‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 99 sur 265 · Mailla, VIII, p · texte numérisé non relu

Mailla, VIII, p

Oua Li pou vers Kia Yu koiian, où ils firent prisonnier Yeliu Ta-che; plus loin à Ying Tcheou, ils capturèrent les princes Ye-liu Ting et Ye-liu Ning, les princesses, 10.000 chariots remplis de bagages (i 123). L'inïortuné roi des Leao, errant avec quelques troupes, tenta en vain de résister; il perd son fils aîné, Ye-liu Siniliei ; il traverse le Houang Ho et, contre l'avis de Siao Te-lieï, il accepte l'hospitalité de Li Kien-choiien, roi des Hia, qu'il crée empereur. Siao Te-liei et Ye-liu Youen-tche enlèvent Ye-liu Yo-li, deuxième fils du roi des Leao, s'enfuient dans le nord-ouest avec lui et proclament empereur ce jeune prince.

Tchang Kio, gouverneur de Ping Tcheou pour les Kin, se donne à l'empereur; contre l'avis de Tchao Leang-se, et malgré son traité avec les Kin, l'empereur donne à Wang Ngan-tchoung l'ordre de soutenir Tchang Kio. Sur ces entrefaites, A kou ta mourait à Pou Tou lo, dans la 8^ lune (1123) dans la cinquante-sixième année de son âge; on l'enterra à l'ouest de la ville de Haï kou tch'eng. Ou k'i mai, frère du roi, fut proclamé son successeur.

Ayant appris larévolte de Tchang Kio, les Kin envoyèrent contre lui Chemou avec 3.000 cavaliers, mais celui-ci n'étant pas en force se retira. Une autre expédition fut organisée sous le commandement de Oua Li pou avec Chemou comme second ; Tchang Kio battu se réfugia à Yen chan fou, près de Wang Ngan-tchoung qui essaya inutilement de lui sauver la vie. Les vainqueurs exigèrent de l'empereur les têtes de leur ennemi et de ses deux fils, et Houei Tsoung eut la faiblesse de céder à leurs exigences (1123). Ping Tcheou, après un siège de plus de six mois, est pris par les Kin qui mettent à mort son défenseur Tchang Tun-kou.

Le roi des Leao, Ye-liu Yen-hi, quitte les Hia, repasse le Houang Ho, se réfugie dans la horde Hou liu pou, puis dans la horde Ou ti liei, ouvre à nouveau les hostilités, reprend Wou Tcheou, mais se fait battre encore par les Kin; il accepte l'hospitalité que lui offre Siao Hou lou, chef des Tang Hiang; après un voyage des plus pénibles, sans ressources, à la deuxième lune de 1125, le malheureux Ye- liu Yen-hi qui s'approchait de Y^ing Tcheou, capitale des Tang

Hiang, fut fait prisonnier par le général kin Leou Che, qui le poursuivait; accablé par ses. revers, l'infortuné souverain tomba malade et succomba quelques mois plus tard, à l'âge de 54 ans, dans la vingt-quatrième année de son règne (11 26). Il fut le dernier prince de la dynastie des Leao orientaux. Après sa mort, son vainqueur, Ou k'i mai, roi de Kin, lui donna le titre de prince de Hai Pin 1.

Si Ye-liu Yen-hi (T'ien Tso, 1101-1125) termine l'histoire des Leao Orientaux, Ye-liu Ta-che, descendant d'A-pao-ki, commence celle des Leao Occidentaux (Si Leao), Kara K'i Tai, qui devait comprendre cinq souverains, jusqu'à Mo TcHOu (Ye-liu Tche-lou-kou), 1168, détrôné par son gendre Koutchlouk, chef des Naï mans. Ye-liu Ta-che, à la tête de 200 cavaliers, était en effet parti vers l'ouest; il franchit le He Chouei et ayant reçu des renforts, s'empare des villes de la Kachgarie, dépossédant les Kara Khanides (Ileks ou Al-i-Afrasyab) dont la dynastie avait été fondée en 920 par Abd el Kerim Satok Kara Khan. Ye-liu Ta-che (Te Tsoung) proclamé Gour Khan (Khan universel), établit sa capitale à Balasaghoun, maître d'un empire considérable qui s'étendait des K'ouen louen à la Sibérie, et du Gobi à l'Oxus. Nous retrouverons les Kara K'i Tai plus tard.

Les Kin victorieux ne cherchaient qu'un prétexte pour déclarer la guerre à l'Empire chinois. Après quelques insultes et quelques négociations, ils demandèrent nettement à la Chine de leur céder le Ho Toung et le Ho Pe, et que désormais le Houang Ho serve de limite aux deux empires. Tandis que T'oung Kouan portait cette nouvelle à l'empereur, le général kin Niyamoho marchait sur T'ai Youen, défendu par Tchang Hiao-chun. Grâce au traître Kouo Yose, commandant du Ho Pe, qui livra Yen Chan fou à Oua Li pou, celui-ci fit aisément la conquête de cette région.

Houei Tsoung découragé abdiqua à K'ai Foung (à la première lune de 11 25), céda le trône au prince héritier et quittant le palais impérial, se retira dans un autre palais, avec le titre de Tao Kiiin T'ai Chang Houang Ti. On peut dire que Houei Tsoung fut l'artisan de sa propre ruine ; tour

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