‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 69 sur 265 · I. Mailla, VIII, p · texte numérisé non relu

I. Mailla, VIII, p

Pié, que le premier ministre Liu Yi-kien voulait perdre, fut chargé de conduire les négociations difficiles à la cour K'i tan; contrairement aux espérances de son ennemi, Fou Pié réussit pleinement près de Ye-liu Tsoung-tchin qui lui demanda de revenir avec un traité de paix. Liu Yi-kien fit rédiger le traité dans des termes différents de ceux qui avaient été convenus; fort heureusement Fou Pié s'aperçut à temps de la trahison, fit modifier le traité qui fut signé par les K'i Tan à la 9^ lune de 1042; dans une ambassade spéciale à K'ai Foung, ceux-ci obtinrent qu'on leur envoyât les présents convenus avec certains termes de respect ou de considération. D'autre part, Jen Tsoung faisait la paix avec Tchao Youen-hao, roi de Hia (1043), puis, malgré le conseil de Fou Pié qui se méfiait, avec raison, de ce chef, il "rappela de leur commandement Han K'i et Fan Tchoungyen, nomma celui-ci ministre, et plaça le premier dans le Conseil secret en le nommant au gouvernement du Chen Si. Le choix de Fan Tchoung-yen fut excellent ; le premier soin du nouveau ministre fut d'essayer de relever et de protéger les lettres. Sur le conseil de son ami Ngheou Yangsieou, il obtint que l'empereur, à la suite d'un rapport du conseiller privé Loung Ki, « ordonna d'établir dans chaque tcheou ou ville du second ordre, et dans chaque hien, un collège pour l'instruction de la jeunesse, et les principaux magistrats des provinces furent chargés de choisir parmi les mandarins inférieurs les plus habiles dans les sciences pour y enseigner, et que s'ils n'en trouvaient point un assez grand nombre, ils cherchassent jusque dans les villages et les hameaux les habiles gens qui pouvaient s'y être retirés et qui passaient pour les plus vertueux. Il régla qu'après trois cents jours d'étude on ferait un examen en automne, et qu'on admettrait dans ces collèges ceux qu'on aurait jugés capables : que ceux qui y auraient déjà été admis précédemment, seraient de nouveau examinés au bout de cent jours, et qu'on s'en tiendrait là. Ceux qui subiraient un examen dans les tcheou devaient avoir des répondants ; les personnes en deuil, celles qui seraient accusées de quelque crime ou dont la conduite

LES SOUNG lOI

n'aurait pas été régulière, ou qui cacheraient leurs vrais noms, ne devaient pas y être admises.

» L'ordre de l'empereur portait encore que les examens rouleraient d'abord sur l'éloquence, que chacun des aspirants composerait une pièce et un discours sur un sujet proposé, et qu'ensuite ils donneraient un morceau en vers ; que les examinateurs, après avoir lu toutes ces pièces et fait un choix des candidats qui méritaient d'être admis, en écriraient la liste sur une planche qui serait exposée en public.

» Les administrateurs du Collège impérial de la Cour, appelé KoHO tseu kien, pensèrent à l'occasion de ces nouveaux règlements, à le remettre sur le pied qu'il était du temps des grandes dynasties des Han et des T'ang, et ils offrirent à l'empereur un placet... L'empereur ayant égard aux représentations des administrateurs, unit au Koiio tseu kien un tribunal qui en était proche, ce qui donna de quoi loger deux cents étudiants de plus, et de faire une grande salle destinée à expliquer les King. Lorsqu'elle fut finie, Jen Tsoung s'y transporta pour animer les étudiants par sa présence, mais avant il entra dans celle qui était consacrée à la mémoire de Confucius. Suivant l'ancien usage, il ne devait à ce philosophe que la petite révérence appelée Tso yi (consiste à coller ses deux mains sur sa poitrine et à baisser un peu la tête), et que les amis observent entre eux, mais il voulut l'honorer comme son maître, en battant la terre de son front, afin de faire connaître l'estime qu'on devait faire de sa doctrine, i »

Le récit fastidieux de luttes continuelles entre peuples qui ne semblent guidés que par l'ambition de leurs chefs, désireux d'agrandir leurs territoires, n'offrirait qu'un médiocre intérêt pour l'histoire de l'humanité en général, si de temps à autre quelques faits ne venaient tout à coup jeter une lueur sur la continuité d'une tradition civilisatrice, tradition qu'a inaugurée la morale de Confucius qui, malgré son apparente disparition à certaines époques, ressuscite à certaines autres avec une vigueur nouvelle. Et

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