‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 8 sur 265 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Xye Dynastie : Les Heou T'ang ou T'ang Postérieurs.

LE nouvel empereur appartenait à cette tribu jadis fa- Tchouang meuse des Turks occidentaux, les Cha T'o, réputés pour Tsoung leur bravoure, qui vivaient au nord de Ha Mi, entre les Tibétains du Nan Chan et les Ouighours de l'Orkhon; nous avons vu que Tchouang Tsoung était petit-fils de Li Kouei-tchang, sumom qu'avait reçu le chef turk TcHU YE TCHE siN en récompense des services qu'il avait rendus à l'Empire et que son père Li K'o-young, surnommé le Dragon à un œil, To yen Loung, après avoir vaincu Houang Tch'ao (888) avait été créé par l'empereur Hi Tsoung, prince de Loung Si, puis roi de Tsin. Li Ts'ouen- Hiu avait pour première tâche d'achever la ruine des Leang qui avaient pour principaux points d'appui les villes de Lou Tcheou et de Tche Tcheou. Li Se-youen, auquel Tchouang Tsoung confia le commandement de ses troupes, s'emparait de Yun Tcheou, mais MouTi, l'empereur Leang, organise la résistance à Ta Leang et met à la tête de son armée, Wang Yen-tchang, gouverneur militaire de Tan Tcheou, qui inflige une défaite à Tchou Cheou-yin et, avec 100,000 hommes, investit Yang Lieou défendu par Li Tcheou; à deux reprises Wang est obligé de lever le siège de cette ville ; rappelé par Mou Ti, il est remplacé par l'incapable et orgueilleux Touan Ying.

Mais les T'ang ne restent pas inactifs; leurs aimées traversent le Houang Ho qui les sépare de leurs ennemis. Li Se-youen fait prisonnier Wang Yen-tchang qui commandait une nouvelle armée; celui-ci, blessé, refuse fièrement les offres des T'ang qui lui demandent de passer à leur service; entre l'honneur et la mort, il choisit cette dernière; en 936, il reçut le titre posthume de « Grand Précepteur ». Les

l8 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA CHIXE

T'ang marchent sur Ta Leang : l'infortuné Mou Ti, réduit au désespoir, donne l'ordre à l'un de ses officiers, Houang Fou-lin, de le tuer; le malheureux obéit mais se suicide après son maître. Le dernier empereur des Leang eut le grand tort de donner sa confiance à des ambitieux sans talent qui amenèrent la ruine de l'empire en ne s'occupant que de leurs intérêts particuliers. «Mou Ti, nous dit leT'oung kien kang mou i, était un excellent prince, d'un naturel doux et affable; réglé dans sa conduite, il fuyait les plaisirs et était ennemi de la débauche : timide, soupçonneux, trop crédule, d'un esprit borné et facile à tromper, ces défauts causèrent sa perte et celle de sa famille ».

Li Se-youen mit cinq jours pour arriver à Ta Leang : Wang Tsan lui ouvrit les portes de la ville, où l'empereur entrait quelques heures après son lieutenant : des deux conseillers de Mou Ti, l'un, King Siang se pendit, l'autre Li TcHEN fit sa soumission; le général Touan Ying suivit l'exemple du second. Tchouang Tsoung donna l'ordre de détruire la salle des ancêtres des Leang ainsi que la sépulture de Tchou Wen dont il fit, toutefois, respectei le cercueil.

Tchouang Tsoung avant de quitter Wei Tcheou (Taï Ming), où il était monté sur le trône, changea son nom en Hing Tang fou, et il en fit sa Cour Orientale, puis il partit pour Tsin Yang rendre hommage à ses ancêtres ; il restitua à cette ville, dont il fit sa Cour Occidentale, son ancien nom de T'ai Youen fou, et établit sa Cour Septentrionale à Tch'eng Tcheou qui devint Tcheng Ting fou ^. Les principaux chefs rendent hommage au nouveau Fils du Ciel. YouAN SiANG-siEN, gouvcmeur de Soung Tcheou (Kouei Te fou, Ho Nan), le premier, fait sa soumission; son exemple est suivi par Ma Yin, créé prince de Tchou par Tchou Wen; d'ailleurs pour stimuler les retardataires, l'avènement de la nouvelle dynastie est notifié aux autres gouverneurs, et un pardon général est accordé aux adversaires.

Cependant Tchouang Tsoung s'étonne de n'entendre

Page 1