‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 20 sur 73 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

dcvaDt \t sultan et devant son fils Mohammed^ sans plier le genou, et d^adresser directement son discours

au souverain.

Après lui, rambassadeur de Maximilieu l*'' d'Antriche, Schnitzenpamer, envoyé à Moscou, croyait, conformément aux instructions de son maître, entrer dans ia pensée du grand-duc Basile ou Wasili IV , lils et successeur de Ivao 111, en rendant le mot de tzar par celui d*empereur (1). Ivan lY le Terrible, qui succéda à Wasili, son père, afficha d'une manière phis claire encore, plus ostensible, et surtout avec plus de morgue, les préleutious qull fondait sur le mariage dont nous avons parlé. Constamment il se vantait d*ètre Fhéritier des Gomoènes et des Paléologues, par sou aïeule, la princesse grecque Marie. Il alla même plus loin : pour qu'on sût bieu toute l'étendue de ses préteniions, tout ce qu*il entendait tirer de cette précieuse parenté, et en général des alliances contractées à diverses époques par sa maison avec les empereurs grecs, il se tit fabriquer, à Taide de ces alliances, une généalogie qui le faisait descendre de Temperenr Auguste ; en sorte qiiMl pou* vait prétendre a 1 ancien empire d'Occident, comme à celui d'Orient, eu vertu du même droit, du droit de naissance. £t qu'on ne pense pas que ce fût là un vain amusement et qn*lvan lY ne prit pas la chose au s<'»ricux. 11 s'arrogeîiît la qualité de descendant d'Auguste dans ses rapports avec les autres puissances, quand il en avait Toccasion. Lévesqne, dans

{%) Scbœtl, t. X\l, ch.

tA RUSSIE ET COMSTARTINUPLE. 8t

SOU Histoire de Russie (1), |>arle, en noie, d une lettre datée de 1576 ci adressée par Ivan IV à Jean roi de Suède et flls de Gustave Wasa. Dans cette lettre, le tzar, d*un ton plein do morgue et de j^rossièrelé, refuse au Gis du glorieux libéraleur des Suédois, au chef de randenne et illustre maison de Wasa, le titre de roi, à cause de sa naissance. Yainemcnl le roi de Danemarck, qui était alors Frédéric 1 1 . chereha-t-il à mettre les deu\ princes en de meilleurs termes, Torgueiiiâwiyatt. iV répondit aux députés danois qo^il ne lui iplfmlit)iias, à lui, ism de C empereur Auguste, de traiter de roi de Suède un prince ([ui n'étaitqu'un roi élu et d une naissuice obscure; que Je roi de Danemarck ne se respectait pas assez en lui donnant le titre de roi; que, quant à lui, le tzar, il ne donnerait pas audience an\ ambassadeurs suédois, qui seraient libres, poux* les négociations, de s^acfarrâer ti^u gouverneur russe de Novogorod, etc. Cette lettre et cette réponse se trouvent dans le tome H de la Bibliotkcque russe de Aoriko/f, Enfin, par suite des ma u va isesdispositionsd* Ivan 111, de Wasili lY et d'ivau IV à 1 égard de la Porte ottomane, dont les droits de conquête n'étaient pas re« j;;irdés comme supérieurs à leurs prétendus droits de naissance, on ne trouve dans ï Histoire de L'Empire ottoman de M. de Hammer, qui a si scrupuleusement noté, au quinzième et au seizième siècle, les relations diplomatiques de cet empire récent, aucune trace d'une auil>as5ade russe résidant à poste fixe a Cous-

(I) LéveMiuei (. lil, p. 158.

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