LA RUSSIE £T CONSTANTINOPLE
En appuyant un peu le tsar IvaD lY, ne pouvait-on
pas espérer que la reconnaissance, chez lui, viendrait en aide à la persuasion, et qu'on dompterait enfin le schisme grec par la conversion de celui qui en était le seul soutien. Le pape alors régnant, Grégoire XÎII, le pensa. 11 chargea donc l'habile Jésuite, le T. l'ossevin, d'aller airanger, comme médiateur, le différend des Polonais et des Russes, de manière à ne pas trop écraser le tzar. Tout alla pour le mieux. La paix de Kiverova-Horka, en 1581 , coTiil)la les vœux d'I vun. Il était ravi de joie. 11 garda quelque temps auprès de iui^. à Moscou, le P. Possevin, qu'il appelait son sauveur. Qui n*eût cru qu'il serait moins raide à Tendroit du schisme que ses prédécesseurs? 11 n'en fut pas ainsi : il ne souffrit même pas que le P. Possevin • dit un mot de l'Union, et il ne voulut pas, quoi quecc* fftt en dehors du schisme^ lui sacrifier quelques luthériens allemands établis à Moscou, et dont le P. Possevin demandait l'expulsion (1). Il eût mieux aimé expulser des catholiques romains, malgré l'obligation qtt*fl avait k leur chef spirituel. G*est ce qu'U avait fait en Livonie, où il leur avait littéralement fait la chasse, ne voulant tolérer d auUe culte que le schisme grec (2). Comment, après cela, les Grecsjen roule n'auraient pas accouru en Russie?
Ainsi, quand la conquête ottomane avait jeté le trouble et la dispersion dans ce schisme grec, voilà
(1 La Motcovia <1< I Poxscvmo, édit. iial. de Manloue, Bibltoi. Sle-Geneviève, n 124, [velil ia-à", p. i2.
(2) Uid, p. in.
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qu'il raUiail8efrdébrisetqu*ilpreoaitea quelque sorte, àMoflcou, de la consistaDceetune force noufeUe, sous
le glaive prolecleur des Uars. Évidemment, à défaut des empereurs grecs, les chefs laïques du monde schismatique étaient tout trouvés^c'étaientles tzars deRussie. Personne n*était plus capable de jouer ce rôle, personne n*ayait plus fait pour mériter de le remplir. Ivan III et Ivan IV, les premiers, s'en acquittèrent fidèlement ; mais en même temps, suivant la marcbe que d^à, au dixième siècle, avait semblé leur tracer laroslaw, ils se tournèrent du côté de TEurope ; ils dirigèrent, dès le seizième siècle, leurs pas \ers l'occident. La Russie jusqu'alors, par la nature de sa civilisation, avait été grecque ou mongole plutôt encore que slave; ils voulurent, sans lui 6ter le carac* tère religieux par leijuel elîe tenait utilenu nt au monde grec, en faire un Etat européen, l'introduire,, dès cette époque, dans la société européenne. Avec eu!K, en un mot, et par eux, le moyen âge devait finir eu Russie comme partout ailleurs ; la Russie oiaderne allait commencer l