LIVRE StCOM
taDtinople, comme on y en foit de la France» et comme ces princes en entretiennent une à Vienne an-
• prosdes empereurs germains de la maison de Hapsbourg. 11 n'y aaccideuteUcuieutque des envoyés temporaires, quirepartent pour Moscou sitôt leur mission finie: en 1495, Michel PletschojelT(l) ; en 1499 (2), nouvel ambassadeur sui\i de marchands russes; en i5âi, auUc envoyé pour réclamer auprès de la Porte, avec menace de guerre, deux messagers jadis dépêchés par Wasili lY à Belgrade et dont on n avait plus entendu parler; en 1538, un ollicier divan IV, Adascheff. Ce n'est qu'en 1583, que M. de Hanuner cite un échange d*aml>as8ades réelles entre la Russie et la Turquie, car la Russie se déefdait à suivre I exemple des puissances européennes. Et m aiiinoi ns, en 159*2, on voit le gouvernement russe, moyeuuaut des étoffes de soie reçues en retour, fournir aux Géorgiens de rarlillerie contre les Turcs, et chercher d(^jà, couiiuo il y esl |iaj \ riiii, k découvrir la Irontière ottomane ausM bien que celle des Perses, du c6lé du plateau caucasien (3). Tous les faits que nous veions de rapporter montrent asseï comlvien ils se trompent ceux prétendent que ce nVsi tiii'à partir de Pierre -ie-Grand ou mvnw de (^iaiheriue U, que la Russie s'est portée pour héritière de l^empire turc, c^est-à-dire de rancien empire grec«
(1) Hammer, I. I. liv. ix.
(2J Ibùl.
(3) Uauiiiier, l. 11, liv. il.
LA RUSSIE ET COMST A N T I NOPLE. $3
La cour des tan devient le wfugo des Grecs fugitifs ou opprimée m
qatntièmeiièele. *
Ai/isi les Russes, loin de perdre de vue Ck>ostaDliuople, après la prise de cette viUe par les Turc5, cherchèrent à acquérir des titres qui leur permissent de disputer un jour, et en (nielque sorte légitimement, leur coïKintte à ces nouveau-venus qui aYaient eu plus de bonheur qu'eux-mêmes, Iwins, par là, attiraient sur eux Tattentloo et les regards des Grecs 00 fugitifs ou opiM-iniés.
Ceu\-ci pouvaient voir dans les grands-ducs de futurs libérateurs; ceux-là se réfugiaient à Moscou avec plus deconiance, avec l'espérance plus certaine d'y trouver asile ef protet'tion. Aussi, sans parler des lettrés tels que Tliéodorc Lascaris et son fils Démé^ irius, et des diplomates grecs tels que Georges Trachaniotès, qui s'y rendirent sous Ivan 1 II , ( onibîen de
Grecs de touteslescoïKiiiioiis, qui, sous le nièiiieprince et après lui, y vinrent profiter derhaspitalitédontles prétentions bien connues des nouveaux grands-ducs ou des tzars leur donnaient l'assurance. Là ils trouvaient cucore, malgré les fâcheux changements qu'avaient pu amener la longue domination des Mongols» des usages qui leur étaient communs ; là on comptait les jours et les mois à la manière des Grecs, car, depuis environ 1381 , Cyprien, métro poli tain de Moscou et Grec de nation, avait substitué à l'ancien ca-
8A LITBE SECOND.
Iciulrier, qui prenait Taiinre au l'' mars, le calendrier grec qui la faisait commencer au mois de septembre ; là les souverains, les grands, et beaucoup parmi le peuple, ])oitaieDt des noms grecs, des noms connus, Dmiiri ou DénK'irius, lourié ou Goorp:c. Ivan ou Jean, Féodor ou Théodore, etc. ; là « on se « servait, dit Scbœll (1), de ralpbabet grec; seule- < ment, à cause des sons particuliers étrangers aux
• Hellènes, les Russes avaient imap^iné d'exprimer
• ces sons par des lettres particulières qui donnaient . à leur alphabet une apparence d'originalité. » Là aussi les ministres de la religion relevaient, comme leurs prêtres, du môme chef spirituel, du patriarche deConstantinople; là ils pouvaieutprier dans leségUses grecques, entendre développer les mêmes croyances, célébrer les mêmes fêtes, invoquer les mêmes saints, adorer le même Dieu ; là enfin, près de corn'*liî^iouuaires, le secours était spontanément donné, el le besoin impérieux de protection n'invitait pas à Tapostasie la conscience de Vexilé. On était même plus qu'auprès de corréligionnaires, ou était auprès des partisans les plus fidèles, les plus obstinés, les plus fanatiques du schisme, auprès de princes qui, depuis la chute irrémédiable des empereurs byzantins, se posaient (ouime les soutiens et les chefs du monde scbismatique.
(i) Schœil, i. Xly ch. iiv.