Mailla, VIII, p
l'armée impériale; Lieou Ping, dont la blessure était peu grave, eut l'imprudence de diviser le reste de ses troupes en sept petits corps qui furent vigoureusement assaillis et mis en fuite : Lieou Ping, son fils et d'autres chefs furent faits prisonniers, mais Fan Young ne se rendit pas et dans la crainte que la neige ne rendît les chemins impraticables, le roi des Hia leva le siège de Yen Tcheou pour ne pas être bloqué (1040).
Un soldat de fortune, Fan Tchoung-yen, qui avait combattu les K'i Tan, ayant été mis à la tête des armées (1040), s'avança vers Yen Tcheou; H an K'i, qui commandait dans la région avant Fan Tchoung-yen, ayant appris l'arrivée de ce dernier ainsi que la marche du roi des Hia vers San Tchouen, fit une attaque de nuit des magasins ennemis à Pe pao tch'eng qu'il réussit à incendier. L'empereur, prévenu de Yen Tcheou par Fan Tchoung-yen de la puissance des Hia envoya sur place Tchao Tsoung-kiao pour étudier la situation de concert avec lui et Han K'i (1041). Tchao Tsoung-kiao se rendit d'abord près de Han K'i qui se déclara en état de finir la guerre en une seule campagne; Fan Tchoung-yen, à cause de la saison, croyait préférable de gagner les rebelles par la douceur. L'empereur inclinait vers les idées de Han K'i, mais Fan Tchoung-yen fit observer que l'ennemi étant fortement retranché dans les montagnes, il serait sage d'envoyer un agent impérial pour se rendre compte de l'opportunité d'une guerre. D'autre part, le roi des Hia, par l'intermédiaire de Kao Yen-te, officier chinois prisonnier, prévenait Fan Tchoungyen qu'il était désireux de faire la paix avec la Chine. Fan Tchoung-yen conseilla au chef Hia d'abandonner le titre d'empereur qu'il avait usurpé et de se contenter du rang qu'avait occupé son père Tchao Te-ming.
De son côté Han K'i, convaincu que le roi des Hia ne cherchait qu'à gagner du temps en négociant avec Fan Tchoung-yen, organisa hâtivement contre les Hia une expédition au cours de laquelle ses généraux Jen Fou, Sang Yi et Lieou Fou, attirés dans une embuscade, furent tués (1041) ; les Hia se tournèrent alors contre les généraux
TcHOU KouAN et Wou Ying qui furent également défaits : 10,300 hommes périrent dans ces deux actions. Han K'i fut dégradé et exilé à Tsin Tclicou comme simple gouverneur et remplacé par un homme de plaisir Hia Soung; Fan Tchoung-ycn ne fut guère moins mal traité : il fut envoyé comme commandant à Yo Tcheou pour avoir brûlé une lettre insolente du roi des Hia devant le délégué de ce prince. La conduite de Hia Soung ne permit pas de le garder en fonction et on le nomma gouverneur de Ho Tchoung, avec résidence à Chen Tcheou. Personne n'était capable désormais de commander au Chen Si ; force fut donc de faire à nouveau appel aux services de Han K'i et de FanTchoungyen : « on divisa cette province en quatre départements : Tsin Tcheou, où était Han K'i; Wei Tcheou, qu'on donna à Wang Youen ; King Tcheou, où on envoya Fan Tchoungyen et enfin Yen Tcheou, qu'on mit sous la conduite de P'ouNG Tsi...La suite fit voir que c'était le meilleur parti qu'on pouvait prendre; chacun de ces généraux voulut se distinguer; Han K'i, surtout, par sa vigilance retint si bien les Tartares Hia chez eux, qu'ils furent forcés de suspendre pour quelque temps leurs courses; et, de son côté, Fang Tchoung-yen, par ses bons traitements, sut si bien gagner les K'iang qui s'étaient presque tous donnés au roi des Hia, que ces peuples se mirent sous la protection des Chinois. ^ » Cependant les K'i Tan (1042), voyant l'empereur occupé avec les Hia songeaient à reprendre les dix villes que, suivant eux, Che Tsoung leur avait injustement arrachées. Sur l'avis du Président de son Conseil privé, Siao Houei, et contre l'opinion de Siao Hiao-mou, un autre de ses ministres, le roi des K'i Tan chargea Siao Te-mour et Lieou Lou-fou de se rendre à K'ai Foung-fou, de réclamer les villes ou, si satisfaction ne leur était pas donnée, de déclarer la guerre. Fou PiÉ fut chargé de les recevoir et de négocier avec eux; on déclara aux envoyés K'i Tan qu'il était impossible de leur restituer les villes, mais que, désireux de leur être agréable, on leur accorderait, s'ils le désiraient, la main d'une princesse chinoise pour le fils aîné de leur roi. Fou