EMPIRE DU NORD PAR LES DANOIS
CUÂPITAE PftËHIËB.
Union de Calmar. ~ iM9«
Sous le litre pompeux et eonsacré de Saint-Empire romain, et à la couilition de servir li'egide el d'iostmment au pouvoir religieux, le nouvel empire d'Occident avait porté, depuis I*an 800 et pendant toute la durée du niovi ii âge, le sceptre prépondérant du moude; et si la France, rameau détaclié de ce vaste tronc et constamment menacée d*y être de nouveau reliée, n'eût vaillamment secondé la fffévoyante ardofir de François I ' et d'Henri II, el celle des lidèles ex!^cuteiir$ des pians d'Henri-le-Grand, nul doute que ce qui n'avait été, jusque-là, qn*na
voisinage dangereux, une puîssanle suprématie, ne se lût Urausfonné, mèioe dans les temps modernes, sous des hommes teto que Cbarles-Quint et Ferdinand II, avec Falliance insensée de r Angleterre accordée au premier de ces empereurs, cL ave c (l( s généraux comme Antonio de Leyva et Walstein, eu une inébranlable domination. Le salut de la France Tut le salut de TEurope, et sa gloire, une gloire humanitaire.
Gnodes vues du D&ncniarck hou& VV aldémar UI et sous Mai-gueritc.
Qu^avait fait le Nord, pendant que Taigle germanique éU iidait ses larges ailes au loin, et qu'alléché tous les jours par l'abondance du butin, il guettait quelque nouvelle proie pour la mettre aussi en lambeaux? Çà et là, Slaves et Northmans, ceux-d plus particulièrement par mer et par les grands cours d*eau qui portaient leurs bandes avides dans le cœur des États, ceux-là par terre, par le continent même, dont aucune mer ne les séparait au nord^t de TEurope, avaient mille fois assailli le colosse fçermanique : mais ils avaient cherché à faire une trouée dans rimmense réseau de son domaine ou à s'étaMir sur ses flancs, plutôt qu'à le renverser. Ils rayaient harcelé, insulté, atteint même parfois de ieui^ traits épai^; ils ne Tavaient pas attaqué corps à corps, ils ne s'étaient pas "mesurés avec lui. Trop fortement constitué, sous le rapport militaire et religieux, par
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CbarlemagDe, et après lui par Othon-le- Grand, re»-
laurateurde son œuvre, d'un pied indilTén ni le géant de la Germanie les avait écartés de sa voie, comme il atait Mt des Polonais et des Prussiens, ou les avait absorbés dans son sein, comme il y avait englouti les Slaves de la Bohême et de la Poraéranie, les Northmans du Sleswick et du Holstoin. Le monde slave s*était arrêté devant son invincible bras; et forcé de vivre dans Tisolement de sa vie propre et de laisser aux Germains la conduite temporelle des peuples modernes, il avait dû attendre que du fond de la Sarmatie d'ambitieux et opiniâtres souverains, subjuguant ses membres divers, lui ouvrissent, mais à son profit et sous son nom, de phis larges horizons dans les destinées européennes.
Quant an monde Scandinave ou nortbman, après avoir lancé sur la Grande-Bretagne, sur la France, sur le sud de Fltalie, quelques-uns de ses plus intrépides enlauts, qui, bientôt mêlés avec les vaincus, oublièrent vite leur première patrie, il se concentra aussi en lui-même; mais, plus rapproché du mouvement européen, en ayant sondé le théâtre sur mille points, et voyant bien qu*aux masses compactes de Vempire germanique, qui en était le cœur, il fallait opposer iiou une invasion éparpillée comme celle des preoiiers Northmans, mais l'attaque simultanée d'un imposant cmrps de nation, il tenta presque aussitôt la réalisation de ce plan préparatoire d'influence et peut-être de conquête europ( (Mine, par la réunion en redoutable faisceau de toutes les branches restées encore attachées à Tarbre Scandinave, Danois, Norwé-
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gieiif Suédois. Au luilieu du quatorzième siècle, une reimne de génie parut, fille d*un roi et déjà reine elle-même d*iin des trois États Scandinaves, Marguerite, fille du roi de Dancmarck Waidéiiiar III, épousi* d'HaquinVIl, rot de Norwège, et surDommée la Séiuiramis du Nord. Appartenant au Banemarck, t[ii'uiie civilisalioii supérieure, les péages lucratifs du Suud, la possession de la 6cauie qui les lui garanti^:sait en mettant en ses seules mains les clés de la Baltique, et enfin de glorieux souvenirs, remontant à Caniit-le-Orand, conquérant de rAugletcrTc, reudaieut depuis longtemps l'arbitre de la Scandinavie, ayant vécu dans un pays dout la position élevée et rhistoire brillante entretenaient paimi ses souverains uiio hauteur habituelle d'esprit et de vues, i oinaincue d'ailleurs que la direction suprême des États Scandinaves devait être naturellement Tapanage de relui d*entre eux qui leur ouvrait la route continentale du centre de l'Europe, et pouvait mieux, par ce précieiiK chemin, raviver leur gloire passée, celle princesse fameuse n'eut d*autre pensée, dés qu'au prestige de la naissance et du rang elle put joindre Texercice ou le partage du pouvoir, (pie d'amener, par l'élément danois, ï uuM politique du monde Scandinave. £lle se conformait, en cela, aux desseins et aux actes de son père, Waldémar III, ou plutôt elle en était Texécutrice fuR leet n'en voulait pas perdre le bénéfice important.
Pendant le règne de ce prince attentif et bien
avisé, le Danemarck, en face de ses deux voisins scandina\es, s était trouvé dans le même état que