V. notamment I, II
Telle est la conclusion à laquelle il arrive. Cette argumentation toutefois lui laisse quelques doutes, et il ne parvient pas encore ici à les résoudre tous. Il ne va donc pas plus avant dans son sujet; mais, de retour à Milan, il le mènera à bonne fin (1) dans le livre de l'immortalité de l'âme (De immortalitate animæ). Les Soliloques, qui aujourd’hui encore ont un intérêt général, et nous permettent, comme supplément aux Con/essions, de jeter un regard plus profond dans la vie intérieure de l'esprit et de l’âme de saint Augustin, durent exercer sur le moyen âge une influence spéciale à cause du génie essentiellement chrétien qui remplit surtout le premier livre. Cette observation est d’ailleurs également applicable au point de vue de Ja forme elle-même. Les Soliloques sont aussi composés en forme de dialogue : les interlocuteurs ne sont autres que saint Augustin et la raison (ratio) (2). Cette forme spéciale du dialogue nous fait déjà pressentir les dialogues latins postérieurs entre l’âme et le corps ; ces dialogues se trouvent fréquemment dans les langues populaires ; ce sont eux qui donnèrent, si je ne me trompe, la première impulsion à la forme dialoguée de la poésie didactique, si sympathique aux littératures nationales de l'Occident.
L'écrit sur l'immortalité de l’Ame, qui est un complément aux Soliloques, engagea saint Augustin à réfléchir encore sur l'essence de l'âme; le fruit de ses réflexions est consigné dans un livre composé plus tard à Rome, et intitulé De quantitate animæ, d'après le sujet principal de la conversation qui avait eu lieu entre saint Augustin et son ami Évodius (3). Cet ouvrage est également composé sous forme de dialogue. A ces ouvrages spéculatifs vient enfin se joindre un autre travail, composé plus tard à Sagaste, et dont le titre est De magistro. Saint Augustin s’y entretient avec son fils Adéodat. Le vrai « maître » pour la connaissance des choses purement spirituelles, dit-il, est la sagesse éternelle, le Christ, qui habite dans l'intérieur de l’homme et qui est interrogé par toute âme