PREFACE
Dans le premier volume de mon Histoire générale de la diplomatie eurcpéenncy j'ai exposé comment lut élevé par la France^sur la base de deux grands traités^ le glorieux et tulélaire édifice de Féquilibre européen. Dans le aeeond, que je publie aujourd'hui^ kuMant
un instant se reposer sur ses lauriers l'artisan courageux de ce difficile et nécessaire auvragc^ je me transporte chez les Slaves et les * Scandinaves, et là, sous un ciel plus rigou* reux , j 'étudie les mouvements et la diplomatie des peuples du nord. Je les montre tous^ plus ou moins. Danois, Suédois, Kusses, de rUnion de Calmar au traité d'Oliva, du traité d'Oliva au traité de Nystœdt, cherchant d'abord, et chacun à leur tour, a rompre
l'ëquilibre du nord, c'est-à-dire à dominer dans le nord pour en entraîner ensuite avec eux, dès la première occasion, les races sé* duites ou vaincues, vers les conti ées de l'Eu* rope plus favorisées que les leurs.
Ce tableau des instincts de ces peuples et des besoins qui en sont la source et Taliment, je l ai tracé jusqu'au moment où les Russes^ ayant réussi^ sous un czar fameux^ à tout mettre a leurs pieds dans le nord, précipitent sans inquiétude leurs pas immenses vers le sud, et, contre l'Europe qu'a sauvée naguère, mais que peut moins bien défendre la France^ vont commencer plus régulièrement leur double invasion. Tel est le livre par lequel je continue Fouvrage que j'ai entrepris. S'il n'a suivi que d'un peu loin sou aine, c'est que j'ai voulu, par de nouvelles recherches, principalement dans les documents diplomatiques inédits^ entr antres dans les dépêches manuscrites de Louis XIV et de M. de Jionnac relatives aux progrès de la Russie, qu'il ne fut pas trop au<<les80us de riulcrètque pouvait inspirer son sujet.
Dans le même but, j y ai rattaché la biographie politique d'un gentilhomme languedocien, devenu un grand seigneur suédois,
d'un des généraux et des diplomates Scandinaves qui^ liés la seconde mottic du seizicnif! siède, en vue de la Suède et en vue aussi, scion ses propres paï uks, do l'Europe ellemême^ fit le plus^ par ses négociaiions et par le succès de ses armes^ pour déjouer el arrêter les desseins déjà alarmants de la Russie.
Ce* travail, qui n'existait pas, que je sache du moins, dans notre langue^ j ai pu lentre* prendre et lui donner même des proportions étendues, grâce à un document précieux que renferme la Bibliothèque Impériale, et qui^ émané de la plume latine d'un contenipoi ain, m'a fait connaître la correspondance officielle de cet homme remarquable et les archives suédoises auxquelles il est lui-même puisé.
Quelques historiens allemands, suédois ou français, m en ont dit assez après lui, pour me permettre de réunir sur ce sujet, qui avait en outre pour moi un intérêt tout local, les matériaux d'une étude complète, et lui imprimer un parfait caractère d'exactitude et d'authenticité.
Des détails diplomatiques et particuliers sur des négociateurs renommés^ répandent plus de jour sur le but et sur la marche générale de la diplomatie d'un Ëtat. Leurs ac*
tes officiels, lenrs paroles solennelles^ leurs vues ou leurs prédictions frappantes dans l'accomplissement de leurs missions auprès de Villes libres^ de Princes^ de Rois, d'Empereurs, attirent davantage, surtout séparément exposés^ notre sérieuse attention, et offrent aux esprits observateurs une plus
abondante source d'enseignements et de pensées. Puisse donc le public juger favorablement la manière dont j'ai ordonné et rempli ma tache, et récompenser de nouveau, par son bon accueil, mes laborieux et patients efforts !