnon en 1221 par Césaire de Spire, choisi par saint François d'Assise comme Provincial d'Allemagne.; plus tard (1228), Jean, après avoir été le premier custode de Saxe, fut lui-même désigné comme Provincial de ce pays par Elie de Cortone à la place de Simon d'Angleterre; il succéda en 1230, comme Provincial d'Espagne, à Jean Parente, de Florence, qui remplaça comme