ÉCRITS PHILOSOPHIQUES
ticulier), la géométrie, l'astronomie (4). — Pour être traités succinctement, ces sujets n’en devaient pas moins avoir, pour le moyen âge, un intérêt sérieux etune valeur particulière.
Si le contenu seul de ces écrits leur donne de l'importance (par cela même qu'ils nous montrent, en la personne de saint Augustin, comme une transition de la philosophie à la théologie, et aussi parce qu'ils fournirent le plusriche des aliments à la spéculation du moyen âge et qu'ils furent pour lui une école de dialectique), nous pouvons dire également que la forme de ces mêmes écrits n’exerça pas, surtout au point de vue de la dialectique, une moindre influence. Saint Augustin se sert, le plus habilement du monde, de la méthode socratique. Le mouvement rapide de la conversation réelle est passé dans la narration, qui prend en conséquence un caractère vraiment dramatique. Parfois aussi, l’auteur esquisse une scène avec une grande fraîcheur de touche (2). De là, pour ces écrits, une vraie valeur esthétique qui leur donne droit de trouver place dans le domaine de la littérature générale.
Un autre ouvrage philosophique, qui vit également le jour à Cassiciac et à la même époque, nous présente, au paint de vue de la forme, le mème caractère : ce sontles deux livres des Soliloques (Soliloquia). Dans ces Soliloques, nés du désir de connaître Dieu, et, comme préparation à cette connaissance, du désir de connaître l’esprithumain, saint Augustin commence par rechercher (I“ livre) les conditions que doit avoir l'esprit humain pour pouvoir arriver à la connaissance de Dieu ; il montre que ce n’est que la foi, l'espérance et la charité qui peuvent lui donner les qualités nécessaires pour atteindre à cette connaissance, vertus que saint Augustin lui-même, d'après ses conclusions, ne possède point encore dans un degré de perfection. Dans le livre deuxième, il traite la question de l’immortalité de l’esprit humain, comme le point le plus important de sa connaissance. Il ne peut pas périr, parce que la vérité ne le peut pas, elle qui a une existence telle dans l'esprit de l’homme, qu’elle devrait être anéantie avec lui (3).