‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 134 sur 352 · Ausonii dux augustissime regni. » V · texte numérisé non relu

Ausonii dux augustissime regni. » V

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aux poètes du moyen âge la voie de cette forme artistique si éminemment chrétienne. Mais commençons par donner l’analyse de ce poème. Les « combats de l'âme » du chrétien (1) y doivent être représentés dans un tableau qui nous montre les vertus chrétiennes aux prises avec les vices païens, et, par là même, en quelque sorte, le combat du christianisme contre le paganisme dans l’âme de l’homme, la lutte entre la nature divine et la nature charnelle de l’homme (2). Ce « combat de l'âme » étant en même temps un combat de la double culture intellectuelle, des idées chrétiennes et des idées pagano-antiques, ce poème dut avoir, à son apparition, un intérêt tout particulier qui lui donne également un caractère polémicoapologétique. Lui aussi est précédé d’une préface en soixantehuit trimètres iambiques, où le poète a pour but, en nous faisant l'histoire typologique d'Abraham, de nous montrer importance de ce qu’il va dire. Abraham (la foi) avec le secours de ses trois cent dix-huit serviteurs, c'est-à-dire avec le Christ (3), défait les rois païens (4) de Sodome et de Gomorrhe, (les vices, qui retenaient Loth, l'âme, en captivité). Mais Melchisédech (le Christ) donne en récompense à Abraham vainqueur une nourriture céleste. Et, de même que, peu de temps après, Isaac fut promis au patriarche, ainsi, l’âme aura bientôt, comme Sarah, le fruit après lequel elle soupire ardemment.

Le poème lui-même, qui compte neuf cent quinze hexamètres, commence par une invocation au Christ : « Qu'il dise de quelle armée doit s’entourer l'esprit pour pouvoir chasser le péché du fond de notre cœur (5)! » Le poète commence à peindre ce combat. C’est la Foi (Fides), en costume champétre, les épaules nues, les cheveux négligés, les bras libres, qui ouvre le feu. Avide de combat, elle s’avance sans armes, ne

1. C'est ce que le poète dit expressément, v. 13. 2. V. à la fin, v. 903 sq.

3, Le signe numérique grec TIH était depuis longtemps déjà considéré comme le symbole du Christ.

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