‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 256 sur 265 · I. Hist. des Croisades, Doc. Arméniens, I, p · texte numérisé non relu

I. Hist. des Croisades, Doc. Arméniens, I, p

Jherusalem aourer Nostre Seigneur; et sont les gens de celle terre crestiens. Je fui en leur eglizes, et vi la figure de Jhesu Crist paint, comment li troy roy li offrirent or, mirre et encens. Par ces trois roy s tindrent et orent prumierement cil de Tangat la foy crestienne, et par aulz sont maintenant Cham li roys des Tartarins et sa gent. Devant leur portes sont les eglizes, la ou on sonne les cloches selonc les Latins, et tables selonc la manière des Grieus ; et va on prumierment saluer Nostre Seigneur au matin, puis après Cham en son palais. Nous avons trouvé moult de crestiens dispers et espandus par la terre dOrient, et moult de eglizes hautes et bêles, anciennes, qui ont esté gastees par les Tartarins avant quil f eussent crestien ; dont il est avené que li crestien dOrient, qui estoient espandu par divers lieus, sont venu au roy Cham des Tartarins qui maintenant règne, et a painnes porent estre assamblé en un lieu, lesquels il a receu a grant honneur et leur a donné franchize, et fait crier partout que nulz ne soit si hardis qui les courouce, ne de fait, ne de paroles. Et pourceque Nostres Sires Jhesu Christ navoit en ces parties qui prestat pour lui son non, il meismes par ces saintes vertus que il a demonstré et preschié en tele manière que les gens croient en lui. En la terre dinde que saint Thoumas converti a la foy crestienne, avoit I. roy crestien entre les autres Sarrasins, queli Sarrasin avoient moult de maus fays et de griés, jusques a tant que Tartarin vindrent qui pristrent sa terre en leur main, et en fu leur honc ; il assambla son ost avec lost des Tartarins et entra en Inde contre les Sarrasins, et conquit tant que toute sa terre est plainne desclaves et de gens indes ; et de ces esclaves je vis plus de V. C. mil, que li roys commanda a vendre. Si sachiés que li papes a envoie au roy Cham des Tartarins, messages pour savoir se il estoit crestiens, et pourquoy il avoit envoie sa gent pour ocirre et tuer les crestiens et le peuple. A ce respondi li roys Cham, que nostre Sires Diex avoit mandé a ses devanciers ayeulz et bezaieulz, quil envolassent leur gens pour occirre et pour destruire les mauvaizes gens. Et a ce qui li papes li manda se il estoit crestiens, il respondi que ce savoit Diex; et se li papes

le vouloit savoir, se vient en sa terre et veit et seut comment il est des Tartarins ^ »

Dans sa Chronique, Sempad écrit à la date 697 de l'ère arménienne (ig janvier 1248-17 janvier 1249) : « Moi, le connétable Sempad, je me rendis chez les Tartares »; et à la date de 6gg (18 janvier 1250-17 janvier 1251) : « Je revins auprès de mon frère le roi Hethoum. » Sa lettre est de Samarkande, 7 février 1248. Sempad mourut âgé de 68 ans, en 1276, à Sis, d'une blessure au pied qu'il avait reçue en poursuivant les Turkmènes qui avaient envahi la Cilicie près de Marach.

Le frère de Sempad, Hethoum 1er, flis de Constantin, i.e roi seigneur de Padserpert, descendant de Roupen, était roi Hethoum de la Petite AiTnénie (Cilicie) depuis 1224, résidant à Sis ; il était monté sur le trône par son mariage avec Isabelle (Zabel), fille du roi Léon II, mort sans autre enfant. Lorsque Mangkou fut proclamé Grand Khan, avec l'appui de Batou, sur l'invitation de ce dernier, Hethoum se décida à rendre visite aux Mongols. Sans entrer dans le détail de son voyage, disons que, ayant passé par les camps de Sartach et de Batou, traversé les pays des Kara K'i Taï et des Naïmans, le 13 septembre 1254, le roi delà Petite Arménie vit dans son camp, près de Kara Koroum, où il arriva un mois après le départ de Guillaume de Rubrouck, Mankgou « siégeant brillant de gloire, et lui ofïrit ses présents. Le roi fut honoré de lui selon son rang, et il resta dix jours chez son fils. On lui donna un diplôme revêtu d'un sceau pour que personne ne pût l'inquiéter, ni lui ni son pays; on lui donna aussi une lettre d'affranchissement pour les églises de son royaume 2. » Hethoum quitta la cour mongole le ler novembre; il passa à Bich Baliq « et dans un pays désert où l'on trouve des hommes sauvages nus, n'ayant que du Clin sur la tête; les mamelles de leurs femmes sont extrêmement amples et pendantes. Ce sont de véritables brutes,

1. Vie de saint Louis par Guillaume de Xangis, Hist. des Gaules et de la France, XX, pp. 361-363. Dans les Doc. Arméniens du t. I, des Hist. des Croisades, il est dit, p. 606, qu'elle porte la date de 1243.

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