‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 156 sur 352 · DE CRUCE · texte numérisé non relu

DE CRUCE

Le symbole merveilleux du christianisme, dont parlent aussi, mais incidemment, saint Paulin et Prudence, est chanté à part dans un poème de soixante-neuf hexamètres, qui semble appartenir à la fin de cette période, mais qu'on avait auparavant fait remonter à une époque antérieure et même attribué à Prudence. Il n’est pas non plus l’œuvre de C. Marius Victorious, rhéteur qui florissait vers le milieu du 1v° siècle (1). Ce poème, il est vrai, qu'on a intitulé avec raison De Cruce, semble bien être l’œuvre d’un rhéteur (2). — Sur le Golgotha, qui est au milieu du monde, on a, dit le poète au début, planté un bois qui, devenu un arbre, cache dans le ciel sa tête sacrée, tandis que les deux bras de ce bois deviennent douze branches, lesquelles s'étendent sur l'univers entier. C’est ainsi et d'une manière figurée que le poète développe, dans quelques détails que je passe sous silence, l’histoire du christianisme depuis le crucifiement jusqu'à la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. À l'ombre de cet arbre, il y a une source dans laquelle doivent d'abord se baigner tous ceux qui veulent goùter de ses fruits. L'effet différent que ce fruit produit en chacun fait ensuite l’objet des peintures de l’auteur. Quoique cette allégorie, poussée jusqu'aux extrêmes, soit dans une complète harmonie avec le goùt chrétien, l'expression trahit pourtant le rhéteur qui est resté fidèle à l'école des poètes païens et notamment à celle de Virgile (3).

4. La forme, en effet, de la crux immissa que le poète a ici devart les yeux ne commença qu'au ve siècle à devenir la représentation de la croix du Christ ; le poète devait nécessairement prendre pour point de départ les idées généralement reçues. — Cf., sur ce, Victorin, p. 136, rem. 3.

2. C'est à tort qu'on l'a intitulé « D: Pascha ». Le meilleur texte, également sous ce titre, est celui de Hartel, dans son édilion de saint Cyprien, 1. c., p. 305 <q.

3. C'est déj, et avec raison, le jugement de Baehr, I. c., p. 32.

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