Cf. Praefatio, v
5. « Dissere, rex noster, quo milite pellere culpas Mens armata queat nostri de pectoris antro. » V, 5 sq.
se fiant qu'à sa force. Le « Culte des anciens dieux, » le front entouré de bandelettes (comme les prêtres païens), ose attaquer la Foi « qui le provoque. » Mais elle le terrasse aussitôt et le foule aux pieds. La légion de mille martyrs, que la Foi a réunis, pousse des cris de triomphe. Les vertus et les vices ne sont donc que des champions qui combattent au premier rang. Les unes sont chrétiennes, les autres païens, ainsi que nous le montrent, sur-le-champ, les deux combattants ou coryphées, la Foi et l’Idolâtrie ; celle-ci, au dire de Tertullien (1), renferme en elle-même tous les vices. C’est ce que nous voyons également bien dans les combattants qui vont suivre. La Pudeur (Pudicitia), jeune vierge aux armes brillantes, est attaquée par « la plus grande des furies » la Sodomita Libido, qui, avec une torche enflammée de poix et de soufre, cherche à la frapper dans ses yeux pudiques ; mais, d'un coup de pierre, la Pudeur désarme son bras, et la perce ensuite de son glaive (v. 40 sq.). Après que la Vierge sans tache a mis au jour l’'Homme-Dieu, la Luxure n'a plus de droits : toute chair a été ennoblie, dit, dans un long discours, la Pudeur triomphante. =— En troisième lieu apparaît ici (v. 109 sq.) une vertu particulièrement chrétienne, elle aussi, la Patience, déjà célébrée par Tertullien d’une façon si charmante. La figure sévère, elle se tient debout, immobile, au milieu de la mélée : tandis qu'elle contemple la lutte, la Colère l’assiège, d'abord avec des provocations, ensuite avec des projectiles ; mais ces deruiers viennent s’'émousser contre la triple cuirasse dont elle est ceinte. C’est en vain qu'elle essaie après cela de percer avec son glaive son casque d'’airain ; il se brise. Pleine de rage et de désespoir, elle se donne elle-même la mort, en se précipitant sur un de ses javelots (2). La Patience, accompagnée de Job, se retire victorieuse, Mais voilà que, rapide comme le vent, sur un coursier sans frein que recouvre une peau de lion, accourt la Superbe (Superbia), la chevelure soignée et