‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 18 sur 73 · U?RE SECOND · texte numérisé non relu

U?RE SECOND

Icment eo 1328, il fut transporté à Moscou» dans la Russie-Blanche. Par suite de ce déplacement» fâcheux alors et prématuré, du centre de Fempire, Kieff même échappa bientôt à la domination des grands-ducs. Enûu, dans la première moitié du treizième siècle, s*avancèrent jusqu'au Volga les terribles enfants de Gengis-Kban, les Tatars ou Mongols, qui, profitant des divisions des Rnsses, les rendirent tributaires, établirent chez eux un Baskake^ ou receveur-général du tribut ayant soua ses ordres des receveurs particuliers répandus partout, et s'arrogèrent le droit de conlinner les grands-ducs (1). Aussi, gémissaul et ne pouvant pas même se débattre eutre les mains de ces farouches conquérants» les Russes, ni pendant la durée de Fempire Ihine ou latin, ni après la destruction de cet empire sous les coups des Paléologues, des Grecs scbismatiques et des Génois, en 1261, ne purent rien faire contre Gonstantinople. Loin de pouvoir rien conquérir, ils perdaient chaque jour du terrain ; lont le inonde leur jetait la pierre ot semblait leur dire : vœ victis^ malheur aux, vaincus l Tous les peuples voisins, à Tenvi les uns des autres, cherchaient, pour ainsi [)arler, à les réduire h leur plus simple expression. Les Litlmaniens, eo iâ20, leur prennent la grande ville, la ville sacrée de Kieif ; les Polonais, de leur côté, leur enlèvent la Russle-Roujïe, la Podolie et la Yolhynie. L'empire russe est réduit au grand-duché de W ladimir ou de Moscou. 11 est vrai que vers Tan 1380, le grand-duc Dimi-

(1) ScliœU, ibid, |). 126.

LA RUSSIF. ET CON ST A N Tl N 0 P 1. 1.

tri, à la (avenr de l'affaiblissement de Tempire tatare on du Kapschack, vite divisé aussi, commença la

guerre de la raiiro et Fiuaugura par la vic lciK» du Don, d'où son surnom de Donsl^i. Mais cette guerre ne fut pas terminée desit6t, et, pendant qu'ils étaient aux prises avec leurs oppresseurs, les Russes perdirent la meilleure occasioii de donner le coup de grâce à Tempire grec, à un empire tant de fois at* taqné par eux, si fortement secoué par tant de peuples, et n'en pouvant plus. A leur place, les Turcs Ottomaus parurent, et, avec les armes du fanatisme musulman et de Tambition des oonquêtes, ils prévinrent, eux aussi, les Russes, en iÛS, comme les avaient prévenus les Francs au commencement du treizième siècle. Favorisés par le manque d'unité dans le monde chrétien et par les embarras intérieurs de la Russie, ils s'installèrent dans la cité que les Russes avaient tant enviée. Sons leurs propres yeux, pour ainsi dire, et devant leurs glaives impuissants, ilsfirentde7^râ!^nM//«lain^/, de la future ville des tzars la ville des sultans, de la cité scbismatîque la cité musulmane, la métropole même et la couronne de tout le monde musulman.

Empêchés par les uns, toujours prévennspar d'autres, qu'allaient faire les liubijes?

GUAI'ITRË 11.

iM MmmI» mé Dm» d« ClB»fllMplB, M ■ lè t B et mm mriMmttt ai t tê t i

Keprisc de» projeU sur Constoniiuople après 1453. Mariu Psléolc^ue. liariage d'Itan III a?cc cette pHocene grecque. Iinportuire de ce mariage, 1473*

Quand les armes ne pouvaient servir, les Rosses,

alors cournie aujourd'liui, sa\aioiiL employer la polilique. Ainsi, malgré tout le déplaisir qu'ils durent éprouver de se voir* évincés, pour la conquête de Gonstantinople, tantôt par les Francs ou les croisés catlHjlu[iies, tantôt par les Turcs ou les cruisés musulmans, ils u'eu persistèrent pas moins dans les desseins qu'ils avaient jusqu'alors nourris^ Ivan 111 luimême, tout en recommençant contre les Tartares ou Mongols (le kazan et d'Astrakan, une p;ueri c qui finit par raffranciiissemeut de la Russie, tout eu replaçant vigoureusement sous son immédiat pouvoir les principautés et les villes qui avaient pu 8*en séparer, Ivau 111 ue perdit j)as de vue rancicnne Tzaragrad.

11 y avait à Borne, parmi une louie de réfugies grecs de distinction, une princesse qui, par son père, Tho-

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